Dire que le crise sanitaire que nous venons de vivre aura d’importantes répercussions sur la situation économique et la vie des entreprise relèverait de la plus affligeante des banalités, doublée d’une candide litote.

Tous les secteurs de l’activité industrielle et commerciale ou presque ont été lourdement frappés, hormis sans doute ou dans une moindre mesure, le e-commerce, l’industrie pharmaceutique ou ce qu’il en reste en France et l’agroalimentaire. Pour cette dernière, gageons que les deux mois de confinement dynamisent aujourd’hui les marchands de régimes alimentaires du type commejaime.fr ou autres jeboufffecequejeveux.com. Mais pour le reste de l’économie, l’épreuve s’est avérée de sévère à gravissime.
Rappelons simplement que près de 500 000 emplois ont été détruits au cours du premier trimestre 2020, en attendant les résultats consolidés du second qui promettent d’être tout aussi catastrophiques. Au premier rang des grands perdants de cette crise figure l’intérim avec, selon l’INSEE, un écroulement de 40% de son niveau d’activité. La situation, inédite depuis les origines de la profession, a frappé la construction à – 60%, l’industrie à -41% et le tertiaire à – 31%. Du jamais vu depuis les années 50, début des Trente Glorieuses, au cours desquels l’intérim s’implanta timidement en France.
Des chiffres éloquents qui justifieront sans aucun doute les restructurations lourdes qui devraient être menées assez rapidement, sans doute bien avant 2021. La période estivale devrait suffire à peaufiner une réorganisation de grande ampleur et peu importe l’étiquette qui pourra bien y être accolée : Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), appellation perverse d’un programme de… destruction des emplois, Plan de départ volontaire (PDV), signifiant que départs il y aura mais souvent contraints ou Rupture conventionnelle collective (RCC).

Sinon, il y a l’alternative du plan social honteux, le discret, le sans-nom, celui qui ne s’affiche pas mais aboutit néanmoins à la suppression de centaines de postes par des sorties à la petite semaine, des démissions plus ou moins téléguidées, des licenciements ponctuels, des mobilités forcées et refusées, des fermetures de sites sans reclassement, etc.


Une grande partie de nos collègues pressent et opte pour cette dernière hypothèse qui n’est évidemment pas à exclure mais il y a fort à parier que la méthode « douce » ne suffira sans doute pas. Pour avoir déjà vécu et négocié deux plans sociaux (PSE et PDV), nous sommes bien placés pour savoir que la direction sait frapper dur lorsqu’elle le décide et pour préserver ses marges. Ne restez pas isolé(e)s, cher(e)s collègues, c’est un avis de tempête que nous publions ici et, croyez-nous, ça risque de tanguer.
Demain sur ce blog : 
Toujours pas de participation cette année 

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