L’avantage et tout à la fois l’inconvénient des chiffres c’est qu’on peut leur faire dire ce que l’on veut et même tout et son contraire. Il suffit juste de savoir les cuisiner et les tordre dans tous les sens. A entendre les médias, le chômage aurait sensiblement reculé au mois de mai, affirment-ils en n’omettant quand même pas de préciser qu’il demeure à un niveau élevé.

Il est incontestable que le nombre de demandeurs de catégorie A a diminué mais tout aussi incontestable que les autres catégories ont connu un accroissement brutal. Moins 150 000 chômeurs de catégorie A mais, en même temps plus 210 000 si l’on prend en compte les demandeurs d’emploi en activité réduite. Nous aurions même, selon la DARES, la plus importante baisse du nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A – dont le nombre s’élève encore à 4,4 millions, ne l’oubliions pas – depuis 1996, année de création de cet indicateur spécifique.

Mais qu’y-a-t’il d’extraordinaire à ce que l’emploi reprenne partiellement après une période de blocage total dû au confinement ? Nombre de demandeurs d’emploi en catégorie A avant le confinement, c’est-à-dire sans aucune activité, ont pu, grâce à une activité partielle et des petits boulots, se retrouver en catégories B et C regroupant ceux qui ont travaillé plus ou moins de 78 heures dans le mois.

Il n’empêche que malgré les cocoricos répercutés par la presse, le nombre global de demandeurs d’emploi enregistrés par Pôle Emploi a augmenté de 61 000 au mois de mai (contre 209 300 en avril).

Le redémarrage s’avère donc timide et ne pourra, sauf reprise plus soutenue cet été, éviter une avalanche de plans sociaux cet automne. « La situation reste difficile » comme le constate Muriel Pénicaud, ministre du travail dont les services confirment que le nombre d’inscrit dans les catégories A, B et C augmente à nouveau en mai. Un total qui dépasse maintenant (officiellement…) les 6 millions. Record absolu mais provisoire si l’on s’en tient aux annonces déjà lancées de plans sociaux. Les milieux économiques et leurs experts n’attendent que peu de restructurations lourdes avant septembre-octobre, avec une incidence significative sur l’emploi pour l’automne-hiver.

Plus que jamais, les salariés du groupe Adecco ou d’ailleurs devront pouvoir compter sur des représentants du personnel et des organisations syndicales réellement investis pour leur défense et fuir comme la peste les syndicats complaisants qui n’ont pour autre mission que de les endormir.

Demain, sur ce blog : 
Le groupe Adecco se porte bien, très bien même. Merci 

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