A en croire la direction par la voix de ses représentants et à considérer la pression mise aujourd’hui sur les équipes, l’entreprise serait aujourd’hui en difficulté sinon en danger. Qu’en est-il vraiment ? Comment distinguer la coutumier discours alarmiste et son cortège de mesures régressives d’une réelle mauvaise passe dans laquelle nous nous trouverions ? Chacun connait l’histoire de Pierre qui criait perpétuellement au loup et qui se fit un jour dévorer dans l’indifférence de son entourage auprès duquel il avait perdu toute crédibilité.

Le dernier indicateur fort qui nous est remonté concerne la suppression de pratiquement toutes les réunions « physiques » prévues dans les semaines et mois à venir et de tous les moments de supposée convivialité. Notons au passage que pareille décision n’aurait jamais été prise avant la crise dite sanitaire et l’expansion contrainte du télétravail. A partir de maintenant, l’entreprise pourra à tout moment basculer les réunions en visioconférence au prétexte de difficultés économiques réelles ou supposées. Il fallait bien s’y attendre…

Si l’on s’en tient aux indicateurs chiffrés la situation n’est catastrophique qu’en regard des objectifs qui, nous l’avons suffisamment souligné, sont déraisonnables. Imposer en situation de crise économique, géopolitique, sanitaire, de plus sur un marché ultra-concurrentiel et mature des progressions à deux chiffres pour quasiment tous les items relevait d’une inconséquence inquiétante. Nous ne sommes pas dans le monde de Oui-Oui et par conséquents bien obligés de nous soumettre à la réalité. En effet, le chiffre d’affaires et la marge brute continuent de progresser de façon enviable. Le nombre d’équivalents temps plein (ETP) poursuit lui aussi sa progression, conséquence du plan d’investissement et même de « sur-investissement ». Sans pour autant s’envoler, le planning intérimaires progresse malgré les menaces pesant sur l’économie, l’énergie et malgré aussi les annonces anxiogènes de pénuries, famine et on en passe.

La situation est certes moins brillante du côté de la contribution totale et de la marge opérationnelle mais rien qui puisse justifier le moindre mouvement de panique pour le moment. Seule ombre au tableau, les parts de marché en général et du BTP en particulier. Concernant les parts de marché, les rêves d’argent facile de la direction s’évanouissent devant le réel : il ne suffit pas d’embaucher aujourd’hui pour obtenir des résultats tangibles quelques semaines après. Le vraie vie rattrape toujours et dépasse, hélas, les mirages.

Pour le BTP, l’évolution – nous ne parlerons pas d’involution juste avant le week-end afin d’éviter de plomber l’ambiance – nous semble davantage problématique. Malgré de réels efforts et investissements, rien ne semble bouger. On ne reprend pas si facilement un marché délaissé, surtout lorsqu’il s’agit d’un marché plutôt spécifique dont les acteurs, clients comme prestataires, font souvent preuve de fidélité. Nous assurons de notre soutien les équipes démotivées, découragées qui auront à reconquérir pas à pas, sur plusieurs années, les parts de marché un peu trop négligemment délaissées. La concurrence n’a aucunement l’intention de rendre ce cadeau inespéré.

Pour conclure, nous estimons que l’agitation et même l’affolement de la direction ne contribueront pas à rendre le moindre soupçon de sérénité aux équipes. Continuer à exporter du stress, de la pression et de la crainte sur des collègues déjà passablement lassés ne peut qu’induire l’effet inverse et aboutir à « la grande évasion »… La situation actuelle n’est jamais que la résultante d’un certain nombre de mauvaises décisions prises ces dernières années et il faudra maintenant prendre le temps d’une reconstruction pas à pas mais déterminée.

6 Commentaires

  1. Réunion supprimée, pression de malade on se demande où on va mais finalement comme vous dites les résultats ne sont pas mauvais. Faut que les actionnaires se calment !

  2. La loyauté et le respect des salariés sont des choses qui se méritent.
    Mais ça, Adecco l’a oublié quelque part en chemin.
    La groupe a perdu ses valeurs morales et son étique.
    On « manage » les équipes par la pression, la peur. Sans aucune considération. Et pour gagner pas un rond.

    Et quand les personnes fuient, on fait semblant de tomber des nues…. Mais si les salariés se barrent c’est que rien ne leur a donné envie de rester !

  3. No panique…
    La tempête arrive après la canicule vont avoir chaud au cul…….
    Un moment faut dire « stop » et envoyer la purée

  4. Faut arrêter un peu
    On est pas en train de déposer le bilan loin de la
    Quand on fait des budgets démentiels il faut s attendre à gérer un peu de tempêtes
    Pour ma part ils ne me font pas peur , vous savez pourquoi ?
    Parce qu’ils ne savent rien de la vraie vie d’agence et que même si ils décident de nous virer , on trouvera mieux ailleurs sans complications ni devis plus et toutes leurs dernières inventions
    Alors allez y , menacez nous et on ira régler ça devant l.inspection du travail et les prud’hommes
    Plus de pitié pour les guignols qui nous gouvernent et avec un peu de chance ça fera jurisprudence
    Il suffit qu.on parle un peu de quelques sujets sensibles

  5. On a l.impression que c’est la guerre
    Non mais stop quoi
    Arrêtez le délire
    J aimerais savoir combien nous coûte notre présence au salon Viva tech
    Fallait commencer par ça plutôt que des réunions RR
    Quel mépris des collaborateurs
    Et ils viennent nous donner des leçons IFED
    Mais sans les manager au quotidien tout le monde se barre !!!!
    Et sans équipe pas de business il faudrait peut être s’en souvenir de temps en temps

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