Le gouvernement travaillerait sur un système de chômage partiel ou plutôt d’activité partielle, cela sonne mieux, qui permettrait aux entreprises de maintenir au mieux leurs effectifs en échange d’une aide financière de l’État. La formule ferait ainsi perdurer la possibilité de chômage partiel pris en charge par l’État au lieu d’en suspendre les bénéfices dès ce mois-ci, comme prévu. Il s’agirait d’aider financièrement les entreprises, pendant une durée limitée, à adapter temps de travail et rémunérations. Les salariés impactés pourraient en profiter pour se former à des métiers – que l’on se garde bien de nommer – liés à la transition écologique et numérique.

Mais, ne nous leurrons pas, ce soutien (avec un argent emprunté) ne concernerait que certains secteurs dûment sélectionnés pour la menace pesant sur leurs importants effectifs, afin d’y préserver l’emploi. La construction automobile figure au premier rang des bénéficiaires potentiels d’un tel dispositif. Après avoir tout fait ou presque pour flinguer l’automobile, l’État viendrait donc puiser dans nos poches pour en préserver l’industrie. Pourquoi pas.

Selon Muriel Pénicaud, ministre de l’Économie, le dispositif d’activité partielle de longue durée ne devrait toutefois concerner que les entreprises disposant de « perspectives ». Malheur donc à celles dont l’horizon apparait bouché ou dont la ligne a même depuis longtemps disparu. Si un tel système a déjà été mis en place, avec un succès très relatif, dans la métallurgie, il concernerait essentiellement cette fois l’automobile et le tourisme. Pour les secteurs non concernés, ce serait plutôt, selon notre ministre, direction les centres de formation : « Pour les
entreprises, dont l’activité ne repartira pas, il faudra sans doute
renforcer la dimension formation et reconversion des salariés, en cas
de reclassement pour aller vers d’autres secteurs qui recrutent
« .

L’intérim n’a pratiquement aucune chance d’être éligible à pareil dispositif, surtout si parvenait à la connaissance du ministre la teneur d’un récent article paru sur le site Zonebourse.fr la semaine dernière, débutant triomphalement par « La Bourse suisse a entamé
la semaine du bon pied. Après avoir stagné en début de séance, le SMI a
pris de l’élan et il a réussi à repasser et à s’installer au-dessus de
la barre des 9800 points.
 » pour préciser, un peu plus loin que « 
Le trio de tête se compose de Sonova (+4,1%), Adecco (+3,9%) et Vifor (+3,8%)« .
Nous voici donc provisoirement rassurés, d’autant que le chef de l’État devrait avancer cette semaine sur la définition d’un « contrat social renouvelé ». Que demander de plus ?

Prochainement sur ce blog : 
Et toujours pas de GPEC… 
Les tickets-restaurant rejoignent le Big Data
Télétravail : va-t-il maintenant falloir payer pour travailler ?

3 Commentaires

  1. Moi j'attends avec impatience les contrôles de l'inspection du travail sur le respect de l'activité partielle chez Adecco.

    Dingue de voir une telle société se gaver d'argent publique.

  2. Et maintenant on nous parle de mobilité pour limiter le chômage partiel ….. ça commence la réorganisation
    Alors que quasiment tout le monde bosse sur ses journées AP!!!!

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