En décembre dernier, 50 dirigeants de filiales françaises de groupes étrangers avaient, dans le quotidien Les Échos, lancé une appel pressant au gouvernement, l’alertant sur l’effondrement inquiétant de l’attractivité de la France pour les grands groupes étrangers. Un chiffre, un seul, suffit à mesurer l’enjeu : en 2013, selon la conférence des Nations unies pour la concurrence et le développement, les investissements étrangers en France ont connu un effondrement de 77%. Cela s’apparente davantage à un naufrage qu’à un tassement…
Une fiscalité aussi erratique que dissuasive, une gouvernance libidineusement velléitaire et un climat délétère ont à l’évidence incité la plupart des grands groupes étrangers à prendre la poudre d’escampette et à implanter leur activité sous des cieux plus sereins et il n’en manque pas.
Quant à notre président de la République, après son coming out (désolé, je m’autorise un ou deux anglicismes à l’année) libéral et sa conversion foudroyante et remarquée aux vertus du libre-échange, il organisait hier, lundi 17 février, à l’Élysée une petite sauterie sur le thème de « l’attractivité de la France auprès des investisseurs étrangers ». Souliers cirés, voire vernis, cravate serrée au plus près, sanglés dans des complets veston de bonne facture tout droit sortis du pressing sinon du tailleur, une cinquantaine de dirigeants des plus grands groupes étrangers, au premier rang desquels notre Président exécutif (et non exécuteur, comme le persiflent de mauvais sujets) Adecco écoutèrent pieusement notre président socialiste leur prêcher les incommensurables avantages du libéralisme économique. Il faut reconnaître qu’il se trouvait en fort bonne compagnie, entouré des dirigeants des filiales françaises de Volvo, Bosch, Siemens, Samsung, Intel, Nestlé, General Electric. Sans parler  des représentants de fonds d’investissement koweitiens, quataris et chinois, tout droit venus de contrées davantage réputées pour leurs performances économiques que droitdelhommesques….
L’oracle, chef de l’État à ses heures, n’y alla pas de main morte et ses hôtes en eurent pour leurs frais (de déplacement) : promesse de stabilité fiscale, allègements fiscaux et une harmonisation de la fiscalité des entreprises avant 2020, meilleures conditions d’accueil avec, notamment, la création d’un « passeport talent » destiné aux inventeurs et créateurs. Et même un alignement de notre fiscalité des entreprises – actuellement à 38%, la plus élevée d’Europe – sur l’Allemagne, à l’horizon 2020, soit dans moins de six années. Bref, demain on rasera gratis, c’est presque sûr.
Un rendez-vous de suivi est d’ores et déjà prévu dans six mois afin de mesurer les évolutions et la bonne tenue des engagements.

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