Le moins qu’on puisse dire c’est que la fonction managériale n’a pas le vent en poupe… De moins en moins de cadres, notamment féminins, se sentent une vocation à gérer et animer des équipes, selon une étude menée par Indeed en mars dernier sur un échantillon de 1006 Français cadres et professions intellectuelles supérieures, actuellement en recherche d’emploi, qui l’ont été ou envisagent de l’être au cours des douze derniers/prochains mois, issu d’un échantillon représentatif de 2504 cadres et professions intellectuelles supérieures du secteur privé. Ouf ! C’est l’une des conséquences, sans doute durable de cette crise sanitaire qui s’éternise. Il n’y aurait, toujours selon cette étude, 20% des cadres qui se refusent à encadrer des équipes et même 25% chez les cadres du beau sexe. Ce taux s’élève même à 27% dans la tranche d’âge de 35 à 49 ans, celle précisément parmi laquelle figurent habituellement les plus gros bataillons de managers.

Pourquoi ce rejet d’un fonction jadis si prisée par les cadres, véritable consécration du statut ? Pour deux raisons essentielles : tout d’abord à cause, selon les sondés, du stress inhérent à la fonction managériale. Ils sont 66% à juger la fonction d’encadrement trop stressante et jusqu’à 72% parmi les femmes interrogées. Puis, 43% et même 49% chez les femmes, jugent que l’encadrement de salariés implique trop de responsabilités.

Ce ressenti s’est, semble-t-il, particulièrement aggravé depuis le commencement de la crise en cours pour en arriver à ce que 54% des femmes cadres jugent leur fonction trop difficile et trop exigeante. Ils sont quand même 13% à déclarer carrément qu’ils n’aiment pas diriger leur équipe…

D’ores et déjà, de nombreux cadres se détournent ou s’apprêtent à le faire, de la fonction managériale, ce qui peut sembler particulièrement inquiétant pour le devenir des entreprises. Le manager épanoui risque de devenir le mouton à cinq pattes à une période où, précisément, les structures nécessitent plus que jamais des tempéraments, de l’expertise, de la cohésion et de la performance.

Nous connaissons tous, plus ou moins proches de nous, des cadres en mal de tournant de carrière, des tournants parfois radicaux. Tel, rêvant de reprendre une épicerie solidaire au fin fond de Trifouillis-les-Corbeaux, tel autre ouvrant une baraque à pizza ou encore cette cadre au sommet de son art bifurquant vers un CAP d’esthéticienne, tous soucieux de fuir les réunions soporifiques à répétition, les Powerpoint rasants, la pression au quotidien et la dictature du chiffre.

La reconversion est donc dans l’air du temps et 19% des cadres confessent même une prédilection pour les métiers manuels. Cette désaffection pour la fonction de manager, si prisée il y a encore quelques années, laisse présager des difficultés accrues de recrutement mais aussi des opportunités d’évolution et d’embauche pour des salariés et candidats désireux de s’essayer à la gestion des hommes et des femmes.

2 Commentaires

  1. Faut dire que pour rester manager chez Adecco faut vraiment aimer se faire du mal !
    le manager se prend tout dans la g….. vente, gestion,management… et si son agence ne dégage pas il fait tout ça pour la gloire!

  2. Effectivement, quand on voit l’accompagnement et la formation des nouveaux managers par le DZ, cela fait peur. Nous sommes là que pour justifier des chiffres ou “brusquer” les équipes. Nous ne pouvons pas avoir de démarche qualitative d’accompagnement. Et lorsque nous avons notre propre approche et idée du management moderne, cela ne plaît pas… Je pense que la culture managériale, devrait être étudié régulièrement par les DZ… Surtout quand il est formateur IFED

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