Nous avons toujours fait de la souffrance l’un de nos sujets prioritaires d’action tant le thème nous semble essentiel puisqu’il traite directement de la santé physique et psychique des salariés à tous les échelons de l’entreprise. Il suffit de taper « souffrance au travail » dans la barre de recherche de ce site pour réaliser que 114 articles (sur les plus de 3600 publiés à ce jour) portent directement sur ce fléau et relèvent de cette rubrique.

Aujourd’hui nous sommes interpellés et agissons sur plusieurs sites un peu partout en France pour lesquels nous avons été alertés de situations souvent insoutenables et parfois éthiquement intolérables. Nous demeurerons volontairement évasif pour le moment afin de préserver les salariés en souffrance, la démarche en cours auprès des institutionnels et de la juridiction concernée et notre action auprès de l’ensemble des acteurs concernés.

Dans tel hub, par exemple, la situation initialement inquiétante s’avère, à mesure de l’enquête et des entretiens, véritablement cauchemardesque. Pour résumer, une multiplication des départs dans un laps de temps réduit, des arrêts maladie pour épuisement professionnel – le fameux burn-out -, un climat délétère et de démobilisation complète, des larmes au quotidien et, bien entendu, une situation commerciale dégradée avec perte de clients de longue date et une atonie générale. Un site finalement laissé aux mains de quelques stagiaires faute de permanents. A partir d’un certain seuil de dégradation des conditions de travail et de la relation interpersonnelle, chacun souffrant et plus personne n’ayant envie, il ne reste plus guère que l’évitement par tous les moyens (démission, maladie, formation…). Face à l’inaction, supposée et apparente en tout cas, de la direction nous avons été amenés à lancer d’un droit d’alerte, puis une expertise par un cabinet agréé tout en nous rapprochant des institutionnels. C’est hélas souvent le seul moyen que les choses bougent et c’est aussi le cœur de notre mission. Notre organisation CFE-CGC est aujourd’hui bien connue chez Adecco pour ses interventions dans les cas de défense individuelle et collective des salariés malmenés pour quelque raison que ce soit.

Dans le cas cité, plusieurs de nos collègues ont déjà perdu leur emploi, souvent par démission, durablement brisés par une situation dans laquelle ils se sont sentis bien seuls. Nous avoir contactés quelques mois plus tôt leur aurait sans doute permis de demeurer en place dans une situation assainie et normalisée. Un vrai gâchis ! Pour les salariés encore à l’effectif, l’arrêt-maladie permet une situation de sauvegarde provisoire en attendant un traitement adapté de la situation.

Une autre de nos interventions actuelles concerne un site de traitement administratif – ici encore nous demeurerons volontairement imprécis – confronté au fléau du sous-effectif et de ce qui en découle. Il suffit de parcourir nos innombrables articles concernant le Middle Office pour comprendre que dans ces unités administratives, rien n’est vraiment réglé à ce jour, avec toutefois des situations nuancées d’un site à l’autre. Voici, là encore, des salariés pétris d’esprit d’entreprise, faisant preuve d’une solide expérience et qui ont tout donné (parfois trop…) durant de longues années pour devoir finalement subir des reproches et pressions inacceptables qui peuvent s’apparenter à du harcèlement moral. Sur ce point, c’est au juge qu’il revient de qualifier de façon incontestable la situation. Ici encore, notre action vise au rétablissement d’une situation normale de travail avec ses hauts et ses bas, ses peines et ses joies et surtout un management adapté et à la hauteur de la situation.

La multiplication des cas de burn-out à tous les niveaux et d’arrêts-maladie pour épuisement professionnel et stress doit interpeller la direction. Le secret médical a bon dos mais ce n’en est pas un de constater que des Directeurs de zone, des managers toutes fonctions confondus et de nombreux collaborateurs cadres et non cadres sont aujourd’hui arrêtés pour éviter une situation pathogène et se remettre d’une souffrance psychique et physique devenue incompatible avec une activité professionnelle normale. Les causes, nous ne les connaissons que trop bien et si ce n’est pas notre sujet du jour, nous les évoquerons la semaine prochaine.

16 Commentaires

  1. C’est inacceptable que la direction ne réagisse pas ! Comment est-ce possible au sein d’une entreprise qui prône les valeurs de l’humain ??
    Courage aux victimes !

  2. Remplaçons un être humain par un autre. Tant que les cases sont remplies, on ne s’inquiète pas…
    IFED, culture managériale, Peakon… de la poudre aux yeux qui cache une réalité terrain pathétique …
    Stress, pression, dénigrement , aucune considération… et pire à la lecture de cet article !!!
    La direction attend quoi ?

  3. Il est temps d’en parler
    Moi je n’ai pas eu le choix que de faire un abandon de poste afin de préserver ma santé mentale et physique, et ce au bout de 22 ans de maison, car personne ne m’entendait…..c’est triste car on vous fait croire que le problème c’est vous !

  4. Combien de cas comme ça dans l’ensemble du réseau ? Est ce que c’est pareil chez nos concurrents ?
    Je commence à regarder ailleurs même si l’herbe n’est pas toujours plus verte

  5. Et des burn-out reconnus en maladie professionnelle chez Adecco, quelqu’un compte en parler ??
    Il faut combien de suicides et de tentatives de suicide ?
    Et la liste noire ??
    Et les responsables toujours à leur poste ! C’est normal ça ??

  6. La direction est toute puissante ? J’ai l’impression que ça ne s’arrêtera jamais parce que ça fait des années que ça dure et que je vois partir les salariés toujours pour ces mêmes raisons.

  7. Des années que des situations telles que celles ci perdurent…
    Pourtant les DZ et DO sont toujours là, évoluent …
    On ne se pose pas la question de leur responsabilité dans tout ça ??
    Les grands de ce monde cautionnent ???

    C’est dégoûtant et révoltant.
    Courage aux personnes confrontées à ces situations.

  8. J’ai quitté l’entreprise il y a quelques mois. Un seul regret: ne pas l’avoir fait plus tôt.
    Le stress et la pression ont mené à l’arrêt de travail et c’est là que j’ai pris conscience de la nécessité de quitter mon poste.
    L’épuisement professionnel laisse des traces malheureusement et depuis l’angoisse et l’anxiété apparaissent plus facilement. Conséquence d’une situation qui a duré trop longtemps.
    Soyez vigilants et prenez du recul; ce n’est qu’un job!

  9. Pourquoi nos dirigeants laissent faire sans rien dire ? C’est peut être ça la bonne question
    Les bons petits soldats acceptent tout et s’en vont quand ils n’en peuvent plus et tout continue puisque personne ne se bat ou n’ose parler
    C’est bien de vous battre mais si personne ne se bat vous n’y arriverez pas, je peux me tromper mais bon…

  10. Il y a un exemple de stratégie orchestrée par la DO au sein d’un site cité ci dessus avec des enjeux puissants sur notre secteur
    Une opportunité (suite à un départ) d’avoir pleinement le contrôle et une équipe qui sera plus facilement exploitable moins regardante sur la réglementation ou les méthodes utilisées.
    ça fonctionne très bien! J’imagine que ça doit être un record de départs et d’arrêts sur 10 mois.
    Des stagiaires sont rapidement en poste ainsi que des personnes en CDD ou CDI débutant dans la vie active, sans expérience.

    Pour éliminer en peu de temps des personnes professionnelles, investies, connues et reconnues par les collègues, la direction (Elles ont fait leur preuves) les clients, les intérimaires, il faut LA Personne sans scrupule ou humanité qui pourra utiliser tous les moyens pour parvenir à ses fins.
    Quand tout est organisé par la haut avec des moyens, la force de la hiérarchie et surtout une manipulation très maîtrisée, c’est bien plus efficace.

  11. J’invite mes collègues qui ont reçu l’enquête PEAKON a bien répondre aux questions, il faut que ça bouge ! Mettez du 0 là où ça fait mal

    • On sait très bien que cela n’aura aucun impact.
      Ça fait des années qu’on formalise via peakon notre insatisfaction de notre manager avec des choses précises. Toujours en poste

  12. Pour Peakon C’est une responsabilité managériale de contrôler si son collaborateur est IFED
    Il semble que certains DO n’ont pas le courage de le faire ou ne font rien car la DZ en question a du résultat et qu’elle est loin de là DO
    C ‘est lache mais c’est comme ça

  13. Leçon apprise à la dure : les EA,les peakon, les OTO et les entretiens divers et variés ne servent à rien car ils ne sont pour ainsi dire pas remontés… ! Tracez par écrit, car là il ne peuvent plus faire l’autruche abritée par son olivier 😀 en dessous de leur plafond de verre

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