Du 8 au 26 août, rediffusion du « meilleur de l’année » 
depuis septembre dernier 

Chose promise, chose due : nous vous avions promis d’aborder le brûlant sujet des rémunérations dès que la fameuse moulinette, qui vient de tomber, aurait rendu son verdict, aussi tiendrons-nous notre engagement. La « moulinette, » en fait le recalcul, a semble-t-il, laissé nombre de salariés permanents sur leur faim et il semblerait que la montagne ait accouché d’une souris.

Pourtant, qui d’autre que nous vous parle aujourd’hui du problème des rémunérations chez Adecco ? Tout se passe comme si la rémunération actuelle ne posait aucunement problème et l’on peut comprendre certains salariés qui se demandent ce que peuvent bien faire les représentants du personnel. La percée significative de la CFE CGC aux récentes élections professionnelles témoigne d’une élévation du niveau de maturité et d’information d’une partie des salariés. Nous sommes un peu, sans l’avoir vraiment voulu, le baromètre de la prise de conscience et de l’engagement des collaborateurs Adecco. Nous n’en tirons pas de fierté excessive mais c’est important de le savoir.

Pour une majorité de salariés concernés par le recalcul, le moins qu’on puisse dire c’est que le compte n’y est pas. Passons sur le cas de cette responsable recrutement qui s’attendait à une juste rétrocession de plusieurs centaines d’euros et qui devra se contenter de… 4 euros ! Et puis, quelle lisibilité ont les principaux intéressés ? Comment savoir si, justement, le compte y est ou non ? On prend ce qu’on donne comme dirait l’autre. La direction avait refusé notre proposition de mener un double calcul, c’est-à-dire un comparatif entre l’ancien système de calcul et le nouveau pendant au moins six mois, ce qui aurait permis de comparer sérieusement et de manière fiable l’impact de ce fameux PeopleSoft V9 sur les rémunérations. Ignorant notre demande, la direction a préféré casser le thermomètre… On se demande bien pourquoi ?

 La confiance est-elle malgré tout au rendez-vous ? Pas vraiment si l’on s’en tient aux résultats de l’enquête « Great Place to Work ». Les résultats calamiteux de l’enquête – sans doute destinée aux salariés anglophones du réseau français… – devraient provoquer l’insomnie chez nos dirigeants et  les inciter à mener un véritable plan d’urgence sur le management et la communication. L’enquête exprime clairement combien la confiance des salariés est au plus bas et c’est une véritable fessée déculottée qu’ils infligent à la direction.

Autre point capital qui n’a pas dû échapper à grand monde. Imaginons un instant que les recalculs aient été équitables et garantissent à leurs bénéficiaires qu’« à performance équivalente la rémunération est équivalente », il  y à quand même une sacrée faille dans le raisonnement. En effet, si l’intéressement, conséquence du recalcul établi sur la base de l’année 2008, est insuffisant au regard de la performance économique, c’est donc que le taux d’intéressement a été sous-évalué et qu’il convient de le modifier à la hausse. Or, dans ce qui nous est proposé, pas question de réviser les taux mais simplement d’attribuer une prime ponctuelle en maintenant un taux que l’on sait pourtant inférieur à ce qu’il devrait être. On met, ponctuellement, une rustine sur un système qui a prouvé ses carences mais on se soucie bien peu d’en modifier le fondement. Des réajustements ultérieurs ponctuels sont-ils pour autant prévu ? Non, pour le moment.

Autre incohérence, c’est la règle qui stipule que le collaborateur qui a changé de fonction en 2009, pour une évolution, se trouve exclus du recalcul. Or ses (éventuelles) nouvelles conditions de rémunération sont calculées en fonction de données qui étaient peut-être sous-évaluées et qui, à terme, pénaliseront donc ses nouvelles conditions contractuelles.

L’un des clous du raisonnement ubuesque qui préside à certains calculs demeure certainement l’exclusion de toute régularisation des salariés n’ayant pas perçu de partie variable.en 2009. C’est un peu la triple peine en action : on calcule un taux sans doute défavorable sur la base 2008, le salarié, crise oblige, ne perçoit pas un kopek de rémunération variable en 2009, ce qui justifie (prétendument) son exclusion du droit à un calcul de vérification. Motif invoqué : puisqu’il n’a rien touché sur 2009, sur quoi voulez-vous qu’on recalcule les éléments de sa rémunération. Élémentaire mon cher Watson ! Mais, y-à-t’il un matheux dans la salle pour expliquer que comparer 2010 avec 2009 alors que la base de calcul s’établit sur 2008 ressemble plus à une nigauderie qu’à un calcul fiable ?

Tous les éléments sont réunis pour une insatisfaction quasi générale même si la communication officielle fait état de 43% de salariés qui seraient considérés comme bénéficiaires avec le nouveau calcul. A voir si ce chiffre inclus les exclusions… Quand bien même, elles ne seraient pas comprises, est-ce à dire que 57% des salariés sont perdants ?

Pour clôre (provisoirement) sur le sujet, il faudrait aussi s’étonner de ce que les salariés n’ayant pas fait l’objet d’une régularisation positive se voient exclus de toute explication quant à leur rémunération. Contents ou non, ils savent seulement qu’ils n’ont droit à rien même s’ils sont convaincus du contraire.

Et puis il faudrait aussi parler des conséquences sur la rémunération du nouveau calcul concernant les provisions. Mais c’est un autre sujet et nous y reviendrons.
(Paru le 18 octobre 2010 sur ce blog)

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