Des précurseurs…

Après que le citoyen se soit habitué à l’omniprésence des caméras de surveillance dans les lieux public et au flicage numérique sans faille que permettent les différents moyens de communication moderne – à ce titre les possibilités de stockage de traces de l’iPhone Apple laissent rêveur -, faut-il maintenant qu’il se prépare à accepter l’utilisation de détecteurs de mensonges dans la vie professionnelle ?

Oh bien sûr, dans la vie des affaires on évite de parler de détecteur de mensonges et on préfère évoquer les « tests d’intégrité » mais c’est un peu ce qui s’appelle jouer sur les mots.
La méthodologie de ce système de détection de mensonges consiste à faire passer un cyber-interrogatoire d’une vingtaine de minutes en déterminant de façon assez fiable le degré de sincérité du candidat, car il s’agit, pour l’instant d’un outil essentiellement orienté vers l’aide au recrutement. Voici le genre de questions que le candidat se voit poser :
Accepteriez-vous que nous vérifions les informations que vous nous avez données auprès des autorités compétentes (police, justice, banques, précédent employeur) ?
Combien de fois vous êtes-vous battu, ou avez-vous pris le volant, ivre, l’année passée ?
Votre compte en banque s’est-il trouvé dans le rouge ces trois dernières années ?
Avez-vous déjà été considéré comme suspect dans une enquête policière, mis en examen ou condamné en justice ?
Ces questions et sans doute bien d’autres ont été posées lors d’entretiens d’embauches, à plus de 800.000 candidats ces 16 dernières années, par plus de 600 sociétés, dont Adecco, Toys’R US, Manpower, Avis, Pepsi, la Brinks, Visa…
A noter que les grands groupes se font aujourd’hui la main essentiellement dans les pays dits émergents et ce ne sont donc pas moins de 800 000 chômeurs qui auraient déjà eu à subir le détecteur de mensonges. Mais patientons un peu car l’entreprise Lapid consulting, créée en juin dernier, il y a tout juste un an, se charge d’importer le système en France.
Adecco comme Manpower font partie des références dont s’enorgueillit sur son site Internet la société Midot, concepteur et détenteur de ce système qui fera bientôt passer le Big Brother d’Aldous Huxley pour un boy-scout en culotte courte. Il est hélas à craindre qu’aidés par la passivité d’un grand nombre de nos concitoyens salariés, ces systèmes ou d’autres à venir ne soient appelés à un brillant avenir…

Pour en savoir plus sur le sujet, vous pouvez consulter les articles sur :

Demain sur ce blog :
La France, lanterne rouge des pays où il fait bon travailler

jeudi :

Que penser du départ de notre PDG ?

Vendredi :
l’affaire de discrimination en Belgique et les mauvaises manières du PTB

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