Arnaud : « Il fallait répondre à un besoin d’information de nos collègues »

Du 24 juillet au 21 août, rediffusion du
« meilleur de l’année »

Article paru le 13 décembre 2019    
F.C
: C’est une sacré cap : 3 000 articles et insertions diverses en
quelques années, cela ne semble pas vraisemblable. Peux-tu évoquer les
raisons d’une pareille activité éditoriale ?

Arnaud
: Ma motivation initiale s’appuyait sur un constat plutôt simple :
l’entreprise communiquait peu et nombre de salariés nous faisaient
régulièrement part d’une véritable carence d’information sur à peu près
tous les sujets et, bien entendu, avant tout sur ce qui concernait leur
quotidien, leur métier, la vie de l’entreprise, les rémunérations,
etc… Il nous fallait donc trouver un moyen de toucher chacun où qu’il
soit, n’importe quand et d’offrir au plus grand nombre l’information la
plus complète et avec le plus de réactivité possible. Ceci, bien
entendu, de la manière la plus économique qui soit. L’idée d’un site ou
d’un blog s’est immédiatement imposée. Sont venus ensuite les réseaux
sociaux relayant systématiquement les articles au quotidien.

F.C. : Oui mais de là à publier quotidiennement depuis plus de 10 ans…

Arnaud
: Depuis 11 ans et demi, même. L’aventure commence le 29 juin 2008 par
une modeste insertion et le rythme quotidien sera adopté dès le deuxième
mois suivant. Aujourd’hui les 3 000 articles publiés constituent une
base de données non négligeable, des données accessibles à tous par la
barre de recherche intégrée au blog. Pour le nouveau venu qui voudrait
lire l’intégralité des publications, cela représenterait plus d’un mois
de lecture à temps plein. Quant à la rédaction, on peut l’évaluer à
environ une année d’écriture à temps complet depuis la création du blog.
Nous sommes les seuls dans la profession à proposer ce volume, ce
niveau d’information et ce tempo.

F.C.
: Peu de nos collègues ignorent encore l’existence de ce blog même si
certains reconnaissent ne s’y rendre qu’épisodiquement. Sans rentrer
dans les statistiques précises, de quel lectorat bénéficiez-vous
aujourd’hui ?
Arnaud
: Nos débuts furent modestes, évidemment, et je me souviens du temps ou
je me réjouissais d’avoir passé les caps des 30 puis 50 vues par jour.
Arrivé, dès 2009, aux 100 vues journalières, j’avais un peu l’impression
d’avoir atteint un plafond de verre infranchissable.

Aujourd’hui
nous passons allègrement la barre des 1 000 vues par jour et je
considère qu’en dessous de 800 vues la journée a été particulièrement
calme. J’observe également une augmentation constante du nombre de
visites le week-end, ce qui est relativement récent. L’ensemble de la
profession le parcourt, ce qui est flatteur mais nous impose aussi une
certaine discrétion sur les données concernant directement l’entreprise.

F.C.: Quel genre de retours positifs reçois-tu le plus souvent ?

Arnaud
: Je reçois de nombreux signes d’encouragements, des félicitations pour
certains articles, des remerciements aussi lorsque nous communiquons
suite à des remontées qui nous sont faites. Notre style est bien établi,
connu et reconnaissable : souvent vif, direct, alerte et non dénué
d’humour. J’appelle un chat un chat et déteste la langue de bois. On
aime ou on n’aime pas. Certains préféreront toujours les copies à
l’original, le Gucci en plastique chinois à la marque authentique et le
Canada dry au whisky. C’est ainsi, mais globalement, le ton et le fond
semblent plaire. Et nous avons même un certain nombre d’accrocs qui nous
avouent, au hasard des visites d’agences, ne pouvoir démarrer une
journée sans lire la publication du jour. De nombreux Directeurs
d’agence la font aussi lire à leur équipe. Certains l’impriment même et
nous présentent parfois fièrement les impressions à l’occasion de nos
passages en agence.

F.C. : Pour en venir à l’actualité, que penses-tu du débat sur les retraites ?

Arnaud
: Ma position est très claire et sans ambiguïté : j’adhère pleinement à
la position de notre confédération et de notre fédération Commerces et
Services et incite vivement à la mobilisation générale et sans faille
pour défendre les retraites. Que ceux qui ne le font pas pour eux
s’investissent au moins pour leurs enfants et petits-enfants. Nous ne
sommes jamais qu’un maillon très provisoire.

A
titre personnel, je déplore le maintien de certains tabous entourant le
débat sur les retraites. Je ne développerai pas ici mais comment
évoquer le problème de l’avenir de la retraite sans parler de
démographie, du chômage (et de ses causes) qui empêche de mener des
carrières complètes, de la discrimination contre les seniors qui fait
que l’immense majorité des salariés cadres ou non du secteur privé,
éliminés précocement, n’obtiendront jamais la totalité de leurs
trimestres ? Pourquoi n’avance-t-on pas ou si peu sur l’employabilité
des seniors ? Dès juin 2010, il y a plus de neuf ans, nous évoquions ce
sujet que certains découvrent aujourd’hui. Et pourquoi ce quasi-silence
sur le critère d’espérance de vie en bonne santé (EVBS) dont on commence
timidement à parler et que nous évoquions dès le mois d’août 2011 ?

F.C. : Le dialogue social chez Adecco est-il satisfaisant ?

Arnaud
: Si l’on considère la courtoisie, le respect mutuel régnant dans les
instances et la compétence de nos interlocuteurs, la réponse est oui. Si
l’on s’intéresse aux résultats de ce dialogue social, je suis
évidemment beaucoup moins enthousiaste. J’invite à ce sujet nos lecteurs
à relire l’article du 22 octobre dernier « Quel bilan pour le dialogue social ? »
dans lequel je dressais, en accord avec les membres de notre section,
un bilan sévère mais, hélas, réaliste et justifié. Le dialogue social ne
peut se limiter à la convivialité et au consensus, ni à un souci
exclusif de complaire à la direction. Il procède forcément d’une
dialectique, d’échanges contradictoires, de concessions réciproques,
d’accords partiels mais encore faudrait-il savoir ce qu’est une
négociation… La direction est parfaitement dans son rôle et le remplit
plutôt bien et il serait souhaitable que les élus en prennent de la
graine et assument le leur.



F.C. : Un mot sur les élections, quand même ?


Arnaud
: Évidemment ! et plus qu’un mot d’ailleurs. Précisons d’abord que les
élections ne sont à la fois qu’un moyen et un aboutissement. Être élu
n’est pas une fin en soi mais un moyen d’agir au service du collectif.
La frénésie électorale de quelques mois, suivie d’une léthargie de trois
ans et demi nous a toujours semblé un peu dérisoire. Il importe d’être
élu, bien sûr mais pour quoi faire ? Se protéger et engranger ses points
de retraite ou agir au quotidien pour l’ensemble des salariés ? La
réponse est dans la question. Ensuite c’est un aboutissement. Au-delà
des postures et impostures, l’élection vient sanctionner un travail, une
implication, un engagement permanent et sincère.

Au
premier tour des élections professionnelles, en novembre, nous avons
enregistré une forte progression par rapport au premier tour 2016 qui
était lui-même très supérieur à 2011. A ce premier tour, nous
progressons par exemple de + 50 % sur le vote cadre pour notre
organisation au niveau national, avec une progression de + 74 % en notre
faveur sur le Nord, par exemple. Nous en remercions sincèrement nos
collègues cadres qui ont voté pour nous.

Comme
nous l’avons déjà exprimé, le vote CFE-CGC demeure un marqueur fort du
niveau de maturité des cadres et de l’encadrement de l’entreprise. Quand
on est cadre, voter pour le seul syndicat catégoriel dédié à
l’encadrement prouve que l’on a compris les enjeux et que l’on gère au
mieux ses intérêts.

J’espère
que dans quelques jours, le second tour viendra confirmer et amplifier
encore, si possible, cette très belle progression.



F.C. : Et maintenant, quelles perspectives pour la communication de la CFE-CGC Adecco ? Tu assureras les 3 000 prochains articles ?


Arnaud
: Mes perspectives de communication au service de la section restent
inchangées. Je suis prêt à continuer de publier pour notre blog les 3
000 prochains articles si cela convient à la section ! Mais attention,
sans pour autant prétendre rester encore dix ans dans l’entreprise ! (rires)
J’ai également un projet avancé de publication d’un livre sur les
grandeurs et misères du dialogue social qui devrait paraître en 2020. Et
plein d’autres projets encore à dévoiler au fur et à mesure des
avancées.

Alerte Covid chez Adecco

On revient dès que possible sur le sujet

2 Commentaires

  1. Bonjour Arnaud,
    Est-ce que le confinement a été profitable ou préjudiciable à l'avancée de l'écriture de ton livre, que je serais curieux de découvrir?

  2. Bonjour cher "Lecteur assidu".
    Le confinement a été plutôt profitable… Jamais aussi avancé qu'on le voudrait mais la période a été propice : recul, réflexion… et du papier noirci…
    J'essaie de tenir le délai de fin d'année.

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