Invité le 21 juin par l’association Réalités du dialogue social (RDS), François Hommeril, président confédéral, a évoqué le positionnement de la centrale et le travail syndical de fond mené par ses équipes militantes.

François Hommeril à la tribune face aux acteurs du dialogue social. Invité le mercredi 21 juin comme grand témoin par l’association Réalités du dialogue social (RDS), le président de la CFE-CGC, réélu en mars dernier pour un troisième et dernier mandat, a répondu durant près de deux heures aux questions des membres de l’association (entreprises, structures publiques, organisations syndicales d’employeurs et de salariés) présidée par Jean-Yves Petit (en photo ci-contre, aux côtés de François Hommeril). Nous reproduisons ci-dessous ses principales interventions.

SUR LA DYNAMIQUE DE LA CFE-CGC
« Ce qui ressort de notre dernier congrès confédéral et des dernières années, c’est que la CFE-CGC est totalement alignée, à tous les niveaux de l’organisation. Avec une marque assumée et revendiquée puisque nous sommes un syndicat catégoriel représentant les personnels de l’encadrement (techniciens, agents de maitrise, ingénieurs, cadres et agents de la fonction publique). J’ajoute que la CFE-CGC est l’organisation syndicale qui a le plus progressé lors des deux derniers cycles électoraux de la représentativité. »

SUR LE POSITIONNEMENT DE LA CFE-CGC ET LE « RÉFORMISME »
« Dès le premier jour de mon élection, en juin 2016, j’ai indiqué que nous souhaitions sortir de la case “réformiste” dans laquelle on voulait nous assigner sur le plan idéologique. Le corps social est un corps vivant confronté au besoin d’évoluer pour s’adapter à un environnement changeant. Ce besoin constant de réforme s’entend clairement dans l’objectif d’une société de progrès pour laquelle chaque contributeur se voit justement rétribué des efforts qu’il produit au service de la croissance et du bien-être. C’est dans ce sens que la CFE-CGC est un syndicat réformateur. Aujourd’hui comme hier, notre organisation retient pour principe que seule la négociation entre partenaires qui se reconnaissent procure le moyen d’une réforme adaptée aux besoins et dans le juste équilibre d’une solidarité nécessaire.

Qui pourrait douter de la nature engagée des militants CFE-CGC, formés pour travailler aux adaptions nécessaires à en faire l’instrument du progrès social ? Personne ! Si notre organisation reste réformatrice, nous avons choisi une troisième voie syndicale : celle d’être des objecteurs de pensée unique. C’est le chemin que nous traçons.

Partout, les membres de l’encadrement que la CFE-CGC entend représenter envoient le même signal : l’économie a déraillé, la réduction des coûts et la maximisation des profits ont substitué une stratégie pensée pour le développement. Pour avancer à nouveau vers un monde de progrès, il faut le réformer. Et pour cela, redonner tout son sens et sa noblesse au mot de réforme en l’affranchissant du concept de “réformisme”, disqualifié par des années de dérégulation et de simplification, dont les cinq dernières furent parmi les pires. »

SUR LA MOBILISATION INTERSYNDICALE (RETRAITES) ET L’EFFET ADHÉSIONS
« Les adhésions sont le fait des sections syndicales avant de remonter à nos syndicats, à nos fédérations et, in fine, à la Confédération. Il faut donc un certain temps pour mesurer précisément les effets comptables mais incontestablement, ce mouvement social historique nous a permis d’engranger un surplus d’adhésions sur le premier trimestre 2023. Déjà l’an dernier, nous avons accru nos effectifs adhérents de 1,23 %. À nous d’entretenir cette flamme par notre travail militant et dans le cadre de l’intersyndicale. »

SUR LES ENJEUX DU RENOUVELLEMENT SYNDICAL VIS-À-VIS DES JEUNES
« Il n’y a pas d’âge pour s’engager. J’avais moi-même 28 ans quand j’ai exercé mon premier syndical. Les nouvelles générations ne sont plus prêtes à tout sacrifier pour faire carrière. C’est un mouvement que les entreprises doivent intégrer dans leur stratégie. C’est la même chose pour les organisations syndicales. Charge à nous d’être à l’écoute des jeunes salariés qui veulent s’engager – et ils sont nombreux, contrairement à ce que beaucoup disent – avec une offre syndicale et un corpus revendicatif adaptés aux enjeux du monde du travail, à l’image de nos résolutions et propositions sur l’encadrement, sur la qualité de vie au travail et sur la gouvernance d’entreprise pour sortir de l’impasse de la gestion par les coûts qui fait tant de ravages, notamment dans la fonction publique.

Nos équipes syndicales sont mobilisées au quotidien sur toutes ces problématiques auprès des directions générales. Il s’agit à la fois de contribuer au développement de l’entreprise et à celui des salariés pour leur permettre de se projeter dans leur parcours professionnel. »

SUR LE CSE ET L’ACTION SYNDICALE EN ENTREPRISE
« Je l’ai dit plusieurs fois à Élisabeth Borne : les ordonnances Macron et la mise en place du comité social et économique (CSE) ont considérablement affaibli le dialogue social dans les entreprises et réduit les moyens dévolus aux représentants du personnel. Il leur est notamment bien plus difficile désormais d’être au plus près du terrain et des problématiques vécues par les salariés. C’est pourquoi la CFE-CGC souhaite rouvrir ce dossier des ordonnances car ça ne fonctionne pas. »

Source : site confédéral CFE-CGC

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