Les résultats du groupe publiés ont de quoi satisfaire nos dirigeants et actionnaires même si, stratégiquement il est insinué ou clairement dit que la situation demeure difficile. Forcément si l’on évoque le taux d’atteinte dérisoire de budgets volontairement surévalués.

Le chiffre d’affaires du quatrième trimestre s’élève à 5,495 milliards d’euros, en croissance de 1% si l’on raisonne croissance organique mais de 2% à la publication. Imaginez d’autre part une progression de 7% de marge brute organique (8% publié) sur ce même trimestre pour un montant de 1,140 milliard d’euros. Au fait, de combien a augmenté votre salaire l’an dernier ? Seule petite ombre au tableau, l’EBITA hors élément exceptionnels s’établit à 4,7%, en léger recul de dix points de base.

Parlons bénéfices maintenant et attachez vos ceintures : le bénéfice net a bondi de 23% à hauteur de 183 millions pour ce quatrième trimestre 2021. Le BPA (bénéfice par action) s’établit à 1,11 euros contre 0,92 euro l’année précédente, soit plus de 20% de progression. Les négociations annuelles obligatoires (NAO) des actionnaires semblent nettement plus généreuses que celles des salariés. Nous on dit ça, on ne dit rien.

Cerise sur le gâteau puisque les bénéfices c’est bien mais cela suppose de faire quand même un peu de business, le chiffre d’affaires est en hausse de 9% par rapport à 2020. Sur ce dernier point nous demeurerons plutôt circonspect compte tenu des conditions tout à fait particulières de l’exercice 2020.

Donc, globalement la santé du groupe est florissante, même si l’on nous rabâche que nous sommes,  très mauvais en regard des objectifs hors-sol imposés mais finalement les derniers indicateurs chiffrés publiés confirment la rentabilité du groupe qui réussit à gagner de plus en plus d’argent quelle que soit la conjoncture. Il n’y a donc aucune contradiction avec notre article précédent et la symbolique du naufrage du Titanic, bien au contraire : l’entreprise s’affaiblit de jour en jour, ne serait-ce que par la perte continue de parts de marché et de ses savoir-faire les plus aguerris mais continue de gagner de plus en plus d’argent grâce aux « économies » draconiennes, c’est-à-dire aux régressions  constantes sur les effectifs et la structure. L’expression « vivre sur la bête » résume assez bien la situation. Ainsi s’explique le surprenant contraste entre un épouvantable naufrage d’une part et des jeux d’argent qui semblent devoir n’enrichir toujours que les mêmes.

Voici bien longtemps qu’a été heurté l’iceberg mais l’on continue à danser et virevolter en musique sur le pont, coupe de Champagne à la main, tandis qu’en cale l’équipage, les pieds dans l’eau, continue de se demander anxieusement si l’heure n’est pas venue de se précipiter vers les canots de sauvetage…

3 Commentaires

  1. Je touche la prime d’activité et j’ai pas vraiment l’impression d’être une feignante ! je vois des progressions des bénéfices comme ça j’ai vraiment le sentiment d’une grande injustice

  2. Alors là mes potes c’est le bouquet ! Plus tu te sors les doigts d’entre les orteils et moins tu gagnes et plus les tauliers ramassent. Même Einstein il aurait entravé que dalle à leurs bidouilles d’algorithmes. Les maths zurichoises faut être taillé pour les piger. Maths sup à côté c’est de la gnognote, juste un passe-temps pour simplets.
    Travailler plus pour gagner plus qu’il disait l’autre turlupin ! Je sais pas ce qu’il fumait mais ça devait pas être des goldos !
    Sur ce, bien le bonjour chez vous !

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