L’idée de l’open-space est née dans les années 1950 aux États-Unis. Conformément à l’idée largement répandue qu’un nouveau concept, le meilleur comme le pire, met environ vingt à trente années à franchir l’Atlantique, nettement moins aujourd’hui, ce n’est qu’à partir des années 1980 que l’Europe a adopté ce mode particulier d’aménagement des espaces de travail du tertiaire. L’idée consiste à réunir des bureaux dans un espace ouvert et
sans cloisons. Ceci, officiellement au nom d’un partage plus fluide de l’information et d’une meilleure communication, ce qui n’est dans les faits n’est vraiment pas le cas, bien au contraire, nous allons le voir. Officieusement, il ne s’agit bien entendu que de réaliser des économies en réduisant au minimum les surfaces allouées aux bureaux. Aujourd’hui le concept domine largement les autres modes d’aménagement puisque ce sont environ 70% des surfaces de bureau qui sont aménagées en open-space.


De plus en plus critiqué et détesté des salariés, l’open-space a bien entendu fait l’objet d’un certain nombre d’études qui toutes confirment les inconvénients et nuisances propres à cette organisation de l’espace. Déjà en 2017, une étude de l’observatoire Actineo confirmait que 57% des salariés préfèrent travailler en bureau individuel. L’étude relevait que l’open-space diminue de 73% les échanges en face-à-face et génère une augmentation de 67% des courriels envoyés et de 75% des messages instantanés. Loin de favoriser la collaboration et la communication, l’open-space y nuit fortement comme le prouvent ces chiffres..
Une étude plus récente, publiée dans le bulletin de la Royal Society, par des chercheurs de Harvard, confirme les effets néfastes de l’open-space sur les échanges entre salariés. Nous y reviendrons d’ici quelques jours dans la suite de cet article.

En open-space, 71% des femmes et 62% des hommes consultés estiment travailler avec des collègues « gênants ». Reviennent systématiquement parmi les nombreuses critiques, le bruit, les conversations téléphoniques, les conversations entre collègues, la température, le vacarme de l’imprimante, les râleries, les jurons, les plaintes, les monologues et même, pour 20% des sondés, ce qui n’est pas rien, les bruits corporels. Eh oui… Au final, c’est une grande difficulté à se concentrer, à travailler sur des sujets complexes et d’inévitables agacements, irritations et, par suite, inimitiés. Les chercheurs observent aussi que la prolifération des nuisances sonores aboutit à un repli sur soi des salariés, sans parler du stress, lui-même générateur de fatigue.

Au final et pour résumer : moins de confort, moins de productivité, moins de communication et davantage de courriels et de messages instantanés. Tout ça pour ça. Faut-il donc poursuivre dans cette voie ?

A suivre….


Quelques-uns de nos articles déjà parus sur le sujet :
Prochainement sur ce blog :
Intersyndicale ou pas intersyndicale ?
Insupportable open-space (seconde partie)
Les cadres ont-ils droit aux heures supplémentaires ?
Le digital supprime-t-il des emplois ?
Et toujours pas de GPEC…
Vis ma vie : CEO pour un mois 
Réseaux sociaux et entreprises
Le déclin du coworking

3 Commentaires

  1. Tout à fait d'accord, je rajouterais que l'openspace est cependant acceptable si de nombreux box sont disponibles en quantité suffisante quand la concentration est nécessaire. Si le travail est sans nécessité de concentration, travailler en openspace peut être aussi agréable pour se sentir moins isolé, à condition que les désagréments sus cités ne prennent le dessus

  2. l'open space convient surtout aux bavards mais c'est vrai que c'est impossible de se concentrer et de travailler sérieusement
    j'ai eu la chance de retrouver un bureau et je peux enfin bosser

  3. Entièrement d'accord. On n'arrive encore moins à communiquer. Et ajoutez à cela des bureaux sans chaise pour les visiteurs, intérimaires notamment, perdus, forcés à rester debout dans ce vacarme…

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