Décidément, l’augmentation continue du nombre de chômeurs, c’est encore et toujours maintenant. Non seulement, il n’y a ni régression, ni même stabilisation du nombre des demandeurs d’emploi mais, bien au contraire, celui-ci ne fait qu’augmenter de façon inquiétante et continue.
Aux poignants discours sur le début du commencement d’une vague stabilisation du nombre de chômeurs en France, les chiffres viennent apporter une cinglante réplique : en juillet, pour le neuvième mois consécutif, le nombre d’inscrits au Pôle emploi a augmenté de 26 100, soit +0,8% sur ce seul mois, soit encore près de trois fois plus qu’au mois de juin (+0,3%). Loin de s’améliorer, la situation se dégrade donc fortement, rendant dérisoire les rodomontades des pourfendeurs autoproclamés du chômage.
Si l’on inclut à ce mauvais chiffres les chômeurs ayant exercé une activité réduite (catégorie B et
C), la hausse en juillet est plus forte encore, avec +40 600 inscrits
(+0,8% sur un mois, +5% sur un an). Au total, la France métropolitaine
compte 3 424 400 inscrits en catégorie A (3 689 500 avec les Dom), et 5
083 800 avec les catégories B et C (5 386 600 avec les Dom). Toutes les catégories, jeunes compris (+0,7%), sont touchés par cette
hausse, mais aussi les chômeurs de longues durée (+1,1%) et de très
longue durée (plus de trois ans, +2%).
Les boniments habituels fleurissent, comme à l’accoutumée, sur « la priorité absolue » qu’il convient d’accorder au chômage, le « lutte sans merci », le « combat à mener » voire la « guerre », les pactes, accords et engagements divers et variés  et autres stériles fanfaronnades qui ne parviennent plus à donner le change, ni à tromper qui que ce soit. C’est ainsi un demi-million de chômeurs supplémentaires depuis mai 2012 qui ont rejoint les cohortes d’inscrits au Pôle emploi. L’échec en la matière s’avère donc écrasant, monumental, cuisant et c’est un nouveau et bien triste record que vient de battre la France dans le domaine de l’emploi ou plutôt du manque d’emplois.
Depuis 2008, la croissance française est si réduite qu’elle ne peut générer une création d’emplois, même réduite. Non seulement le taux de chômage augmente donc inexorablement mais, de plus, le taux
d’activité (personnes au travail rapportées aux personnes en âge de
travailler) continue à se dégrader au même rythme. Pour faire simple, les jeunes intègrent la vie
active de plus en plus tardivement et les seniors la quittent de plus en
plus précocement. Concernant les 50-64 ans, 61,1 % étaient actifs en
2012, mais dans le segment 55-64 ans le chiffre s’établit à 47,9 %, soit moins d’une personne sur deux alors qu’il nous est par ailleurs expliqué qu’il faudra cotiser de plus en plus tard et sans doute au delà de 65 ans… Cherchez l’erreur.
A un sondage en ligne mené par Le Point.fr sur la question « Croyez-vous que la courbe du chômage s’inversera avant 2017 ? », les participants ont été 85,5% à répondre par la négative tandis que seulement 14,5% de bienheureux optimistes pensaient le contraire. Tout est dit.

Dans les jours qui viennent, sur ce blogue :
Un plan social permanent qui ne dit pas son nom
Bientôt le premier numéro de notre lettre trimestrielle d’information
Des élus CFE CGC à votre rencontre, dans vos agences
Travailleurs handicapés : les grands oubliés du marché de l’emploi
Qu’attendre des NAO 2014 pour l’année 2015 ?
Pourquoi la discrimination syndicale ?

2 Commentaires

  1. Le constat est là, mais les solutions a apporter pour y remédier manquent à l'article… Préconisez-vous une amélioration de la compétitivité (via par exemple une libéralisation accru du marché du travail et des baisses de charges), ou plutôt un accroissement des déficits pour relancer la demande?

  2. Cher lecteur,
    Même si je ne suis pas un économiste chevronné, je prétends avoir quand même quelques vues sur le sujet. Malheureusement, l'espace commentaires ne représente pas la tribune adéquate à un tel débat. Pour faire court, je ne préconise pas la libéralisation du marché du travail et son cortège de précarité, de pauvreté et de misère.
    La question sur l'accroissement des déficits est un peu provocatrice tant il est évident que c'est à l'inverse qu'il faut tendre.
    Il est évident qu'il conviendrait d'appliquer une baisse drastique des charges sur les entreprises mais pour ce faire il faudrait s'en prendre à des abîmes de dépenses que je ne peux, ni ne veux aborder sur ce blog syndical.
    Enfin, il faudrait évidemment appliquer de toute urgence un protectionnisme raisonné et équilibré, seule solution au démantèlement inéluctable de notre économie. Je rappelle que cette solution a été proposée depuis des décennies par Maurice Allais, seul Prix Nobel d'économie qu'ait jamais compté la France. Il a tout dit sur le sujet et démontré très clairement le suicide économique des nations ignorant tout protectionnisme. Il a été superbement occulté par les tenants de l'ultra-libéralisme, ceux-là même qui ont créé la situation actuelle : désindustrialisation, sous-emploi et déficits.
    Lire, relire et relire encore Maurice Allais, tel devrait être le quotidien de nos prétendus ministres de l'économie…

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