Amazon est un client Adecco de poids au cœur de toutes les attentions et aujourd’hui l’un des fleurons de Onsite Logistique, après s’être dénommé CMS Amazon. Une mutation-fusion inéluctable, semble-t-il qui aura sans doute perturbé en profondeur des équipes insuffisamment préparées à ce rapprochement et à ce qui a pu être vécu comme une dilution de leur identité.

Amazon connait une importante baisse de charge tout au moins en France et en Allemagne, même si depuis une huitaine de jours la situation semble s’améliorer. Saisonnalité oblige. Pour corser la situation, le géant du commerce en ligne s’est mis en tête de réinternaliser les recrutements et la gestion des effectifs de renfort, c’est-à-dire, pour l’exprimer simplement, de faire lui-même ce qu’il nous confiait, avec les conséquences que l’on imagine sur notre niveau d’activité chez ce client logistique. Notre sortie de deux sites n’arrange évidemment pas la situation…

Depuis des années, Adecco avait pourtant mis le paquet et cousu main une prestation sur mesure, avec équipe dédiée, adaptée aux méthodes, besoins et desiderata du client et même, tout récemment, une cellule dédiée au sourcing depuis la Pologne. Mais, rien à faire, le dieu Profit (tout au moins escompté) semble devoir imposer sa rude loi. Nous connaissons bien ce phénomène alternatif, sans doute bien légitime, de recherche perpétuelle de la formule magique qui permettrait d’engranger encore et toujours plus de profits : externalisation, réinternalisation puis ré-externalisation, etc. Je fais, je fais-faire et puis non, je refais à nouveau et ainsi de suite… Les cycles observés varient souvent de deux à quatre ans.

L’organisation Adecco mise à l’épreuve

Pour Adecco, la perte de chiffres d’affaires s’annonce déjà sévère et la panique semble s’emparer d’une équipe managériale sous haute pression. Ordres, contrordres, cafouillages dans les organisations, pressions excessives sur les équipes qui ont perdu toute visibilité et manœuvres vraisemblablement destinées à accompagner vers la porte certains de nos collègues dédiés à ce client, la situation serait tout sauf sereine. Ubu roi ne renierait pas certaines décisions managériales adoptées dans un climat d’anxiété et de crainte pour l’avenir. “Du grand n’importe quoi” nous confie un cadre dépité.

Un climat dans lequel parait tellement dérisoire le slogan bien connu de l’entreprise « Work Hard, Have Fun, Make History », travaillez dur, amusez-vous, écrivez l’histoire. Dans les circonstances actuelles, seule la première injonction nous apparait aujourd’hui d’actualité… Quant à s’amuser, cela nous semble un peu périmé. Sinon, question slogan, on pourrait proposer « le travail c’est la santé », « better work, better life » (déjà utilisé me souffle-t-on), « le travail éloigne de nous trois grands maux : l’ennui, le vice et le besoin » ou, plus sobrement « le travail rend libre ». Nous consulter pour devis.

Mais, assez curieusement et nonobstant ce climat délétère, les apparences sont maintenues autant que possible grâce un joyeux mélange de dénis et de non-dits, même si en coulisse, les grandes manœuvres ont démarré pour diminuer au mieux et au plus vite les effectifs. Hélas, par expérience nous connaissons bien les limites du reclassement, notamment en agence, des collègues Onsite “excédentaires” lorsque s’inverse la tendance chez nos clients. L’agence la plus proche ne peut forcément faire office de plan B et les mobilités posent souvent davantage de problèmes qu’elles n’en résolvent et de toute façon peinent à satisfaire toutes les attentes. Comble de l’incohérence, la structure Onsite dédiée à Amazon serait en voie de conclure de nouveaux recrutements en CDI. Comprenne qui pourra…

Les premiers effets délétères sur le management des équipes ne se sont pas fait attendre : licenciement pour insuffisance managériale, évictions par sevrage d’information, même les plus essentielles à la tenue de la fonction, ce que l’on nomme couramment la placardisation, mobilité à plus de deux heures du domicile,… toutes méthodes que nous avons si souvent dénoncées sur ce site. La panoplie complète du petit harceleur à la portée de tous. Mais, qu’on se le dise, si pareils comportements venaient à persister, nous deviendrions nettement plus précis dans de prochaines publications.

Aujourd’hui, même si nous devons monter seuls au créneau, nous requérons la direction de gérer au mieux cette situation somme toute classique d’un important client décidant une modification substantielle de son mode d’organisation et de recours à des personnels d’appoint. Le harcèlement et les coups bas ne pourront jamais tenir lieu de mode d’emploi pour situation de crise.

14 Commentaires

  1. et bien qui ça encore trinquer ?? les managers et RR Amazon et ce coup ci sur ONSITE ..
    le nouveau DO doit garder confiance sinon …et garder espoir surtout !!

    • La pistonnée je ne vois pas de qui tu parles mais HPI n’a encore rien prouvé. Faut peut être lui laisser un peu de temps ? C’est le business qui fera automatiquement la sélection : patience !

  2. Après quelques mois sur un site Amazon … voici des faits réels ….

    Amazon le chef d’honneur d’ordre à Adecco … il décide même de choisir ses directeurs de site … et si le directeur ose dire quelques choses sur la management du client … hop dehors du site sous 24h … mutation à 2h du domicile … et pression pour démissionner

    Le retour du boomerang pour Adecco la perte de CA …

    Bien content et heureux d’avoir quitté ce client inhumain

  3. Harcèlement morale, rabaissement envers les capacités manageriales, mise au placard, proposition indécente (le RS doit redevenir CR et tout perdre et surtout se taire) tout à été fait pour pousser les RS à la porte le plus vite possible.
    Pour ma part bien content d’être parti avant le grand GB Valley Amazonnien…. (rien que cela montrait déjà un changement radical de la politique RH d’amazone bien caché par la hiérarchie)…

  4. RS sorti d’un site Amazon, mis sur une fonction transverse, sans mon avis. Pression morale, dénigrement envers les capacités managériales, proposition indécente et mise au placard également… on vous pousse à partir !
    Lamentable et tellement décevant !

  5. Cela fait maintenant plusieurs années que nous voyons nos collègues mis au placard, rabaissés, subir des rétrogradations ou des mobilités et on se demande quand sera notre tour… Jamais les équipes ne sont préparées aux décisions prises et les annonces de ces bouleversement sont ultra violentes. Du jour au lendemain on nous annonce une modification de la constitution des équipes et bien sûr cela doit prendre effet au plus vite, les équipes n’ont pas le temps de digérer les annonces.
    Sans parler de la pression de plus en plus importante pour les RS qui doivent faire toujours plus avec toujours moins de moyens…
    Et puis on viendra s’étonner du turn over incessant dans les équipes…

  6. A une époque ONSITE n’existait pas…
    Il y avait des “Implants” rattachés et gérés par une agence, l’effectif de cet implant variait en fonction du besoin du client. Quand le client réduisait fortement le nombre de TT, le(s) recruteur(s) dédié à ce client se recentrait sur un autre client de l’agence…
    Souvent le recruteur dédié était celui qui avait développé le client et le connaissait bien, il y avait une vrai relation de confiance et le client avait plus de difficulté à changer d’entreprise d’intérim. Si le recruteur partait il était remplacé par un autre Recruteur de l’agence qui connaissait forcément le client puisque géré historiquement au sein de cette agence.
    Adecco à voulu faire comme R.I.S. et plutôt que l’alléger les charges des agences a préféré monter un réseaux ONSITE avec une structure plus light pour réduire les coûts de structure et ainsi proposer des prix plus compétitifs.
    Résultat les Recruteurs se sont retrouvé esseulé, ils se sont découragés et sont partis, remplacé par des nouveaux entraînant de facto une perte de qualité de service, et un moindre attachement du client.

  7. Les terribles conséquences de la segmentation
    C est dramatique humainement
    Il est loin Le temps où le réseau Adecco gérait tout et où notre PDM était au top
    A méditer non ? Pour la direction bien sûr
    Les client travaillent avec des personnes pas avec Adecco et la direction va à sa perte en ignorant cette règle qui a fait notre réussite
    Et c est pas chez Solutions qu on peut les accueillir car les ETP sont très serrés
    Du gâchis

    • Complétement en accord avec toi ……la haut ils pensent que le client achète une presta pour la marque Adecco mais je le vois en agence on arrive a defendre des dossiers en notre nom ou parce qu’il s’entend bien avec un recruteur ou un chaff ou un ATC et avec le turn over c la valse des clients du mécontentement mais aussi de la PDM qui s’envole. Savoir garder les talents ..mieux les payer …moins de pression a la moindre baisse de planning en ce moment c’est l’économie qui est en berne on le sait ça ne sert à rien e taper sur les gens dans ces périodes il faut les accompagner les chouchouter aussi car l’activité va reprendre a un moment il y aura besoin des forces vives …..seront elle encore la ?? Eh oui les onsite c bien pour de la pdm mais quand c fini ca fait des dégâts il y a d’autres modèles peut etre une autre agilité à trouver pour ne pas autant cloisonner les chosers et laisser aussi au DA un peu de latitude de d’esprit d’entreupreunariat..(pas que de façade)….libérer les energies..

    • On ne reviendra pas en arrière et les nouveaux qui rentrent dans la boite ne connaissent pas tout ça. En plus la plupart des responsables de tous ces dégâts ne sont plus là, on va juste continuer à répéter tac tac tac et à faire croire qu’avec plus de visites chez les clients tout ira bien

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