Que les retours sur l’expérience – une expérience qui dure quand même depuis deux ans… – soient majoritairement positifs, c’est un constat mais impossible pour autant de ne pas prendre en compte les écueils et alertes émanant des salariés concernés. Encore convient-il de distinguer ce télétravail organisé, codifié et évalué avec l’expérience sauvage imposée brutalement par le confinement généralisé dans la plus totale improvisation. Il s’est agi alors, dans la précipitation, de délocaliser le travail et les salariés à leur domicile pour y accomplir leur fonction en mode dégradé. Et le tout, à temps complet, ce qui n’avait jamais été le cas chez Adecco et doit s’avérer rarissime ailleurs.
Même dans le cadre de l’expérience encadrée de ces deux dernières années et même en n’adoptant ce type d’organisation qu’une à deux journées pas semaine, la formule comporte néanmoins, selon les dires des salariés concernés, un certain nombre d’inconvénients et d’écueils qu’il est bon d’évoquer avant même les prémices d’une négociation sur le sujet.
Si la plupart des salariés ont émis un avis positif sur la réactivité de l’entreprise et la vitesse avec laquelle elle a mis en place le télétravail, ils sont tout aussi nombreux à avoir déploré la constance d’une charge de travail excessive. « En agence ou à la maison, on ne voit pas le jour« . A cette charge se sont ajoutés de nombreux problèmes techniques matériels, de réseau, de compatibilité, d’accès à un mode nomade pour les applications, etc… L’un évoque l’allongement des journées de travail, un autre la difficulté à stopper sa journée le soir. Et comment s’inscrire dans une organisation durable si l’on fait partie d’une structure à trois : la moindre absence, quelle qu’en soit la raison, remet en cause, souvent du jour pour le lendemain, la journée prévue en télétravail. Ce manque de visibilité et de prévisibilité revient souvent dans les témoignages et entache inutilement la perception que l’on peut cse faire de ce mode d’organisation.
Certains évoquent les surcoûts provoqués par le télétravail pour lesquels l’entreprise n’a pour l’instant rien prévu. Nous nous sommes déjà plusieurs fois exprimés sur le sujet et le point sera évidemment essentiel lors des réunions à venir destinées à établir un accord d’entreprise sur le télétravail. Il est hors de question que le télétravail se résume à un transfert de coûts de l’entreprise vers le salarié. Parmi les nombreuses remontées des collègues concernés, nous avons aussi relevé à plusieurs reprises un besoin parfois inassouvi de confiance. Oui, le télétravail suppose, à priori, un certain niveau de confiance du hiérarchique. Loin de coincer la bulle, la plupart du temps le collaborateur ne ménage pas son énergie, ni ne compte ses heures (ce qui est un tort) et fournit largement autant d’efforts qu’à son poste de travail. Il mérite donc la confiance à-priori.
Il va donc falloir apprendre à vivre avec un télétravail, essentiellement à temps partiel, organisé, structuré et animé selon d’autres règles et une vision différente du travail. Dès septembre, vos élus devraient être (enfin) appelés à s’asseoir autour d’un table pour négocier un accord digne de ce nom. Vous pouvez évidemment compter sur nous mais n’hésitez pas, en attendant, à nous faire remonter votre perception, vos expériences et attentes sur le sujet. Merci par avance.

2 Commentaires

  1. De toute façon, le télétravail c'est terminé à compter de lundi 13 juillet.
    Une fin aussi brutale que son commencement …

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