Avec une inflation (officielle) mesurée à 4,8% en avril sur les douze derniers mois et une rémunération stagnante voire souvent en régression (merci Pyramide !), les fins de mois commencent de plus en plus tôt. On se souvient de la fameuse sortie de l’humoriste Coluche lorsqu’il s’exclamait : « Le plus dur c’était la fin du mois… surtout les trente derniers jours ». Plus sérieusement, le reste à vivre fond en effet comme beurre au soleil au fil des années et des mois et une majorité de foyers se trouvent aujourd’hui contraints à des arbitrages budgétaires de plus en plus étendus et draconiens. Des privations qu’ils n’auraient pu imaginer il y a encore dix à vingt ans.

Un indicateur officiel mais relativement peu connu rend compte de la situation budgétaire des ménages en France et notamment de leur « reste à vivre ». L’indicateur Finfrog/RMC « le 10 du mois » – date symbolique à laquelle, en principe, toutes les ressources sont perçues et les engagements fixes honorés – estime que le solde bancaire positif des Français gagnant moins de 2 000 euros par mois s’élève actuellement en moyenne à 53 €, soit environ 17,60 par semaine… Est-ce cela le marqueur d’un pays dit riche ? Ce reste à vivre était encore de 84 euros il y a seulement un an, soit une chute de 29 euros essentiellement due au renchérissement de l’énergie. Un reste à vivre donc de 53 euros pour trois semaines, assorti bien entendu de son lot de découverts, emprunts relais, désépargne, interdictions bancaires et recherche de petits boulots d’appoint pour les plus courageux, dotés de plus d’une robuste santé.

La paupérisation devient insoutenable pour les plus modestes mais s’étend aussi largement aux classes moyennes. Exemple frappant de cette paupérisation rapide, la SMIC dont la dernière revalorisation en date du 1er mai à hauteur de 2,56% impose à 85% des branches professionnelles et dix échelons de la fonction publique rattrapés et même surpassés par ce salaire minimum une augmentation des derniers échelons de leurs grilles respectives. Certaines branches professionnelles se voient même contraintes de prévoir plusieurs négociations chaque année afin de ne surtout pas se laisser distancer par le SMIC. Le phénomène n’a de nouveau que son ampleur mais procède de ce que l’on appelle une « smicarisation » du monde du travail.

Cet engrenage vers toujours davantage de paupérisation n’est en rien fatal et il suffirait d’un réel partage de la valeur par les entreprises – et pas uniquement dans les discours – pour l’enrayer. Mais, selon une formule usitée en mathématique, il faut pour cela et il suffit que les salariés se décident à défendre leurs intérêts et ceux de leur famille et de s’organiser en rejoignant une organisation syndicale qui les défende réellement. Suivez notre regard…

3 Commentaires

  1. J’adoube ce bilan catastrophique mais malheureusement factuel,

    l’arbitrage budgétaire sera bientôt un vague souvenir, comment faire un budget avec rien, je vais apprécier le mois de février de chaque année, qui relève au maximum de 29 jours me permettant de répartir les 53 euros sur deux jours de moins voir trois les bonnes années..

    Un seul mouvement possible , faire basculer le poids du dialogue social par un vrai engagement sociétal s’engager dans la lutte par exemple se syndicaliser pour bien faire à la CFE CGC, mais peu importe être un véritable contre pouvoir, aujourd’hui nous sommes à la marge et ne faisons pas peur avec nos pistolets à bouchons. Nos revendications toutes légitimes sont apposées dans un registre de doléances refermé si tôt la réunion terminée.

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