Accaparés par notre quotidien, nous ne sommes pas toujours en mesure de prendre le recul nécessaire à une analyse sereine de la situation et de la direction prise par notre entreprise. Un jour pousse l’autre et les informations se succèdent à un rythme toujours plus élevé. Et pourtant, il y aurait tant à dire sur l’année écoulée…

Qui se soucie encore du scandale majeur que constitue la fameuse « liste noire » que nous avons souvent évoquée sur ce site ? Et pourtant… Souvenez-vous de cette liste qui annonçait un an à l’avance des ruptures conventionnelles auxquelles les salariés concernés n’avaient eux-mêmes jamais songé et des licenciements froidement planifiés, Direction opérationnelle par Direction opérationnelle. La presse avait été curieusement discrète sur le sujet, ce qui ne surprend pas vraiment si l’on se souvient des grands leviers de son financement. La presse ne vit pas, n’a jamais vécu et moins encore maintenant qu’il y a quelques décennies, des recettes de ses ventes. Elle ne vit ou survit que grâce à la manne publicitaire et de plus en plus de l’argent public. Qui se souvent des 483 millions d’euros offerts à la presse en 2020 au titre d’aide exceptionnelle, en plus des généreuses subventions habituelles ? Imaginez une entreprise entretenant un relationnel serré auprès de l’exécutif politique, capable même de lui rendre quelques menus services et qui ferait l’objet d’un scandale : croyez-vous que la presse subventionnée se montrerait suffisamment téméraire pour relayer amplement ledit scandale ? Éternel principe : on ne mord pas la main qui nourrit.

D’autres faits saillants, en passe de sombrer aux oubliettes, ont émaillé l’année 2021 comme, par exemple, le retour de la carte Total et la fin de la prise en charge du carburant pour les déplacements domicile-trajet et retour, tolérance qui avait incité nombre de nos collègues à accepter certaines propositions de mobilité interne. Les voici aujourd’hui financièrement lésés et même piégés. Un certain nombre d’entre eux quitteront l’entreprise faute de pouvoir assumer cette charge budgétaire supplémentaire.

Et l’enquête sur les risques psychosociaux démontrant de manière méthodique et indiscutable l’inexorable montée de ces risques chez Adecco, à un niveau devenu alarmant. Ce que nous annoncions et dénoncions depuis des années, notamment à cause de la charge de travail mais pas seulement. Il faudrait évoquer ici le travail isolé, les objectifs inatteignables et par conséquent démotivant, les erreurs organisationnelles à répétition, la fuite des compétences contribuant à la surcharge, etc. Quel plan d’urgence a déclenché l’entreprise depuis ? Qui ? Quand ? Comment ? Où ?

Les Centres de services, perpétuellement au bord de l’implosion, mériteraient aussi une attention toute particulière et un plan d’action digne de ce nom. Est-ce le cas ?

Et enfin, last but not least, évidemment, le nouveau système de calcul de la rémunération variable. Les gentils parleront de fiasco, d’erreur monumentale et les moins aimables de provocation. Cette usine à gaz dont les épaisses fumées sont destinées à camoufler l’ampleur de la prédation ne passe pas. Trop c’est trop et nous craignons que le sujet ne vienne à la fois polluer les débats cette année mais aussi et surtout démotiver les équipes et accélérer la fuite des compétences, c’est-à-dire des compétents.

Il y aurait sans doute encore beaucoup à dire sur 2021, année particulière en raison de la situation sanitaire et surtout de son traitement mais ces quelques points remettent en perspective une année pas si banale qu’elle n’en a l’air afin d’anticiper les enjeux de 2022 et nous permettre d’y remplir au mieux notre mission au service de nos collègues cadres.

10 Commentaires

  1. Vous êtes un peu dur avec la presse je trouve, car elle a comme le syndicalisme un rôle important à jouer pour construire le débat démocratique.

    En tout cas il existe un canard qui a pour slogan « Seuls nos lecteurs peuvent nous acheter. » et qui ne met pas un gramme de pub dans ses articles (mediapart).

    Chez Le monde : les subventions publiques se sont élevées à 1 million d’euros en 2020, soit 0,6 % de son chiffre d’affaires : 0,3 million pour les aides à la modernisation, 0,7 million pour les aides au portage. Les recettes issues des abonnements et de la vente du journal ont représenté quant à elles 68% de nos recettes : plus de cent fois plus. Voilà pourquoi Le Monde n’est pas gratuit : ce sont ses lecteurs et abonnés qui le financent, et non l’Etat français. Source: https://www.lemonde.fr/le-monde-et-vous/live/2022/01/04/le-monde-vous-repond-en-direct-sur-sa-transition-numerique-et-sa-ligne-editoriale_6108122_6065879.html?#id-136532

  2. Le Monde touche plus de 5 millions € par an, sans parler des généreuses donations de Bill Gates
    La presse est détenue par une poignée de milliardaires, notamment Le Monde et en plus elle vit de subventions, ce n’est pas un scoop mais c’est bien de le rappeler.

  3. Je ne sais pas de qui parle « F » lorsqu’il dit « pourquoi n’avez-vous pas réagi à cette liste noire ? »

    Sûrement pas de nous en tout cas car on peut difficilement avoir été plus actifs sur le sujet : nombreux articles sur notre site, communiqués de presse, tract, accompagnement (encore en cours) des quelques salariés les plus courageux qui figuraient sur la liste, interpellation de la direction dans chaque réunion de chaque instance. A moins d’avoir été à cette période là en vacances au fond de la grotte de Lascaux ou dans le désert Dogon, nul ne peut ignorer notre activité soutenue voire notre activisme sur le sujet.

    Donc « F », je ne vois pas de qui vous parlez. D’autres organisations syndicales ? des journalistes aux ordres ? de l’administration ? de la direction ?

  4. On a l’impression concernant cette liste noire que plus c’est gros plus ça passe et hop on oublie comme par magie
    Mais c’est grave en fait
    Et tous les mois un mail nous demandant de prendre la carte Total limite menaçant
    La politique véhicule ridicule
    Mais quelle entreprise de rat ….
    Plus la rEm pyramide….
    Tout cela cumulé donnent deux effets très graves
    premièrement, le départ de talents pour la concurrence en général et deuxièmement, la non attractivité d Adecco sur le marché du recrutement de futurs collaborateurs permanents .
    Et bien , je plains les futurs Managers qui vont gérer le turnover le mal-être constant des collaborateurs la pression etccc et tout cela pour le plaisir des actionnaires et sous le regard totalement indifférent de la direction qui vient nous donner des leçons IFED
    Affligeant

  5. Avons-nous un suivi de cette fameuse liste noire ? Est-ce que des personnes sont encore dans notre Groupe ?
    Pourquoi recruter 1000 personnes tout juste un an après cette liste ?

  6. concernant la réaction, le message était adressé au Monde,
    c’est bien d’être journaliste et d’argumenter sur les chiffres financiers mais ce qui nous intéresse nous ce n’est pas de répondre à coté de la plaque mais de savoir si LE MONDE avait réagi à cette liste noire,
    je pense qu’il existe encore des listes c clair,

    • Non Le Monde n’avait évidemment pas réagi, même pas fait la moindre allusion à l’affaire. Ce journal, aux mains de quelques milliardaires – Xavier Niel, Madison Cox, Prisa, Matthieu Pigasse et Daniel Kretinsky et ce n’est pas l’autre milliardaire Pierre Bergé, décédé en 2017 qui aurait changé quoi que ce soit – comme les autres grands titres, avait observé un silence prudent. « On ne mord pas la main qui vous nourrit ».

  7. Pour cette année,
    Je fais les vœux d’avoir un variable mensuel, des primes complémentaires et une politique véhicule digne de ce nom

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