Aujourd’hui, alors que les majors du travail temporaire enchainent plans sociaux sur plans sociaux, de façon plus ou moins affichée, car il y a les véritables plans sociaux, publics par nature, puis les réductions d’effectifs sournoises, les deux méthodes n’étant nullement incompatibles mais au contraire parfaitement cumulables et aboutissant au même résultat : la diminution rapide des effectifs de la profession. Inutile d’insister sur le sujet, tout cela est bien connu.
Pendant ce temps, d’autres acteurs de la profession, de moindre importance, semblent tirer leur épingle du jeu et, non seulement n’en sont pas aux suppressions d’emploi mais, de plus, continueraient plutôt à ouvrir des agences et à recruter avec modération. Ces « petites » et moyennes entreprises de travail temporaire n’ont d’ailleurs pas trop de difficultés à recruter puisqu’elles se contentent le plus souvent d’embaucher des salariés des majors, expérimentés, formés « clefs en main » et plus ou moins animés par le désir d’en découdre avec leur ex-entreprise. Ainsi, les Proman, Adéquat, Crit, Synergie, Acttif, Actual, DLSI et autres font aujourd’hui la part belle aux directeurs d’agence, commerciaux et recruteurs affichant une expérience significative dans le métier et dont les plus importantes entreprises de la profession se sont délestés ou, à tout le moins, qu’elles n’ont pas su conserver.
Aujourd’hui, la direction semble déplorer la captation de clientèle opérée par ces transfuges, ex-Adecco, au profit de leur nouvel employeur, ce qui revient d’ailleurs à reconnaître implicitement leur valeur commerciale, mais se pose-t-on la véritable question qui vaille ? Pourquoi des collaborateurs de qualité se trouvent-ils aujourd’hui contraints de rejoindre des entreprises de bien moindre importance pour exprimer leur talent ? Pourquoi n’a-t-on pas été capable de les retenir, les motiver et les rémunérer convenablement ? Pourquoi s’en est-on séparés, d’une manière ou d’une autre, à l’occasion d’un plan social, d’un malentendu ou pour tout autre motif ? Une pensée particulière pour cette Directrice de clientèle qui a vu sa rémunération mensuelle prendre plus de 700 euros pas mois en rejoignant une plus petite entreprise de travail temporaire.
Des erreurs graves de management sont bien souvent à l’origine de cette inquiétante fuite de talents qui explique en partie nos parts de marché et la baisse de nos plannings . Je pense notamment à Bordeaux, La Rochelle, bien sûr, mais aussi à toutes ces migrations en France, et notamment dans le sud, vers les enseignes mentionnées et plus particulièrement vers l’une d’entre elles. Non, non, je ne vous reparlerai pas de la « petite sirène », c’est promis et en plus on me l’a interdit.
Le problème, c’est que dans la plupart des cas, les casseurs ne sont pas les payeurs et ce sont le plus souvent les salariés Adecco demeurant dans l’entreprise qui paient les pots cassés de cette concurrence tout à fait loyale mais fort pénalisante. A quand une réflexion sur le sujet et une honnête estimation du préjudice résultant de l’actuelle politique de gestion des ressources humaines ou plutôt de son absence ? Nous sommes bien entendu partie prenante d’une réflexion et d’échanges sur cette question, dérangeante, c’est vrai, mais à laquelle il urge de répondre.

3 Commentaires

  1. Absolument d'accord !

    La saignée a commencée avec le PSE de 2008 et continue de plus belle.
    Car tout ceux qui se font planter par la CT ne vont pas partir du jour au lendemain ; ils vont commencer à préparer le terrain (clients et TT) et puis "ciao Adecco".
    Moi même étant parti après 3 décennies de service (écoeuré par tout ce que vous imaginez), je peux vous dire que dés le lendemain mon portable sonnait et les conditions (rémunération et surtout ambiance de travail) n'avaient plus rien à voir.
    Quant à tout mes nombreux ex-collègues déja partis avant moi et se retrouvant dans d'autres marques, leur discours est souvent le même : "qu'est ce que c'est bien de se sentir considérés et respectés".
    Donc la rém' compte c'est certain, mais avant tout les rapports sociaux et la reconniassance.

    Mais bon, c'est leur boite et ils font ce qu'ils veulent, hein ?
    Mais qu'ils ne viennent pas se plaindre "du manque de rétention" du personnel permanent.

  2. Bonjour,
    ex cadre (directeur de secteur) et après plus de 26 ans dans ce groupe, je déplore egalement ces certitudes exprimées. Ce que je déplore le plus c'est l'attitude des dirigeants (j y integre certains DS) qui ont fait passé avant l'interret de l'entreprise sa pérénité et la bonne stratégie long terme, les interets personnels du court terme et du béni-oui-oui voulant bien souvent s'accrocher à une branche qu ils ont pour beaucoup d'entres eux scié eux meme. Une des qualités leur ayant manqué fut la force de conviction auprès de la hierrarchie ou du conseil d'administration mais pour celà il faut avoir une vraie vision long terme et pas une aspiration de changement de poste à 2 ans…

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