Avis aux directions des ressources humaines et élus du personnel, toutes organisations confondues. Ne pas attendre un drame ou la multiplication de pathologies lourdes et d’arrêts de travail pour se préoccuper de cette grande cause nationale : la santé mentale, notamment en entreprise pour ce qui nous concerne. (NDLR)La santé mentale de près de 810 000 actifs français s’est améliorée en 2025, d’après le baromètre* annuel de Qualisocial, publié en janvier 2026. « C’est une bonne nouvelle, car la courbe ne s’était pas inversée depuis de nombreuses années. L’anxiété provoquée par les multiples crises commence à se dissiper », commente Camy Puech, son fondateur. Cependant, ces résultats sont loin d’être suffisants, d’après lui, pour enrayer la dégradation de la santé mentale de la population en France. 22 % des répondants, soit l’équivalent de 6 millions de travailleurs, déclarent toujours être « en mauvais état de santé mentale ».
C’est pourquoi, le gouvernement a décidé en novembre dernier de reconduire pour une seconde année consécutive cet enjeu comme Grande Cause nationale. La Charte d’engagement signée en août 2025 « est arrivée tardivement dans l’année et devait aller plus loin au regard de l’importance de la santé mentale », explique-t-il. En 2026, il n’est pas question de « tout révolutionner, mais de continuer à prendre conscience et à parler des défis autour de la santé mentale afin d’en modifier durablement les causes structurelles. »
Les écarts se creusent entre entreprises
Si 86 % des salariés indiquent avoir une « bonne santé mentale » grâce à un plan complet de prévention au sein de leur entreprise, 44 % déclarent dans le même temps ne bénéficier d’aucune action. Cet écart frappant est avant tout sectoriel : 31 % de travailleurs sont en « mauvais état de santé mentale » dans le secteur de l’action sociale, 25 % dans l’enseignement et la formation professionnelle, contre 19 % dans la banque, assurance et activités immobilières ainsi que 14 % dans la construction et le BTP. « L’amélioration globale masque une aggravation de la situation pour des collectifs de travail déjà fragilisés », note Camy Puech. Aussi, l’un des enjeux en 2026 va être de « réduire les disparités entre toutes ces organisations. » Mais aussi, de diminuer les différences entre générations. « Les jeunes sont plus sensibilisés à cette question », complète Natascha Soria, fondatrice d’UpCare, organisme de formation dédié à la santé mentale.
L’autre enjeu pour les entreprises, selon le baromètre, c’est que les facteurs de dégradation de la santé mentale des Français sont majoritairement extra-professionnels. Pour 38 % des actifs, ce sont des facteurs individuels (difficultés économiques, soucis de santé, manque de temps), tandis que pour 32 %, ce sont des facteurs liés au contexte national actuel (instabilité politique, montée des tensions entre individus). Les facteurs purement professionnels, eux, n’arrivent qu’en troisième position (21 %) avec : de mauvaises conditions de travail, des difficultés relationnelles que ce soit avec le manager ou ses collègues.
Des initiatives faciles et peu coûteuses
Le travail n’est, donc, pas la première cause de la dégradation de la santé mentale, mais « reste pour autant un levier d’action central sur lequel les employeurs peuvent agir », affirme le fondateur de Qualisocial. Cette prise en compte de la santé mentale peut passer par des initiatives faciles et peu coûteuses, telles que :
- Former les dirigeants dans le but qu’ils impulsent la dynamique auprès des managers
- Former les managers à leur tour afin qu’ils écoutent sincèrement ce que vivent les équipes
- Rediriger les collaborateurs lorsqu’ils rencontrent des difficultés (médecin du travail, etc.)
- Proposer des conditions de travail garantes de la sécurité physique et psychologique
- Favoriser des relations professionnelles de qualité et une bonne ambiance de travail
- Mettre en œuvre une excellence opérationnelle qui permet d’évoluer dans une structure performante où les processus de travail sont clairs (bonne organisation, clarté des rôles)
Au regard du contexte économique à la peine en France, il s’agira de rester vigilant en 2026 afin que « la santé mentale ne soit pas reléguée au second plan derrière les enjeux de business. Car, sans santé mentale, il n’y a pas de performance ! Les entreprises doivent impérativement conserver leur discernement stratégique afin d’entrer dans une logique d’amélioration continue sur ce sujet et de s’y tenir. La responsabilité n’appartient désormais plus qu’aux dirigeants, mais à tous les membres d’une entreprise. »
Source : Courrier Cadres


