Du 29 juillet au 23 août, rediffusion du « meilleur de l’année »
Article publié le jeudi 14 mars 2019

Le
problème du numérique, quel que soit le sujet qu’on aborde, c’est avant
tout celui de la confidentialité. Enquêtes et sondages n’échappent
évidemment pas à cet inconvénient qui peut parfois s’avérer
préjudiciable, c’est le moins qu’on puisse dire. Derrière toute enquête,
il y a forcément identification du répondant, ne serait-ce que pour
éviter des participations multiples ou non autorisées.
Suite
à de sérieuses alertes, nous avons donc investigué sur le niveau de
confidentialité des enquêtes GPTW et avons soigneusement analysé ce que
cet organisme appelle « le Cercle de données », c’est à dire les
engagements de confidentialité. Le processus semble des plus sérieux.
Sans rentrer dans l’ensemble des détails techniques, faisons quand même
une rapide synthèse de la méthodologie.
Pour des raisons que nous ignorons, la dernière enquête chez Adecco France a été pilotée par GPTW Danemark.

Tout
d’abord, Adecco envoie le fichier contenant les données personnelles
classiques à l’équipe « Survey », seule habilitée à l’ouvrir en interne.
Ce fichier sauvegardé est « pseudonymisé » (désolé, c’est le néologisme
utilisé) par l’attribution à chaque participant d’un numéro
d’identifiant ID puis intégré dans le logiciel Vocaza de chiffrement.
Les données personnelles sont ainsi cryptées. Voici en résumé la
méthodologie. Chaque année, au mois de décembre, l’ensemble des fichiers
sont détruits dans les règles de l’art. Nous passons les détails
complexes mais jusque-là, rien à redire, c’est du costaud, du
professionnel et les moyens semblent mis en œuvre pour que jamais
personne ne puisse remonter aux réponses individuelles des participants.
Il
nous est d’ailleurs spécifié, par écrit, qu’AUCUN résultat n’est donné
pour des groupes de répondants de moins de 5 personnes. Soit, mais en
précisant aussi que toute structure (agence ou autre) d’au moins 5
salariés ayant répondu est identifiée et reçoit ses résultats. A notre
connaissance, c’est loin d’être le cas et nous n’avons pas connaissance
d’agence ayant reçu l’ensemble de ses résultats détaillés. Mais il y a
beaucoup plus grave.
Quand les réponses à l’enquête GPTW servent à justifier des sanctions 
Un
directeur d’agence s’est récemment vu convoquer à un entretien
disciplinaire sur la base d’un dossier particulièrement vide et sans que
la moindre faute professionnelle puisse lui être évoquée. Il n’empêche
que le seul reproche un peu consistant qu’ait pu lui asséner son
hiérarchique concerne les réponses de son agence à GPTW. Des réponses
trop négatives selon la direction. Et comme ces réponses déplaisent,
c’est forcément que ce Directeur d’agence n’est qu’un piètre manager,
n’est-ce pas ? Incroyable mais vrai, donc : un manager peut se voir
reprocher les réponses à l’enquête GPTW de son équipe. L’enquête, moyen
de mesure du climat dans l’entreprise est-elle destinée à devenir un
prétexte à sanction ? L’enquête cesserait d’être vraiment anonyme – pas
bien difficile d’identifier les mécontents dans un petit groupe de cinq
salariés –  dès lors qu’elle pourrait faciliter la sortie d’un manager.
C’est un scandale de grande ampleur aux conséquences incalculables que
nous dénonçons aujourd’hui. C’est, de plus, une perversion de la notion
d’enquête qui, en soi, nous parait constituer un outil opportun et
pertinent d’évaluation du niveau d’adhésion des salariés à leur
entreprise et à sa gouvernance.
La
direction doit s’exprimer rapidement et publiquement sur cette
inquiétante dérive qui risque de saper les fondements de la confiance
des équipes et de discréditer des outils qui par ailleurs peuvent avoir
leur fonction et leur utilité dans l’entreprise.

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