Cette question dérange et il suffit de la poser dans une instance pour générer une certaine ambiance. Relire à ce sujet « Le CICE déjà condamné ?« . La direction n’a évidemment pas de réponse à avancer aux impertinents élus qui leur posent pareille question. Et pourtant… Combien de salariés n’ont consenti à signer leur avenant « contribution totale » que suite à l’annonce par la direction d’une rétrocession partielle du Crédit d’Impôt Compétitivité Emploi ? Que pensent aujourd’hui ces salariés de la probable disparition en 2014 de ce dispendieux cadeau fait aux entreprises ?
Dans un premier temps, une hausse de la TVA viendra frapper lourdement l’ensemble des citoyens-contribuables, des plus pauvres aux plus aisés, afin de, tout au moins c’est ce qui est annoncé, financer les CICE dont on sait qu’une bonne partie retombe directement dans la poche des actionnaires sans passer par la case compétitivité ni emploi. Le CICE n’est en effet aujourd’hui qu’un généreux cadeau fait aux entreprises sans la moindre contrepartie sérieuse.
Elles peuvent encaisser le crédit d’impôt et ne pas l’utiliser le moins du monde pour
améliorer leur compétitivité et les dirigeants peuvent, à leur gré, s’auto-augmenter – on n’est jamais si bien servi que par soi-même – ou décider d’augmenter d’insatiables actionnaires, sous forme de dividendes. Peut-être n’a-t-on rien compris et s’agit-il en fait d’une compétitivité entre actionnaires.
D’ailleurs, de quelle compétitivité parle-t-on dans un système économique bannissant toute forme de protectionnisme ? Soyons sérieux quand on pense un instant que les Chinois eux-mêmes commencent à délocaliser vers les contrées les plus pauvres qui soient. Faudra-t-il à terme s’aligner sur l’ouvrier éthiopien, modèle de pauvreté absolue dont on sait que déjà il supplante le vietnamien devenu trop coûteux ? De qui se moque-t-on lorsqu’on évoque une amélioration de la compétitivité dans le cadre d’un libre-échangisme absolu ? Restera-t-il en France une seule cheminée d’usine fumante dans dix ans ?
On sait qu’aujourd’hui le seul engagement des entreprises à ne pas suralimenter les actionnaires avec le bénéfice du CICE demeure d’ordre moral. Il s’agit, au choix, soit d’un humour au dix-septième degré qui nous échappe un peu, soit d’une insondable naïveté qui laisse songeur, soit encore, dernière hypothèse, d’un prodigieux cynisme au service d’un double langage. A chacun de voir.

5 Commentaires

  1. mouarf ! mouarf !!! Anonyme de 8H44, la lecture de ton commentaire est à la limite atendrissant ! je réalise qu'il reste quelques rêveurs !

  2. Monsieur,

    Votre marge de progression en terme de conditions sociales dans l'entreprise est telle que je ne saurai que trop vous conseiller de vous y atteler à 100%.
    Laissez donc la politique du gourvenement en dehors des problèmes que nous rencontrons chez Adecco France.

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