Bon, ce ne sera toujours pas pour cette année ! La participation relève chaque année d’un souvenir de plus en  plus lointain, quels que soient par ailleurs les résultats de l’entreprise. L’application d’une formule légale complètement désuète, plus que cinquantenaire, permet aujourd’hui à nombre d’entreprises d’éviter de payer le moindre centime à leurs salariés.
Cette formule régissant la redistribution aux salariés d’une (petite) partie du bénéfice net fiscal mais que pratiquement aucun employeur ou salarié ne se verrait capable de citer spontanément s’écrit comme suit : RSP = ½ ( B – 5 % C ) x ( S / VA ) avec B pour le bénéfice net fiscal,C les capitaux propres, S la masse salariale et VA la valeur ajoutée.


Mais, sorte de clause supensive, cette fameuse participation ne peut être versée aux salariés que lorsque le bénéfice dépasse 5% des capitaux propres et, pas de chance, cela n’a toujours pas été le cas en 2019 chez Adecco. Je me souviens des propos d’un ex-DRH de l’entreprise qui, se sentant déjà ailleurs s’était un peu lâché et avait reconnu qu’une entreprise peut tout à fait gérer les divers paramètres de cette formule pour faire en sorte de ne plus jamais verser de participation aux bénéfices à ses salariés, ajoutant que c’était le cas chez Adecco. Année après année, les faits continuent de lui donner raison.
Un moment de faiblesse, sans doute, l’an dernier, il nous avait pourtant semblé, ainsi qu’à nos experts que nous pouvions peut-être renouer timidement avec la participation aux bénéfices. Voir à se sujet notre article « Vers un retour de la participation aux bénéfices chez Adecco ?« . Nous avions pris l’heureuse précaution d’assortir ce titre d’un point d’interrogation ? 

Mais que justifie donc cette absence durable de participation aux bénéfices ? L’entreprise a-t-elle perdu en rentabilité ces dernières années ? Pas vraiment si l’on considère que l’action rapporte 2,3 plus (+ 230%) de dividendes à l’actionnaire qu’il y a dix ans. Une hausse de 230% du rendement ! Et combien ont pris nos salaires pendant ce temps ?

Avons-nous alors perdu en productivité ? Pas davantage puisque, selon les indicateurs les plus officiels, la productivité par salarié permanent a augmenté de + 38% entre 2009 et 2018… 
Et encore, nous n’aborderons pas aujourd’hui le sujet des centaines de millions d’euros d’argent public perçus au titre du CICE, des allègement et de la gymnastique acrobatique financière de la holding.

Où sont les beaux discours politiques sur la juste rémunération du travail, du capital et de l’entreprise ? Cela sonnait pourtant bien dans les meetings et autres tribunes télévisées. Mais aujourd’hui, c’est une main devant et l’autre derrière pour toute vêture qu’il est demandé aux salariés d’avancer.
Jusqu’au jour où ceux-ci décideront de défendre sans concession leurs intérêts, au coude-à-coude avec ceux qui leur ont toujours parlé vrai. Nous serons là.

4 Commentaires

  1. En l'absence de mobilisation (et de mobilisateurs….et de mobilisés) il conviendrait que chacun participe à un action collective identifiable.

    Avec le nombre d'indicateurs que le Groupe et nos têtes pensantes ont mis en place, il suffit aux équipes agences de veiller à respecter scrupuleusement les règles édictées dans la multitude de notes de service, procédures, calls.

    Vous voyez où je veux en venir : Faire une grève du zèle.

    Les indicateurs savamment choisis permettront de mesurer la mobilisation du réseau.

    – Je peux pas compléter ton tableur, j'ai commerce téléphonique !
    – Je peux pas assister à la call, j'ai relance des impayés !
    – Je ne peux pas prendre tous les appels (dommage, j'ai demandé 1 ETP en plus mais tu y as opposé ton veto), car j'ai une observation sanitaire a faire chez tous mes clients (c'est du TAC, c'est super important) !

    En fait ce qu'il manque chez nous, c'est une tête de pont qui parvienne a rassembler les équipes

  2. Incroyable ! chaque année la même rengaine ! Pas de PV, pas de participation, budgets à la ramasse
    Ça va aller jusqu'où ?

  3. la participation ça devient un gros mot pour adecco. Plus personne n'en parle, terminé oublié
    le slogan Adecco 2020 : toujours moins !

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