Sauf erreur de ma part, cela doit signifier « bonne année ». Et quelle date limite l’usage fixe-t-il à l’expression des vœux ? Le 31 janvier… C’est précisément à cette date, donc hier, que la direction de Good Year a choisi d’annoncer la fermeture de son usine de pneus d’Amiens. Serait-ce un pur hasard ? Les puissants cortex du comité de direction seraient-ils à ce point distraits qu’il n’aient un instant décelé la fâcheuse coïncidence et le mauvais goût de la situation ? La plupart de nos lecteurs penseront sans doute que nous chipotons  et que les beaux messieurs de la direction sont à mille lieues de telles subtilités linguistiques tandis que d’autres pourront peut-être y voir un clin d’œil codé particulièrement inconvenant. A chacun sa réponse.
Il n’empêche que la direction ferraillait depuis plus de cinq ans avec le syndicat largement majoritaire de cette entreprise, la CGT, dont les positions jusqu’au-boutistes ne sont évidemment pas étrangères à ce dramatique dénouement qui vient conclure cinq années de bras de fer et autant de rejets des plans de restructuration. Ce sont 1 173 emplois qui disparaitront sur Amiens-Nord, bouleversant la vie d’autant de familles.
Ironie du sort, c’est sur le parking de cette usine Good Year que le candidat à la présidence de la République, François Hollande, avait énoncé il y a un peu plus d’un an ses propositions pour lutter contre les licenciements boursiers. On mesure là le fossé qui sépare les belles promesses de la réalité souvent beaucoup plus prosaïque. La loi ne peut en effet interdire les licenciements boursiers des multinationales avides de résultats et de dividendes et le seul espace laissé par le législateur se résume à autoriser le contrôle de la procédure appliquée et l’adéquation des reclassements au regard des moyens financiers de l’entreprise, ce qui n’est déjà pas rien.
Depuis des années, la direction de Good Year avait progressivement vidé l’usine d’Amiens de sa substance en délocalisant progressivement la fabrication jusqu’à ne plus la faire tourner qu’à 12% de ses capacités de production. Sous-production et sous-emploi auguraient clairement et depuis longtemps d’un funeste épilogue C’est aujourd’hui chose faite et les pneus seront dorénavant fabriqués en Pologne. Comme d’habitude les casseurs ne seront pas les payeurs et le groupe pourra ainsi améliorer sensiblement ses marges tandis que la casse sociale restera exclusivement à la charge de la collectivité française.

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