On sait les résultats calamiteux des deux premières vagues de l’enquête GPTW (Great Place To Work), enquête censée mesurer, pour faire simple, la satisfaction au travail et on imagine l’appréhension de la direction devant ce qui va ressortir de la troisième vague. Balaiera-t-elle impitoyablement ses dernières illusions ? Le suspens s’avère insoutenable.
Les salariés sont-ils plus heureux au travail qu’il y a un an, par exemple ? Sont-ils plus épanouis ? Plus motivés ? Leur environnement de travail s’est-il amélioré ? Sont-ils mieux dans leur peau ? Ont-ils de meilleures conditions de travail ? Un meilleur appui ? Davantage de moyens ? Gagnent-ils mieux leur vie ? Sont-ils plus autonomes dans leur fonction ? Sont-ils davantage reconnus et écoutés – ce qui était quand même l’une des plus fortes attentes émanant des deux enquêtes précédentes ? Arrêtons l’énumération et laissons à chacun le soin de répondre à ces interrogations dans son for intérieur puis sur son PC.

Les consignes fusent à haut niveau pour tenter d’éviter un troisième coup de lance-flammes des salariés vers la direction et des messages sont envoyés par les Directeurs Opérationnels pour rappeler aux salariés distraits toutes les attentions et bienfaits qu’elle leur prodigue.

Il y est notamment rappelé dans certains messages les « petites «
attentions » du quotidien qui font souvent toute la différence, ou d’actions de
plus grande envergure qui structurent votre attachement à votre manager et plus
globalement à l’entreprise
. » ou pour les étourdis « 
La
Présence
de l’équipe DO auprès des équipes lors des réunions de
rentrée et des revues mensuelles en zone
.  Sur le terrain à  vos côtés afin de
répondre à vos attentes en agences » et encore « 
l’élaboration par
vos équipes Direction de Zone, des
actions prioritaires pour « votre bien être au travail » qui
seront déclinées à vos côtés tout au long de cette année
« . Ben mazette, les rivages de « l’Île aux enfants » sont en vue, à peine à quelques miles d‘ici.
Et pour ceux qui seraient un peu durs de la comprenette, on rappelle que « le
nouvel Adecco est en marche et la fidélisation des collaborateurs et le
bien-vivre ensemble sont deux priorités stratégiques pour le Groupe
« .
Fermez le ban.
Si avec ça les salariés continuent à mal voter, c’est à désespérer de l’engeance humaine…   

Demain sur ce blogue :
« Quand je serai grand, je serai actionnaire… » 

3 Commentaires

  1. Tu parles, quand je repense à tout ces benêts qui frappaient dans leur mains en entonnant leur chanson débile lors des kickoff !
    Comment voulez-vous fédérer des abrutis lobotomisés pareils.
    Ils faut bien comprendre que dans toute l'histoire de l'humanité, il y a toujours eu des gens qui étaient heureux d'être soumis et humiliés.
    L'entreprise est la dernière dictature.

  2. J'adore ! On vire des cadres sup (la dernière fidèle ECCO nous quitte fin mars), on pousse les cadres intermédiaires vers la sortie, on démotive des colaborateurs terrain ceux qui font le business au quotidien puis on en envoie un message "la DRH Française n'est plus nécessaire" et l'on va maintenant coller le "thermomètre GPTW" bien placé à tout ceux qui reste ! J'adore cette société créative. Recyclons le fameux Pack ZEN (invendables, il en reste des milliers sur les étagères) en interne en reprenant le message du film LA HAINE de Kassovitz : "C’est l’histoire d’un homme qui tombe d’un immeuble de cinquante étages. Le mec, au fur et à mesure de sa chute se répète sans cesse pour se rassurer : jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien, jusqu’ici tout va bien. Mais l'important c’est pas la chute, c’est l’atterrissage."
    C'est quans l'atterissage d'Adecco ?

  3. Ah quelle bonne plaisanterie ce GPTW. Sur le fond, c'est agréable de voir que nos hiérarchiques se renseignent sur nos conditions de travail. Mais au final c'est une grande mascarade. L'agacement et l'exaspération de toute le monde ne fait que grandir et personne ne semble un minimum sensible. Quel sera le point d'implosion ? Un énième plan de sauvegarde : mais pour sauver quoi ? Un entreprise qui vit sur des acquis du 20ème siècle et qui n'a jamais su faire face aux exigences du 21ème siècle. Le Nouvel Adecco : quel poudre aux yeux, juste pour justifier des fermetures d'agences, des licenciements ou des mutations. Un entreprise n'est pas un phoenix, elle ne renait pas de ses cendres et encore moins dans une conjonctures qui n'est pas favorable. Préparons nous à encore beaucoup d'année de vaches maigres.

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