Biennale d’art contemporain de Lyon

Quand on  dit que pour une brique on n’a plus rien, c’est sans doute un peu excessif. Avec un million, on peut quand même se payer un peu d’art contemporain lequel, soit dit en passant, serait bien en peine sans les financements municipaux ou d’ordre public en général et les dons. Explications.

De son vivant, Philippe Foriel-Destezet, fondateur du groupe Ecco, rappelons-le pour les moins anciens dans l’entreprise, avait décidé d’un legs testamentaire d’un million d’euros en faveur de Lyon, sa ville natale. Beau geste, à mettre néanmoins en perspective avec sa fortune sur laquelle circulent les estimations les plus fantaisistes allant de 2 milliards d’euros en 2018 selon le magazine Forbes à 460 millions en 2020, selon Challenges qui n’évoquait que sa fortune professionnelle mais 2,8 milliards de dollars à fin septembre 2020 pour sa fortune totale selon Forbes. Dans tous les cas, pas vraiment un damné de la terre. Nul n’étant parfait, il a en tout cas fait partie des cinq grandes fortunes françaises épinglées dans les Panama Papers pour avoir détenu des actions dans plusieurs sociétés domiciliées aux îles Vierges britanniques et au Panama. On ne dira jamais assez l’attraction qu’exerce l’exotisme, même sur les esprits les mieux dotés. Notre président-fondateur fut aussi, bien avant que ce soit tendance, un exilé londonien pour les raisons que l’on devine : il devait sans doute s’agir de fuir l’enfer fiscal français. A l’époque, la direction plutôt gênée, expliquait avec une conviction de circonstance et en se mordant les lèvres qu’il ne s’agissait pour Philippe Foriel-Destezet que d’assurer à sa progéniture un précieux bilinguisme, incontournable sésame dans le monde des affaires. Soit.

Philippe Foriel-Destezet avait émis le souhait que ce million d’euros mentionné dans son testament soit affecté à des projets d’ordre culturel, sans d’ailleurs plus de précisions sur le sujet. La municipalité à coloration EELV a donc décidé d’en consacrer la moitié à la Biennale d’art contemporain de Lyon. S’agit-il de culture ? Voici un débat que nous nous garderons bien d’engager ici. L’autre demi-million d’euros devrait être affecté à une structure culturelle telle que « Les Ateliers de la danse » ou autre organisation du même tonneau.

Bien sûr, pour se démarquer à moindre frais, l’opposition de droite s’est crue obligée de déplorer que cette somme ne soit pas affectée à un investissement – lequel, on ne le saura pas – manifestant perfidement au passage sa surprise de voir l’attelage EELV accepter un tel don alors que certains de leurs membres avaient qualifié Adecco de « négrier des temps modernes ». C’est fou ce qu’on s’amuse dans les conseils municipaux.

1 COMMENTAIRE

  1. A QUAND UNE AUGMENTATION GENERALE DES SALAIRES SUITE A L’INFLATION
    LES PERMANENTS COMMENCENT SERIEUSEMENT A GROGNER ET JE NE VOUS PARLE PAS DES AUGMENTATIONS DU SMIC

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