Assurance chômage : la CFE-CGC s’oppose aux propositions patronales ciblant l’encadrement 

Modification du calcul de l’allocation à la baisse pour un salaire supérieur à deux Smic, réduction des droits pour atteindre la retraite, diminution de la contribution de l’Unedic sur les points de retraite… Lors de la quatrième séance de négociation sur l’assurance chômage, la CFE-CGC a exprimé sa vive opposition aux propositions des organisations d’employeurs qui demandent toujours plus d’efforts à l’encadrement au nom de la solidarité.

Après trois séances
initiales consacrées à l’architecture du régime puis aux intermittents
du spectacle, la quatrième séance de la négociation entre partenaires
sociaux sur la convention d’assurance chômage voulue par le gouvernement
était centrée, le 5 décembre, sur les paramètres et les règles
d’indemnisation des demandeurs d’emploi.


Si la réunion
s’annonçait tendue, c’est peu dire que les propositions émanant des
organisations d’employeurs, visant à la fois à durcir les conditions
d’accès à l’assurance chômage et à réduire sensiblement les
indemnisations, ont cristallisé les critiques. « Il y a là des chiffons rouges dans ce que le patronat nous a présenté, déplore Jean-François Foucard, secrétaire national et chef de file CFE-CGC de la négociation. C’est une très mauvaise idée, qui plus est dans le contexte actuel de crise du pouvoir d’achat. »

  • Baisse de l’indemnisation pour l’encadrement et révision des conditions d’accès et de versement de l’indemnité

Alors que la lettre de cadrage du gouvernement fixe notamment aux
partenaires sociaux l’objectif de réaliser 1 à 1,3 milliards d’euros
d’économies par an, les propositions patronales vont bien au-delà avec
certaines mesures à ce stade non acceptables.

En premier lieu
la baisse des droits pour les personnes ayant un salaire initial de plus
de deux Smic soit près d’un plafond mensuel de la Sécurité sociale. « Alors
que cette population amène 15 % des contributions uniquement sur la
partie au-dessus du plafond mensuel de sécurité sociale (PMSS), et ne
concerne que 8 % des allocataires, elle serait de nouveau mise à
contribution au nom de l’équité chère à certains négociateurs mais payée
par les populations que représente la CFE-CGC »
, explique Jean-François Foucard.

En deuxième lieu : le fait que l’indemnisation qui permet d’aller
jusqu’au moment où l’on peut toucher sa retraite deviendrait une
indemnité forfaitaire, voire majorée en lien avec le niveau moyen versé
(pour mémoire : 1 200 €) et donc fortement en baisse pour les
populations de l’encadrement.

En troisième lieu : une
modification des règles et des moyens affectés à l’acquisition des
points de retraite via un potentiel plafond.

Outre les mesures précitées, d’autres propositions sont sur la table :
– la création d’une condition supplémentaire pour pouvoir bénéficier
d’une indemnité : le demandeur d’emploi devrait avoir travaillé 4 mois
lors des 12 derniers mois (contre 4 mois sur les 28 derniers mois
aujourd’hui). Pour le calcul de la durée d’indemnisation, celle-ci se
ferait sur une période des 24 derniers mois (contre 4 mois sur les 28
derniers mois aujourd’hui), et resterait à 36 mois pour les plus de 53
ans ;
– la mensualisation du versement des allocations ;

l’alignement du rythme de versement des indemnités chômage sur celui de
l’acquisition des droits. Il s’agirait de moduler les indemnités versées
à un demandeur d’emploi en fonction de l’intensité de travail : les
personnes cumulant courtes périodes de chômage et d’emploi verraient
ainsi leurs indemnités diminuée et étalées sur une plus longue période.


  • La CFE-CGC et la défense d’un système assurantiel

Dans le cadre de cette négociation qui se tient dans des délais très
contraints et devant théoriquement aboutir fin-janvier, la CFE-CGC reste
ferme sur ses principes : « Nous défendons un système assurantiel
où la base de contribution est la même que celle du calcul de
l’allocation, tout en gardant une égalité de traitement entre les
différentes populations »
, résume Jean-François Foucard.




La CFE-CGC réitère par ailleurs qu’une possible dégressivité des
allocations chômage pour les cadres constitue une ligne rouge absolue,
rappelant que ce sont les cotisations assises sur les salaires des
cadres et de l’encadrement qui permettent de verser des allocations à
ceux qui n’ont pas de travail, et donc de préserver un haut niveau de
solidarité intercatégorielle. 

2 Commentaires

  1. Juste ce message pour échanger sur mon expérience Adecco…
    Comme on le lit encore trop souvent sur ce Blog, j'ai vécu les pressions, incompréhensions… Je reste informé de ce qui se passe encore dans cette entreprise que j'ai quittée, forcé pour préserver ma santé et vie personnelle.
    Ce que je ne regrette pas, avoir adhéré à la CFE CGC à l'époque: Des collègues présents quand j'en ai eu besoin, une organisation à l'écoute pour des questions liées à mon contrat de travail.
    Me voici dans une nouvelle entreprise, qui elle aussi, a ses difficultés et ses pratiques… plus ou moins… bref, on s'est compris. Je suis resté adhérent, j'ai appelé ce jour le service juridique de la CFE CGC qui a su répondre à mon interrogation, qui me permettra de faire valoir mes droits: Un soulagement pour cette fin d'année.

    Vous retrouverez ce poste dans d'autres articles du Blog car comme beaucoup, il y a quelques années, j'avais du mal avec les syndicats mais quand vous tombez sur le bon, vous voyez les choses sous un autre angle.
    Merci

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