Les situations de crise s’avèrent bien souvent être les révélateurs les plus fiables des valeurs profondes des individus et organisations. Si c’est au pied du mur que l’on voit le maçon, c’est indiscutablement dans la tourmente que se révèlent les personnalités profondes et la nature des organisations. Nous ne pouvons encore certifier l’information suivante tant elle parait énorme mais notre souci d’informer nous incite à vous la livrer sans attendre.

Lundi dernier, en écrivant « Aujourd’hui
la direction affirme n’avoir toujours pas déterminé le montant de
l’assiette de rémunération variable qui sera retenu pour base de calcul
du chômage partiel. Est-ce possible
 » nous exprimions notre fort doute sur cette ignorance affichée de la direction portant sur l’aspect essentiel de la question de l’indemnisation. Était-il possible, en effet, de lancer une demande d’autorisation de chômage partiel et l’ensemble des déclarations administratives y afférentes sans même connaître la base de rémunération à prendre en compte ? Évidemment non. N’étant évidemment plus des perdreaux de l’année, pas plus que des lapins de six semaines, nous posions cette fausse interrogation « est-ce possible ? » à titre purement rhétorique mais sans douter un instant d’une réponse négative.

Selon nos informations et sous réserve de vérification, tant la décision semble énorme, l’assiette de calcul de l’indemnisation partielle de rémunération ne serait établie ni sur les douze derniers mois, comme il en était question, ni même sur le mois de février mais sur le mois en cours. Pareille information le 1er avril nous secouerait d’un inextinguible fou-rire mais, hélas, nous ne sommes que le 25 mars. Si cette mesure est entérinée, c’est évidemment la certitude d’une prise en compte exclusive, pour l’ensemble des collègues ou presque, du fixe indemnisé à 84% du net et à 70% du brut. Crise sanitaire ou pas, circonstances exceptionnelles ou non, c’est historiquement la première fois que l’entreprise rémunérera ses salariés en-dessous du fixe… Cela rejoint nos alertes répétées depuis des années quand nous affirmons que « ça ne s’arrêtera pas… ».

Si cette décision se trouvait confirmée dans les heures ou jours qui viennent, ce serait en effet la certitude d’une rémunération réduite au fixe et de plus amputée de 16%. La prise en compte des douze derniers mois, évidemment plus favorable, n’aurait cependant rien eu d’idyllique puisque l’on sait que l’immense majorité des agences n’ont pas atteint leurs objectifs 2019 et que, par conséquent, les rémunérations variables s’en sont trouvées réduites d’autant. Mais c’était à l’évidence la moins calamiteuse des hypothèses. La prise en compte du seul mois de février aurait également pu laisser espérer un peu de rémunération variable. C’est par conséquent la pire des solutions pour les salariés qui serait en voie d’adoption.

Comment accepter, encore une fois si l’information se vérifie, que le groupe soit capable d’emprunter des centaines de millions d’euros simplement pour soutenir un dividende chancelant et racheter massivement des actions dans le but de favoriser les grands investisseurs ou de s’être goinfrée d’autres centaines de millions au titre du CICE sans même être capable d’assurer, sur deux mois environ, à ses salariés une rémunération un peu plus équitable ? La solution semble pourtant évidente : la prise en compte dans l’assiette de calcul de la modeste rémunération variable lissée des douze derniers mois d’une part et le complément de salaire à hauteur des 16% de rémunération perdue au titre du chômage partiel, d’autre part. A minima l’une de ces deux mesures. Un investissement financier relativement modeste au regard des ,sommes évoquées ci-dessus mais surtout humain et social, sans doute compensé en partie par le puissant rebond d’activité qui pourrait résulter de la sortie de crise. A méditer…

6 Commentaires

  1. En CDI interimaire je vais travailler tous les jours avec une certaine appréhension la prime de 1000 € pourrait elle être d actualite chez Adecco ?

  2. La notion de solidarité invoquée par la direction prend tout son sens. Sinon aucune surprise, c'était attendu, à la reprise les efforts seront en corrélation du traitement reçu, il faut en avoir conscience

  3. Quand je pense qu'il y a encore des personnes qui reste travailler chez Adecco.
    Mais qui a tort? Une Direction qui crache à la figure de ses salariés au vue du peu de leur réaction ou des salariés résignés qui se laissent faire?
    Dans les métiers de l'intérim, il faut avoir un minimum de caractère pour faire face aux intérimaires et aux clients/prospects. Je pense que les derniers "grognards" d' Adecco sont partis à la concurrence ou attendent la retraite. Ne reste plus que les moutons qui continueront à se faire tondre tout en pleurant. J'ai essayé de monter une action collective dans mon agence. Par devant, tout le monde était d'accord avec mais au moment de poser sa démission je me suis retrouvé tout seul. Finalement j'ai rebondit à la concurrence avec bonheur et je ne vais pas forcément plaindre mes ex-collègues.
    Par contre je plains les organisations syndicales d' Adecco qui doivent défendre des gens qui "aboient" beaucoup sans beaucoup "mordre".

  4. C'est clair, si c'est réellement ça et bien à l'ouest nous reprendrons en fonction du salaire versé et de l'effort de l'entreprise, je veux bien jouer le jeu en posant mes cp, en prenant des jours chomés mais c'est clair que je ne ferai aucun effort à la reprise si l'entreprise ne fait pas le nécessaire pour assurer le complément ! nous sommes nombreux à l'ouest de l'ouest sur ce sentiment ! clairement ça va remuer dans les chaumières …

    Petite question : quid des budgets ?

  5. Ci-dessous, un extrait de la présentation d'un ponte de Adecco Group sur Linkedin:

    "Responsable Expérience Clients & Candidats chez The Adecco Group (NPS programme, Customer Journeys, CFM…)

    À propos
    Formalisation des parcours Clients avec leur moment de vérité.
    Dispositifs d’écoutes dédiés à chaud.
    Customer Feedback Management.
    Fludification et simplification des parcours omnicanaux et digitaux.
    Évangélisation et animation au sein des équipes de direction et réseaux.
    Plans d’actions QuickWins et à plus long terme en « Close The Loop ».
    Mise en place des outils en lien avec le CRM (Salesforce)pour faciliter l’adhésion.
    Éducation « visuelle » auprès de toutes les parties prenantes en interne."

    Voilà le type de personne qui doit coûter une blinde pour nous brasser du vent.
    Et à côté de ça, le "petit personnel" qui paie ces personnes va se retrouver au chômage. Ecoeurant

  6. Franchement lamentable ! Quel manque de respect pour les troupes qui ont eu à gérer depuis 15 jours les inquiétudes quelquefois agressives des intérimaires, les incertitudes des clients, les allers et retours des dispositifs gouvernementaux, troupes souvent en ligne et connectées de 7h30 à 19h00, en télétravail, en CP ou RTT, ou en activité partielle, tant pis, par solidarité avec les équipes, on est là…
    Mais qui sont ces dirigeants incapables de reconnaître cet immense travail accompli ? Je suis très déçue. Encore une fois. Ça commence à faire beaucoup.

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