Voici quelques courts extraits d’une interview proposant un éclairage et quelques explications sur les enjeux et difficultés d’Action Logement (ex-1% Logement). Depuis de nombreuses années, les gouvernements successifs siphonnent sans complexe des fonds collectés par les entreprises pour faciliter le logement de leurs salariés et les détournent notamment au profit de la « rénovation urbaine » (financement de l’ANRU). Ces véritables détournements de fonds ont à ce point appauvri l’institution que les nouvelles règles interdisent de fait aux classes moyennes, et par conséquent aux cadres, de bénéficier d’une aide au logement. Indemnité de chômage, délai de carence, retraite, logement… Les cadres sont décidément les premières victimes (souvent consentantes, il faut bien l’avouer) d’une régression sociale continue. Vont-ils un jour réagir ?

Valse de dirigeants, programmes d’investissement
contestés… Action Logement, le financeur du logement social en France,
vit une période agitée. Décryptage avec Diego Alarçon, délégué national
CFE-CGC et administrateur d’Action Logement Services.

 

La CFE-CGC a récemment publié deux communiqués sur la situation actuelle chez Action Logement. Que se passe-t-il ?


Nous avons, en effet, réagi à des épisodes qui constituent des menaces
pour le logement social en France et le logement des salariés de classe
intermédiaire. (…)

Nous avons
voulu rappeler des règles de bon sens concernant le fonctionnement de
cette entité, et également pointer du doigt une dérive de ses missions
qui s’opère au détriment des classes moyennes
. Un air malheureusement
déjà bien connu dans d’autres domaines.


Pouvez-vous nous rappeler quelles sont les missions d’Action Logement ?


Action Logement, c’est un budget de 3,1 milliards d’euros en 2018. La
ressource vient pour 1,84 milliard des cotisations obligatoires des
entreprises de plus de 20 salariés et, pour le reste, des retours de
prêts consentis avec cette collecte aux salariés et aux organismes de
logements sociaux. Les fonds servent à financer pour moitié le logement
social, pour un quart la rénovation urbaine (93 % du budget de l’Agence
nationale de rénovation urbaine) et pour un dernier quart les prêts,
aides et services aux salariés tels que les prêts d’accession sociale
(PAS), les prêts travaux, les aides à la mobilité. Soit plus de 550 000
personnes aidées en 2018
.


Comment tout cela est-il organisé ?


Si l’on fait un peu d’histoire, il faut remonter à la création du 1 %
logement en 1953, c’est-à-dire un prélèvement sur la masse salariale
avec fléchage vers le logement des salariés
. A cette époque, on parlait
de « participation des employeurs à l’effort de reconstruction ».

(…)

« En filigrane, se pose la question fondamentale de la capacité des Français à se loger correctement »


En quoi consiste ce PIV et quelles sont vos réticences ?


Je pense qu’en filigrane, se pose la question fondamentale de la
capacité des Français à se loger correctement. Le PIV comprend
d’excellentes mesures d’aide aux salariés qui vont être mises en place à
la rentrée dans le domaine de la rénovation énergétique, du
remplacement des sanitaires (baignoires par des douches pour nos aînés)
ou de la mobilité. Mais il s’accompagne d’un rehaussement du plafond
d’éligibilité pour les classes moyennes
. A l’heure actuelle, 42 % de la
collecte d’Action Logement provient des grands groupes, mais j’estime à
95 % le nombre de leurs salariés qui seront exclus des nouveaux produits
et services du PIV
. Celui-ci devrait conforter une offre de logement
intermédiaire vers les classes moyennes qui connaissent des difficultés à
se loger dans les grandes agglomérations. A notre avis, en excluant de
fait les salariés de l’encadrement alors qu’ils sont les principaux
contributeurs à son financement (assis sur la masse salariale), le
mouvement s’éloigne peu à peu de ses principes.

 

Pour lire l’intégralité de l’interview, cliquer ici


Demain sur ce blogue :
Vivons-nous un plan social déguisé ?


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