Qui s’imaginerait, après dix-huit ans de bons et loyaux services dans l’entreprise, devoir vivre la situation subie par une collègue que rien ne prédisposait à cela. Appelons-la Clémence. A l’occasion d’une modification contractuelle qui serait complexe à expliquer, Clémence s’aperçoit que sa part variable de rémunération 2016 ne lui a pas été versée. Elle a à l’époque  le bon réflexe de se rapprocher d’un élu CFE-CGC qui va prendre l’affaire en main jusqu’à son dénouement. Le cas est d’abord évoqué en réunion des Délégués du personnel et l’affaire suit son cours jusqu’au règlement de la part variable. 
Mais le temps passe et, perdant confiance, Clémence demande une rupture conventionnelle. Entre-temps, il lui est vivement conseillé de postuler dans l’entreprise X dont elle apprend incidemment que Adecco détient 30% du capital. Petite parenthèse, ces tentatives d’exfiltration sont régulièrement pratiquées lors de différends entre un salarié Adecco et l’entreprise. Nous avons en mémoire le cas d’un Directeur d’agence (basé à l’Ouest) dont le poste était remis en question par la réorganisation locale et qui s’était vu étrangement, le même mois, approcher par deux petits concurrents locaux dirigés a-t-il appris incidemment par d’ex-Directeurs d’agence Adecco. Pas dupe, le collègue qui, bien qu’ayant quitté l’entreprise depuis plusieurs années nous lit régulièrement et que nous saluons, avait décliné les propositions. Le schéma est classique. Vous avez un problème avec l’entreprise. Une entreprise concurrente (ou non) locale vous approche pour vous faire une proposition. Celle-ci vous semble intéressante et surtout vous souhaitez quitter à tout prix l’entreprise. Vous donnez donc votre démission et quittez Adecco, une main devant, une main derrière, comme on dit, pour rejoindre l’employeur en question, qui ne manque pas de vous « remercier » en cours ou fin de période d’essai, comme par hasard non concluante. L’exfiltration a réussi : vous êtes sorti(e) gratos et sans histoire de l’entreprise.
Revenons à Clémence. Elle n’obtient aucune réponse à sa demande répétée de levée de sa clause de non-concurrence. Retour de congés, toujours rien. Personne ne sait, aucun écrit, silence radio… La grande esquive sinon la grande vadrouille. On finit par lui signifier la levée de cette clause mais que l’entreprise « oublie » de lui régler dans son solde de tout compte. Nous la conseillons et l’accompagnons dans sa démarche auprès des Prudhommes afin de faire valoir ses droits. Nous passons sur les détails, rebondissements et reports d’audience pour en arriver à cette histoire incroyable d’un courrier remis en main propre à Clémence par sa Directrice d’agence que nous appellerons Julie pour le récit. Il est prétendu que Julie, alors qu’elle était en congés, aurait remis en main propre un courrier à Clémence tel jour. Julie va même, sur ordre évidemment, remettre à la justice une extraction Self-RH sur Excel prouvant bien qu’elle n’avait posé aucun congé à cette période. Le temps passe et entre-temps, Julie, la DA, connait quelques déboires avec sa direction et décide de balancer la vérité. Elle se retourne et produit cette dois une véritable extraction de Self-RH prouvant qu’elle était bien en congés et ne pouvait donc avoir remis à Clémence un courrier en main propre. Faux et usage de faux, le juge n’a pas aimé du tout mais alors pas du tout… Vous savez comment ils sont les magistrats, ils manquent souvent singulièrement d’humour.
Bref, au final, il importe de retenir que la justice a reconnu les droits de Clémence et a condamné l’entreprise à lui verser son dû : solde de tout compte avec versement de la clause de non concurrence, dommages et intérêts, etc… Agir ou subir… Clémence a choisi et elle a fait valoir ses droits.
Elle nous a confié : « sans votre syndicat, je n’aurais jamais été jusqu’au bout et n’aurais sans doute jamais récupéré mon dû ». Cette phrase exprime et résume les raisons de notre engagement. C’est notre plus belle récompense et notre plus grande satisfaction.

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