« A quand un mouvement de gréve ? » ; « Qu’attendez-vous les syndicats pour bouger et appeler à la gréve ? » ; « Cette fois-ci c’est bon, on est prêts à vous suivre sur une gréve »… Des propos comme ceux-ci, nous en recevons chaque semaine, que ce soit dans les commentaires publiés sur ce blogue ou par courriel, SMS ou tout simplement au cours d’échanges téléphoniques et nous comprenons parfaitement l’impatience de certains face à une situation de plus en plus difficile professionnellement et financièrement.

De plus, nous ne sommes nullement allergiques à l’idée d’un mouvement social et en profitons pour rappeler que la CFE-CGC a été plus que partie prenante des trois mouvements de gréve de l’histoire de l’entreprise.

La gréve peut constituer l’ultime moyen de se faire entendre lorsque aucun autre n’a abouti. Une direction enferrée dans ses certitudes et rétive au véritable dialogue, contraint parfois les partenaires sociaux à ce mode d’expression visible et médiatiquement porteur. Mais, par expérience, nous constatons qu’il est difficile de mobiliser les salariés d’une entreprise multi-sites aux centaines de petites structures éclatées aux quatre coin du territoire. D’ailleurs, combien existe-t-il encore de véritables agences et hubs Adecco en France à ce jour – nous ne parlons pas de codes analytiques ? Bien malin celui qui obtiendra une donnée fiable à ce sujet, la seule certitude étant que le réseau fond plus vite qu’une motte de beurre au soleil ! « Les réseaux physiques vont disparaitre » annonçait fièrement le DRH de Manpower il y quelques années. Grâce au moteur de recherche vous retrouverez aisément l’information sur ce blogue.

Alors, sommes-nous prêts à contribuer à l’organisation d’un mouvement social chez Adecco ? Bien sûr et, pour ne rien vous cacher, d’autres syndicats en évoquent de plus en plus ouvertement l’hypothèse et même le projet. La principale inquiétude de vos élus : cette fois, les salariés seront-ils au rendez-vous ? Le dernier mouvement de gréve, de loin le plus suivi, notamment dans l’Ouest, nous incite à envisager un tel mouvement mais le compte n’y était cependant pas. Il est évident que si la moitié ou même un tiers des salariés s’impliquaient dans un mouvement social et s’intéressait activement à la vie des instances, nous n’en serions pas là et ne devrions pas, chaque semaine ou presque, vous annoncer de nouvelles mesures restrictives et autres rabotages qui ne cessent de rendre le quotidien des salariés plus difficile. Certains pensent et nous disent que nous sommes « à l’os » et qu’il ne sera de toute façon plus possible de nous ôter grand chose. Nous aimerions les croire mais les dernières mesures imposées par la direction prouvent régulièrement le contraire.

Aujourd’hui, elle impose à un train d’enfer réorganisations, économies directes et indirectes (cf. le prochain système de rémunération), budgets hors-sol, fermetures, « Family » et autres qui aboutissent au départ des collègues les plus expérimentés et à l’éreintement du réseau. Pendant ce temps, la finance se pourlèche à mesure que s’affaiblit l’entreprise et que s’obscurcit l’horizon ?

Alors, oui, vos élus vont travailler avec d’autres organisations syndicales à un réaction adaptée à la situation et ces échanges pourraient aboutir à un mouvement social, sous une forme ou une autre. Mais nous comptons sur tous et chacun et ferons notre l’injonction lancée à l’assemblée, lors des mariages, dans les films et séries américaines : que ceux qui ont quelque chose à dire l’expriment maintenant ou se taisent à jamais !

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