Great Place To Work est un réseau mondial de de cabinets-conseils en gestion des ressources humaines fondé en 1988 par Robert Levering aux États-Unis. Chaque année, dans 45 pays, cet organisme évalue les entreprises clientes en y mesurant, notamment, la perception des conditions de travail par les salariés.

Le classement des entreprises « où il fait bon travailler » de
l’institut Great Place to Work repose sur trois critères : la
confiance des salariés vis-à-vis de leur encadrement, la fierté des
salariés vis à vis de leur entreprise et la convivialité. L’évaluation
se fait sur la base d’un questionnaire anonyme adressé à tous les
salariés. Cette première évaluation est complétée par un dossier
détaillé présenté par la direction et permettant d’évaluer sa culture et
ses pratiques en ressources humaines. L’enquête auprès des salariés compte pour deux tiers
dans la note permettant d’évaluer la performance de l’entreprise, contre
un tiers pour le dossier présenté par la DRH.

L’esprit, l’approche et la méthodologie demeurent fortement anglo-saxons comme le prouvent très clairement les classements nationaux et internationaux. Si l’on prend le dernier classement mondial disponible, celui de 2013, sur les douze premières places figurent onze entreprises américaines et une britannique. Une entreprise espagnole vient rompre cette « success story » d’Outre-atlantique en raflant la treizième place. Sur le plan national français, parmi les plus de 500 salariés, ce sont les trois premières places qui sont détenues par de filiales françaises de groupes américains : Microsoft, PepsiCo et Mars Petcare & Food et Mars IS. Notez que comme l’affirme un dicton populaire, on n’est jamais si bien servi que par soi-même.

Revenons à nous. Nous avons régulièrement communiqué sur ce blogue sur les différentes enquêtes GPTW passées, véritables morceaux d’anthologie de l’insatisfaction au travail. C’est que les salariés consultés saisissent l’occasion qui leur est fournie de s’exprimer sur leur perception de l’entreprise, que ce soit de manière générale ou plus  précisément sur leur communauté de travail. Invariablement, chaque enquête représente un véritable passage à tabac symbolique de la direction, une déculottée maison. Les notations sont alarmantes et le niveau d’insatisfaction très inquiétant. Il se susurre d’ailleurs que les résultats de l’une de ces enquêtes contribuèrent au remerciement expéditif de l’un de nos PDG. Rumeur ou vérité, peu importe finalement.

Plus préoccupante encore s’avère la non divulgation aux salariés des véritables résultats de cette enquête pour laquelle ils ont cependant été sollicités avec insistance. Des remontées nous font état de résultats partiels, tronqués, d’interprétations tendancieuses tendant à occulter les véritables motifs d’insatisfaction. Quand à vos élus, pour la première fois en 2013, aucun retour ne leur a été proposé, comme si vos représentants élus devaient ignorer le niveau d’insatisfaction des salariés. Au final, aucun salarié, élu ou non n’a accès à la totalité des résultats bruts de l’enquête. Quelques extractions par-ci, une synthèse par-là, le silence ailleurs : visiblement l’enquête dérange.

Nous pensons que ce ne peut être en ignorant l’indication du thermomètre que l’on fera baisser la fièvre. La direction doit assumer résolument la situation véritable dans laquelle se trouvent aujourd’hui les salariés et la perception qu’ils en ont au nom du principe de réalité, préalable indispensable à un action efficace en vue d’inverser la tendance. Nous sommes évidemment partie prenante d’un travail de fond sur le sujet.

Demain sur ce blogue :
NAO, la direction persiste et signe

6 Commentaires

  1. En même temps, ils vont pas dire que c'est un fiasco complet, hein ?
    Juste après le PDV ce se devait d'être une catastrophe ; et ce malgré le rentre-dedans éhonté, à l'époque, de toute la hiérarchie.
    M'enfin, quand une une société a besoin d'une enquête pour savoir si ses salariés sont contents, c'est assez triste et révélateur du divorce entre les élites et la base.

  2. GPTW 2014 ! ça commence par une réunion de lancement obligatoire un samedi matin… les résultats de l'enquête risquent d'être cinglants car ça ne semble pas être la meilleure solution pour préserver l'équilibre entre la vie professionnelle et personnelle !!! ça promet…

  3. Et bien il ne faut pas y aller à cette réunion
    et/ou envoyer un petit mot (même anonyme) à l'inspection du travail.
    Faut aussi se bouger et s'aider soi-même.
    Et quand on n'est vraiment pas content, s'en aller ; comme bon nombre maintenant.

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