Le financement du « reste à charge zéro » pour les soins de santé n’allait évidemment pas tomber du ciel et l’on prévoit déjà un alourdissement de la taxation sur les complémentaires santé pour 2019 à hauteur d’environ 1,5 milliard d’euros.
Jeudi dernier, les sénateurs, plongés dans l’examen studieux du budget de la Sécurité sociale ont en effet adopté un amendement alourdissant encore la taxe de solidarité additionnelle (TSA) – on admirera au passage l’imagination sans bornes des intitulés… – qu’acquittent les organismes de complémentaire santé. Cette taxe qui devrait être calculée sur le chiffre d’affaires des mutuelles et assureurs santé passe de 13,27%, ce qui était déjà exorbitant, à 18,02%, ce qui devient carrément confiscatoire.
C’est donc, dès 2019, plus d’un milliard d’euros supplémentaire, environ un milliard et demi que les mutuelles devront bien trouver quelque part, et l’on peut parier sans prendre de grands risques que ce sera  dans la poche des assurés. La Sécurité sociale ne s’en portera forcément que mieux et gageons qu’à ce rythme, son équilibre se trouvera tôt ou tard rétabli. C’est, nous dit-on comme à chaque fois, une participation « exceptionnelle » demandée aux organismes de complémentaire santé.

10 Commentaires

  1. La taxe additionnelle a bien été votée et viendra par conséquent grever les comptes des mutuelles complémentaires santé à hauteur d'un milliard et demi, en sus de l'augmentation des dépenses de santé. Ces organismes pourront-ils absorber ce coût supplémentaire sans rien en répercuter sur les cotisations, simplement en comprimant encore et encore leurs frais de gestion ? Juste pour complaire au pouvoir ?

    On peut bien sûr y croire et nombreux sont ceux qui aiment à gober goulûment toutes sortes de promesses mais celles-ci n'engagent que ceux qui les écoutent, dit-on. Un proche avenir devrait de toute façon nous éclairer.

    Nous communiquerons sur le sujet, dès les premières hausses, vraisemblablement courant 2019.

  2. Réponse à anonyme de 15h05

    A titre professionnel et syndical, nous nous conformons à la ligne et aux engagements de notre organisation, ce qui est normal et évident. Notre président François Hommeril a parfaitement résumé la situation et les responsabilités en déclarant : "Le gouvernement a mis à distance les organisations syndicales en refusant de jouer le jeu du partenariat syndical et de l'écoute. Il a crée un espace de vide et dans cet espace des mouvements s'installent, dont la dimension explosive empêche de bien définir les objectifs et surtout les origines". Tout est dit.

    Maintenant, à titre personnel, chacun est libre de faire glisser son gilet jaune de la boîte à gants au tableau de bord et même de sentir un peu le feu de bois (des palettes) quand il rentre chez lui…

  3. Comme je le disais, il n'y a quasiment aucune chance que le vote des sénateurs républicains soit suivi d'effet, le gouvernement (par la voix de la ministre en charge du dossier) y étant opposé.

    Les derniers rebondissements sont à lire ici par exemple: http://www.miroirsocial.com/actualite/16544/pouvoir-d-achat-la-ministre-des-solidarites-et-de-la-sante-s-oppose-a-une-hausse-de-40-de-la-taxe-sur-les-mutuelles

    A méditer tout de même quand on voit des républicains s'associer aux gilets jaunes pour hurler au ras le bol fiscal…

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