Du 29 juillet au 23 août, rediffusion du « meilleur de l’année »
Article publié le vendredi 28 juin 2019

Tous
nos interlocuteurs nous le confirment : c’est de pire en pire ! Voilà
des années que la direction promet, la main sur le cœur, que cette fois
c’est décidé, juré-craché, elle va mettre le paquet pour fournir enfin
au réseau l’outil de travail moderne indispensable à l’accomplissement
de ses tâches. Et, tel un mirage, l’horizon recule à mesure des
engagements repris en boucle par les uns et par les autres. On se
souvient, déjà en 2008, des déclarations de notre ex-PDG (F.D.) qui
s’était engagé à secouer le cocotier mais surtout à tenter de dénouer
les cordons de la bourse zurichoise afin de disposer d’un outil digne de
notre position de leader (à l’époque…) du marché de l’intérim.
L’intention était bonne mais ne fut bien entendu pas davantage suivie
d’effets que les précédentes ou les suivantes…
 
 
Il
faut dire qu’en Suisse, l’oncle Picsou ne l’entend pas de cette oreille
et ne semble pas vraiment disposé à mettre sur la table les dizaines
voire centaines de millions d’euros que nécessite pareil projet. Car,
des informaticiens de chez nous se cachent de moins en moins pour avouer
qu’il ne s’agit que d’une question d’argent. En informatique, presque
tout semble techniquement possible, affirment-ils, pourvu que l’on soit
prêt à en payer le prix. C’est vrai qu’il est, à courte vue, infiniment
moins dispendieux de surajouter rustines, patchs et bouts de
ficelle que de procéder à une mise à plat et refonte complète d’un
système informatique complexe. Mais à courte vue seulement. Et puis les
équipes de la DSI en ont assez d’être pointées du doigt alors qu’elles
accomplissent au mieux leur mission et font plutôt figure, elles aussi,
de victimes de la pingrerie du groupe en la matière. 
 
Dans
les agences, cela devient infernal : les plantages de plusieurs heures,
parfois d’une journée, succèdent aux ralentissements qui paralysent
l’activité
. Des dysfonctionnements qui exaspèrent les plus placides
d’entre nous et contribuent à l’élévation du niveau de stress dans les
équipes. Quand il vous faut une minute pour ouvrir un courriel et que
l’ensemble de vos vues ne parviennent plus à s’afficher tandis que la
charge de travail continue de croitre… Où passe la productivité
lorsque l’on effectue en quatre heures ce qui n’en justifierait qu’une
avec un outil performant ? Combien de centaines de milliers d’heures de travail sont-elles ainsi gaspillées chaque année ? C’est bien la peine de ne pas rémunérer les dépassements de temps de travail et de mégoter sur tout et rien !
 
Nous
l’affirmons haut et fort : ces économies mal placées sur l’outil
essentiel de notre pratique ne présagent rien de bon. Est-ce un hasard
si notre concurrent à l’informatique la plus aboutie de la profession
vient de nous ravir la première place sur le marché mondial ? Ce sont
maintenant des rumeurs de rétrogradation à la troisième place qui
courent déjà ici et là.
 
Et
puis, quand il faut avouer des dizaines, des centaines de fois aux
clients et intérimaires que nous ne pouvez leur répondre car vous avez
des problèmes informatiques, cela ne fait, de plus, par très pro. Cette
semaine encore, combien de responsables de recrutement et de CHAF ont dû
retourner chez eux, PC sous le bras, afin de pouvoir enfin travailler
grâce à la connexion de leur box personnelle ? Est-ce bien sérieux ? Le
réseau n’en peut plus des messages sirupeux d’Izzie qui vous annonce,
comme si rien n’était, les problèmes informatiques, leur traitement,
leur (tardive) résolution. Heureusement, il ne s’agit que d’une Izzie
virtuelle, d’un pseudo, car nous connaissons un certain nombre de
collègues permanents qui, exaspérés, lui feraient volontiers sa fête et
lui expliqueraient fort vigoureusement la vraie vie. 
 
La situation est grave. Tous nos collègues cadres et non cadres nous le confirment. Comment
réaliser des budget plus qu’ambitieux lorsque l’outil central n’est pas
à la hauteur ? Comment oser encore parler de productivité quand l’outil
sur lequel vous travaillez vous la torpille systématiquement ? Les
budgets vont-ils être révisés à la baisse pour tenir compte de la
situation ?
Personne ne semble vouloir formuler ces questions essentielles mais nous, nous les posons.
 
A
la CFE-CGC, nous prendrons nos responsabilités et consultons nos
experts pour évaluer la pertinence de lancer un droit d’alerte sur le
sujet. Nous agirons de toute manière, comme d’habitude, au mieux de
l’intérêt des salariés.

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