Il y a un an, à quelques jours près, nous alertions sur l’incohérence qu’il y avait à inclure le BTP dans un politique de segmentation. Dans « Maintenant, c’est au tour des agences BTP« , nous relevions les évidentes conséquences funestes du lent mais sûr dépouillement des agences dites « medium-large », c’est-à-dire celles auxquelles ont été enlevé méthodiquement le placement permanent, les PME et les clients à fort volume d’activité pour ne leur laisser, selon les équipes de ces agences, que les clients assez importants mais à faible rentabilité, notamment les accords cadre. Ce qui est plutôt fâcheux lorsque l’on subit un système de rémunération favorisant les faibles volumes à bonne rentabilité… Cherchez l’erreur.
Aujourd’hui, nos collègues du « medium-large » ressentent douloureusement le sentiment de se faire pigeonner et d’être, en quelques années, devenus les parents pauvres de notre activité. Tout ce qui pouvait générer un peu de rentabilité leur est retiré méthodiquement, les réduisant au rôle de matrice mais une matrice qui commence à fatiguer sérieusement à force d’enfanter.
Il y a un an, nous écrivions donc : « La décision d’attribuer aux agences PME les « petits » clients des agences
spécialisées BTP sonne donc le glas de la rentabilité de la plupart
d’entre elles. Elle prouve aussi la distance qu’il peut y avoir entre la
sphère de décision et la réalité du terrain : a-t-on évalué la
démotivation des commerciaux et directeurs d’agence auxquels on retire
un suivi et une relation commerciale développée et entretenue des années
durant ? Pour ce qui concerne la rémunération, cette mesure ajoutée au
calcul dit « contribution totale » laisse présager des rémunérations
désespérément fixes…
« . Étions-nous loin de la réalité ?
De plus, imaginons le dialogue commercial sur les grands chantiers impliquant de multiples intervenants, PME et grands groupes. « Vous avez combien de salariés M. le client ? 38 seulement ? Bon, alors ce n’est pas moi, c’est mon collègue de l’agence PME. Il vaudra mieux que le client soit d’humeur guillerette ce jour-là, sinon les parpaings risquent de voler bas et en escadrille… Fermons la parenthèse.
Et surtout, nous concluions notre article du 2 décembre 2013 par cette réflexion : « Soit la direction fait preuve d’une ignorance inquiétante pour tout ce
qui concerne l’activité BTP
, auquel cas elle peut aisément prendre
conseil et financer des experts en la matière. Soit il s’agit de la fin
programmée du réseau BTP
dont l’équipe encadrante et d’animation se
trouve aujourd’hui réduite à sa plus simple expression, c’est le moins
qu’on puisse dire. Certains départs au cours des derniers mois nous
inciteraient à pencher pour cette seconde hypothèse ».
Là aussi, qu’en penser aujourd’hui, maintenant que les conséquences s’imposent avec de plus en plus de force ?
Et qu’en est-il aujourd’hui ? Dans un contexte général morose pour le BTP, pénalisant les grands groupes après avoir malmené les petites et moyennes entreprises du secteur d’activité, nous ne cessons de perdre du terrain, c’est-à-dire des parts de marché, sans grande réaction manifeste de la direction. La colère des équipes BTP que nous avons évoquée à plusieurs reprises a laissé place au désabusement mêlé d’une immense lassitude. Une bonne partie des « piliers » de l’activité a depuis longtemps quitté le navire et un certain nombre de bons professionnels, sans doute plus tenaces ou davantage accrocs à l’entreprise, s’apprête à les imiter. Nous conjurons la direction de se rapprocher du terrain, d’entendre et d’écouter enfin les professionnels afin de tenter de sauver ce qui peut encore l’être. Éventuellement de taper « BTP » dans la barre de recherche de ce blogue pour y trouver un certain nombre d’évidences prémonitoires qui pourraient contribuer à l’établissement d’un feuille de route salvatrice.

2 Commentaires

  1. Pour ma part, je me suis arrachée aux premiers prémices de cette incurie (relisez mon commentaire signée BTP Girl du 2/12/2013) et dans ma ville, le planning BTP d'Adecco est passé à quasiment zéro (pour quelques 200 TT auparavant).
    D'autres collègues BTP on fait comme moi et la concurence nous a accueillis à bras ouverts avec nos plannings clients et TT bien entendu !
    C'est quand même vraiment des grosses daubes, hein ? Et surtout que comme vous dites, c'est pas faute de les avoir prévenu, quand même !
    Enfin tant mieux pour nous autres… (surtout que depuis, j'ai quand même multiplié mon salaire par deux)

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