Pour une véritable gestion des ressources humaines
Depuis le 18 janvier 2005, le Code du travail impose aux entreprises de plus de 300 salariés de disposer d’un accord de Gestion Prévisionnelle des Emplois et Compétences et de l’enrichir, à minima tous les trois ans, par la négociation et la discussion autour des effets prévisibles sur l’emploi et les salaires de la stratégie de l’entreprise et de ses évolutions. C’est par conséquent une démarche anticipative et préventive des ressources humaines.
Concrètement, il s’agit pour les entreprises, soumises à de cycliques réorganisations, d’évaluer avec les partenaires sociaux les écarts entre besoins et ressources humaines existantes, en fonction, bien entendu, des évolutions prévisibles telles que définies dans le plan stratégique. Cela suppose bien entendu une bonne dose de transparence de la part de l’entreprise dès lors qu’il s’agit de dévoiler sa stratégie à moyen et long terme. Et là, c’est une autre paire de manches !
Chez Adecco, pareil accord a été signé le 23 juillet 2009 et notre organisation, soucieuse de participer au dialogue social et de contribuer à assurer le maintien dans l’emploi du plus grand nombre et son adaptation aux évolutions de l’entreprise, s’honore de figurer parmi les signataires. 
Il faut dire que lorsque vous lisez (page 6 de l’accord) que l’entreprise souhaite « informer sur le évolutions conjoncturelles, prévisibles à moyen terme, identifier les emplois selon les typologies définies » ou « proposer, discuter et déterminer les meilleures solutions pour anticiper et accompagner les évolutions et leurs éventuelles conséquences sur les emplois et les compétences » ou encore « anticiper la transformation des emplois, mieux prévoir les compétences dont l’entreprise aura besoin et donner aux salariés une visibilité sur les évolutions à venir« … : vous craquez !  
Oui, d’accord, vous craquez mais le hic c’est que le fameux accord GPEC croupit depuis plus de dix années au fond d’une armoire et de quelques disques durs, sans jamais avoir connu le moindre début de commencement de mise en œuvre. A chaque page, il n’est question que de « Team 2012 », ce qui ne nous rajeunit certes pas mais, de plus, dans le monde de l’entreprise nous ramène à la protohistoire, à l’ère de Davy Crockett et ses hécatombes sociales (PSE et PDV).
Questions modalités et clauses, l’accord n’est guère plus frais. Les dispositifs de formation évoqués n’existent plus, les barèmes et montants proposés font sourire. Nous ne saurions trop vous suggérer de parcourir cet accord. Ceci dit, il aura eu le mérite d’exister – législation oblige – mais, hélas, le démérite de n’avoir jamais servi.
Forte de ces constats et compte tenu de la réorganisation en profondeur de l’entreprise, notamment la dématérialisation, la CFE-CGC Adecco a demandé, par courrier recommandé en date du 26 février 2020 à la direction, de procéder à la révision complète de cet accord GPEC en vertu de son article 21. L’article en question impose à l’entreprise, selon les modalités de l’article 2222-5 du Code du travail, de réunir les parties prenantes dans un délai de trois mois afin de procéder à ladite révision.
C’est une grande nouvelle, aux conséquences positives inestimables aujourd’hui et une prochaine grande avancée sociale que de disposer d’un accord GPEC rénové et opérationnel. Nous reviendrons évidemment sur le sujet, au fur et à mesure des avancées mais tenions à partager dès à présent cette information avec l’ensemble de nos collègues permanents.

2 Commentaires

  1. oui et on s'était tapé le plan de départ volontaire après. Si c'est ça la GPEC faudrait voir à pas trop la sortir du placard je dis ça je dis rien

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