Pour résumer et simplifier tout à la fois, on pourrait se contenter d’expliquer que le bore-out, un anglicisme de plus…, est un syndrome d’épuisement professionnel par l’ennui alors que son cousin le burn-out, également syndrome d’épuisement professionnel, est la conséquence d’un surmenage. Les deux excès concernent un nombre croissant de salariés et mènent à peu près au même résultat en termes de symptômes comme nous allons le voir. Le bore-out est une souffrance souvent causée par un manque d’épanouissement professionnel, de reconnaissance et l’absence de travail. Vous me direz que l’absence de travail n’affecte pas forcément tout le monde et que certains semblent s’en porter plutôt bien mais c’est là un autre débat…
Surcharge et sous-charge de travail et mentales peuvent donc aboutir à une souffrance durable génératrice de sérieuses conséquences sur la santé et il est par conséquent important de ne pas les laisser s’installer durablement sans réagir.

A l’origine des situations de bore-out, nous retrouvons le plus souvent le manque ou l’insuffisance de travail qui amènent le salarié à demeurer inactif plusieurs heures par jour. Certains le vivent bien (on a des noms), d’autres en souffrent. Le cumul des tâches sans grand intérêt, ennuyeuses même et répétitives peut aboutir à un sentiment de dévalorisation du salarié et à la dégradation de l’estime de soi. Le sentiment de n’apporter aucune valeur ajouter peut finir par miner celui qui a surinvesti sa sphère professionnelle. Cette situation concerne aussi les victimes de « mise au placard » avec des situations d’isolement et d’abandon menant rapidement à l’ennui, à la solitude et parfois à des situations pathologiques sur les plans mental et physique.

La surqualification pour un poste induit aussi souvent une dévalorisation. Un salarié ayant usé ses fonds de culotte cinq, sept ou dix ans en faculté ou dans de quelconques écoles et se retrouvant à effectuer des tâches répétitives et à n’appliquer qu’une succession de procédures basculera facilement dans la mélancolie et la démotivation. Le manque de définition de missions bien définies peut aussi frustrer durablement et mener au doute sur sa propre utilité dans la structure.

Enfin la stagnation professionnelle et l’absence de formation durant de longues années peut évidemment nuire au bien-être psychique de certains salariés

Les symptômes du bore-out sont divers mais toujours un peu les mêmes et nous retrouvons notamment : s’ennuyer tous les jours au travail ; se sentir dévalorisé et remettre en cause ses compétences ; partir plus tôt du travail le soir ; aller au travail à reculons à cause du manque d’épanouissement professionnel et de l’appréhension de ne rien avoir à faire ; travailler au ralenti pour se garder des tâches à faire tout au long de la journée ; ressentir une fatigue excessive le soir ; faire croire aux collègues que votre travail vous plait, etc.

Les conséquences sur la santé

Le bore-out peut avoir les mêmes conséquences sur la santé que le burnout, à savoir la dépression, le stress, la fatigue chronique, les troubles du sommeil, des angoisses, la boule au ventre avant d’aller au travail. A terme, la personne qui souffre de bore-out peut devenir apathique et ne plus se sentir connectée aux autres. A cela s’ajoutent le manque de motivation et une augmentation du risque de conduites addictives. De plus, les risques de maladie cardio-vasculaires seraient deux fois et demie plus élevés chez les salariés en situation de bore-out.

Le problème majeur est identique à celui du burn-out : il faut d’abord que le salarié identifie la situation, la reconnaisse et, le plus délicat, accepte de se confier à ses représentants du personnel (CFE-CGC of course), son médecin traitant et, de préférence, le médecin du travail.

Quant à l’entourage, le principe reste le même que pour le burn-out et toute situation de souffrance identifiée avec ou sans anglicisme : il y a un devoir de témoigner afin que soient mis en œuvre les moyens d’éviter une aggravation de la situation et de l’état de santé du salarié concerné.

2 Commentaires

  1. bore out, burn out… on ne peut pas le dire en Français ?
    Après entre les deux c’est juste une question de temps de travail entre ceux qui travaillent trop et les autres pas assez.
    Finalement les deux faces d’un même problème pour simplifier à l’extrême

  2. Bore out, burn out, burnes out (DSK) vous en avez encore beaucoup des maladies qu’on peut attraper au boulot ?

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