Du lundi 25 juillet au mardi 23 août rediffusion du meilleur de l’année
Article paru le 6 mai 2022

Comment travailler sereinement et demeurer centré sur le métier dans un contexte d’organisation et de réorganisation permanentes et même d’organisation de la réorganisation et vice-versa et lorsque la valse des cadres dirigeants finit par vous filer un sacré tournis ? A quand un peu de sérénité, de constance et de recentrage des énergies sur les missions fondamentales de nos fonctions ?

Côté direction, c’est un véritable festival entre valse-musette (pas amusante du tout), tango suisse, fête du slip et surtout jeu de l’incontournable chaise musicale que l’on ne présente plus. Chaque jour est un jour nouveau avec ses départs, ses nominations et ses rumeurs d’intrigues de palais. Voici notre Chief Executif Officer exécuté, comme nous l’annoncions hier. A moins qu’il n’ait choisi librement de quitter le navire quelques mois après une hausse de rémunération de 47% comme nous l’avons naguère révélé sur ce site ? Allez savoir. Cette seconde hypothèse enverrait un bien funeste message et mieux vaut penser pour notre sérénité et notre confort psychique qu’il ait été victime d’un caca nerveux des actionnaires.

Pour les DRH, n’épiloguons pas, leur nomination-éviction fait un peu penser au théâtre de Feydeau : les portes claquent en permanence, l’un rentre enthousiaste tandis que l’autre finit de sortir et leur précarité fait peine à voir lorsque l’on sait les efforts déployés par la profession pour sécuriser les parcours dans tant de domaines, y compris de l’intérim. Pour eux, rarement de parachute doré, tout juste une empreinte de 44 fillette sur la partie la plus charnue de leur anatomie, même si le narratif officiel vous fait invariablement état d’une envie pressante de la malheureuse – jusqu’à ce jour il s’agit invariablement de femmes – de quitter l’entreprise « pour se consacrer à de nouveaux projets », selon la formule consacrée. Nous devons militer contre l’obsolescence programmée du DRH, c’est une question d’éthique.

Même le poste de Directeur opérationnel devient précaire. C’est vous dire ! Pourtant, pas certain que ce soit un problème de rémunération… On notera au passage l’arrivée de profils en provenance de secteurs d’activité rompus à la précarité et au turn-over hypnotique. Il s’agit sans doute d’une coïncidence mais de celles qui vous incitent à demeurer en alerte. Bienvenue, bien sûr, à tous ces nouveaux heureux nominés, tels la Directrice professionnalisation et performance réseau, entre autres, mais l’une des nominations nous interpelle cependant. Il s’agit du grand retour d’un ex-DZ exfiltré  précipitamment vers des missions liées aux ressources humaines après avoir été mis en cause par un certain nombre de cadres de l’entreprise pour de sérieux problèmes managériaux et de souffrance au travail, quelque part dans le sud de la France. Le voici de retour à la lumière, virginité retrouvée ou presque pour, nous dit-on, piloter des projets stratégiques RH et coordonner l’équipe RH. La trajectoire est-elle pertinente et adaptée ? La direction a-t-elle pris toutes les garanties possibles à l’issue de cette pénible affaire

Tous ces va-et-vient d’état-major interrogent et même inquiètent le réseau et ne peuvent que nuire à l’accomplissement serein des missions de chacun. Il s’agit d’une pollution insidieuse qui perturbe les esprits et disperse les énergies, d’où notre question non subsidiaire mais essentielle : quand va-t-on enfin parler à nouveau du métier et concentrer notre énergie sur les salariés permanents et intérimaires, les clients et le métier du travail temporaire et du recrutement ?

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