Selon une enquête réalisée pour la CFE-CGC, plus de 80% des salariés interrogés estiment que les outils de communication numérique accroissent considérablement le volume des informations à traiter et obligent à des temps de réponse de plus en plus courts. 
 
La surabondance informationnelle, « information overload » en anglais, qui s’exprime en français par le néologisme « infobésité« , peu aboutir à de véritables addictions entrainant des pathologies, sources de véritables souffrances. La victime (et acteur) de ces déluges numériques se voit soumise à une tension permanente, une angoisse diffuse et la frustration de ne pouvoir parvenir à gérer ce flot d’information dans les délais attendus, ce qui génère une situation de stress, perturbe la qualité de la relation aux autres, provoque des insomnies, etc.

Entre le courriel, l’accusé de lecture, l’appel téléphonique pour demander si vous avez bien reçu le message, les réponses à des interlocuteurs multiples, le détachement des pièces jointes – leur lecture quand il reste un peu de temps… -, les transferts et le classement des courriels, un cadre est interrompu, en moyenne dans une fourchette de temps comprise entre deux et huit minutes.

Chaque cadre est maintenant vissé sur sa chaise, derrière son écran et passe l’essentiel de sa journée à produire… du courriel. Est-ce cela qui génère le plus de valeur ajoutée ? Poser la question c’est y répondre. Ce temps passé sur la messagerie, le smartphone, l’Intranet, l’Extranet, l’Internet, à pianoter sur un clavier se substitue à celui qu’il pourrait consacrer à la stratégie, la réflexion, la prise de recul, l’analyse et surtout à la relation en face-à-face.
Selon l’ORSE (Observatoire sur le Responsabilité Sociétale de l’Entreprise), 56% des utilisateurs consacrent plus de deux heures par
jour à la gestion de leur messagerie et 38% reçoivent plus de 100
messages par jour. 65% déclarent vérifier leur messagerie toutes les
heures mais le font en réalité bien plus souvent, parfois toutes les
cinq minutes. Parfois plus…

Pour essayer de proposer des solutions à ce véritable gâchis humain, l’ORSE a
publié fin 2011 une charte incitant les entreprises à mieux maîtriser
la messagerie électronique qui «peut devenir un outil dévastateur», selon ses propres termes.
Conscients du problème, EDF, la Société générale et le groupe Casino conseillent par exemple de «préférer le face à face au mail». Un peu de bon sens ne saurait nuire.
Chez Canon France, une fois par trimestre, les 1.800 collaborateurs
sont incités à une journée sans courriel afin de privilégier les échanges. Adecco a également impulsé ce type d’expérience mais force est de reconnaître que la désintoxication procède surtout d’un effort individuel et d’un travail assidu sur soi.
Lundi sur ce blogue :
Des nouvelles du Plan de départ volontaire

1 COMMENTAIRE

  1. Article très intéressant mais …

    Il faut quand même préciser qu'aujourd'hui les mails ne sont pas uniquement un passage d'infos c'est aussi et surtout devenu une couverture chaude dans laquelle on trouve refuge.

    On ne parle plus, on se mail ! comme ça "on se couvre" on assure la sacro sainte TRACABILITE si chère aux yeux de la hiérarchie.

    On a tellement peur de ne pas avoir la preuve de ce qui a été dit, on a tellement peur que ça se retourne contre nous. C'est le juste retour des chose quand on travail dans une entreprise où on baigne dans le bonheur et la confiance totale de ses collègues.N°1 des ressources HUMAINES ;OP

    Les salariés sont devenus paranos et ils ont bien raison de l'être !

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