Nombreux sont les collaborateurs permanents qui se posent cette utile question : « mais que dire à nos clients ?« 
Sur le sujet, c’est un peu et même beaucoup l’omerta à la sicilienne. La direction refuse de faire suivre le moindre argumentaire écrit et il faut se contenter de pieuses paroles et de l’oral. Quand on demande les raisons d’une telle discrétion, la réponse est on ne peut plus laconique : « C’est comme ça, j’exécute les ordre« . Si on insiste, on fâche, ce qui est pour le moins dangereux par les temps qui courent…
Le salarié, un peu dépité quand même, s’interroge : « Mais aurai-je toujours les mêmes interlocuteurs ?« 
Réponse : « à ce jour, pas de changement, vous serez tenu(e) informé(e). La direction discute avec les partenaires sociaux ». Bon, vous voilà bien avancé(e).
Le collaborateur insiste : »Oui, mais il y a une agence Adia juste à côté, je ne peux répondre cela au client ! ».
Avec cette question on frôle la subversion et le hiérarchique devient alors menaçant : » Tu n’as que cela à répondre, sinon c’est le hors jeu et tu te mets en dehors des règles de l’entreprise« . On devine aisément les conséquences d’un tel hors-jeu… Le salarié maladroit aura vite fait de basculer dans la rubrique « volontaire au départ »… et volontaire pour le Pôle Emploi, ce n’est pas actuellement le meilleur plan.
Voilà un échantillon et tout le reste est du même tabac. La langue de bois devient de plus en plus pesante et pâteuse et les salariés sont priés de positiver et de véhiculer sans réserve le formidable message d’espoir suscité par cette réorganisation-fusion. Quant aux 530 suppressions de postes, il ne s’agira, qu’on se le dise, que de volontaires enthousiastes et positifs si possible. La firme l’exige.

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