(voyez l’œil scintillant de colère)
Bon d’accord, la photo date un peu et s’avère quelque peu trompeuse car la vache à lait française se trouve aujourd’hui nettement moins grasse qu’auparavant. Ses mamelles s’étiolent et commencent même à se dessécher. Ça tourne même façon lavette. Dame, c’est peut-être qu’on a peu un peu trop tiré dessus et pendant trop longtemps. Adecco France a en effet longtemps représenté, histoire oblige, le fleuron du groupe et sa généreuse vache laitière mais Allemagne-Autriche et Japon,  notamment, affichent dorénavant des volumes de marge sensiblement équivalents à la France alors que leur chiffre d’affaires demeure à des niveaux très inférieurs, jusqu’à près de trois fois inférieurs… C’est dire la chute vertigineuse de la profitabilité du travail temporaire en France.
Les milieux financiers soulignent la superbe performance du groupe
Adecco (« les résultats ont dépassé les attentes des financiers »),
l’atteinte des objectifs et l’amélioration des marges mais ces résultats flatteurs du groupe, publiés sur ce blogue mercredi, ne peuvent dissimuler l’importante diminution relative de la contribution de la filiale française au groupe. Trop de marchés nationaux pressurés, une activité précisément trop orientée grands comptes, une absence de segmentation et quelques autres joyeusetés du même niveau expliquent en partie, mais en partie seulement (nous avons quelques autres pistes…) les difficultés actuelles et à venir. Était-il difficile d’anticiper qu’une activité orientée sur d’importants marchés non rentables s’avérerait périlleuse en cas de ralentissement économique ? Gouverner c’est prévoir ! On sait que les grands groupes industriels multinationaux ne bâtissent leur insolente santé financière que sur la ruine de la sous-traitance et des fournisseurs qu’ils écrasent. Leur prospérité repose sur un champ de décombres sociaux et industriels. Rien de bien nouveau mais il fallait en tenir compte.
Aujourd’hui, dans ce contexte, il faut bien prendre conscience que l’amélioration des conditions de rémunération des salariés ne pourra passer que par de fortes mobilisations nationales. C’est Zurich qui détient les cordons de la bourse et personne d’autre. Il ne sert à rien de se lamenter ou de déplorer une quelconque inactivité des syndicats, une sécheresse de cœur de la direction ou la faute à « pas de chance » : la seule solution réaliste et productive passera par des mobilisations d’une toute autre ampleur que celle qui accompagna le mouvement social du 13 mars dernier. Sinon, de PSE en PDV, il faudra subir. En clair et pour donner quelques secondes dans l’utopie, si au moins 30% des salariés étaient syndiqués et si les mouvements de grève étaient suivis ne serait-ce qu’à 50%, il est bien évident que cela fait belle lurette que les rémunérations n’auraient rien à voir avec celles que subissent nombre de salariés. A bon entendeur, salut.
Lundi sur ce blogue
Plan de départ volontaire : où en sommes-nous ?

2 Commentaires

  1. les salaires ne sont pas liés au fait que l'on soit syndiqué ou pas, cé le fait, que les personnes élus par nos soins pour nous représenter, devrez nous questionner sur notre quotidien, sur ce que l'on vit, subit… et non venir à notre rencontre durant la période des élections et ceci pour parler plus fermement en notre nom durant les reunions avec la direction.les 35h dans l'interim, ce n est pas un fiasco ???

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