Il y a près de deux ans, dans un article au titre limpide « Les Directeurs d’agence sont au bout du rouleau » nous décrivions la charge de travail parfois intenable du Directeur d’agence qui voit se superposer à l’infini les procédures administratives et informatiques tout en devant, bien entendu, continuer à assumer ses fonctions managériales et commerciales.

Nous écrivions notamment « Côté
reporting, aucune des promesses d’allègement faites depuis de
nombreuses années par la direction ne semble jamais avoir été tenue. La
règle du toujours plus et de l’empilement façon millefeuille
administratif prévaut encore et toujours, bien que, selon la formule,
trop de reporting tue… sinon le salarié, tout au moins son efficience
« . Ces propos faisaient et font toujours écho à nos demandes réitérées auprès de la direction de mener une véritable analyse et même un audit des procédures de chaque fonction afin d’identifier et supprimer les doublons, triplons et parfois quadruplons qui empoisonnent le quotidien des collègues permanents. De timides tentatives ont bien été menées ici ou là mais dont aucune n’a jamais débouché sur une réduction significative de la tâche administrative. On aura beau multiplier les incantations à développer le nombre de visites commerciales et d’actions de sourcing, rien de bien sérieux n’en résultera tant qu’on ne se sera pas attaqué sérieusement à l’inflation continue des contraintes et procédures en tous genres qui éloignent les salariés de leur fonction principale.

Dans le même article, nous ajoutions « Aux
reports d’information « nationaux » s’ajoutent les innombrables demandes
de remontées complémentaires émanant des diverses fonctions
transversales, chacune polarisée sur son segment d’activité, semblant
parfois ignorer le fonctionnement de l’agence dans sa globalité. Ce qui
ne minimise bien sûr nullement l’intérêt desdites fonctions
transversales auxquelles il est tout autant demandé.
 » Et que dire des incessantes qualifications et requalifications de fichiers au gré des découpages ? Et si passer d’enjeux 1, 2, 3… à cibles 1, 2, 3… peut paraitre anecdotique et purement sémantique, la besogne constitue en fait une charge de travail additionnelle lourde pour un gain opérationnel restant d’ailleurs à prouver. Même en diminuant l’obligation de 15 à 10 visites commerciales hebdomadaires, pour le Directeur d’agence, le compte n’y est toujours pas. 
Même les beaux accords sur la qualité de vie au travail (QVT) signés par les grandes entreprises en réponse à la loi ANI de 2013 et Rebsamen de 2015 ne suffiront pas à améliorer les conditions de travail tant que la direction ne manifestera pas une réelle volonté de s’attaquer clairement au problème de l’organisation du travail et à la simplification administrative. Une telle volonté existe-t-elle ? 

Cet article t’a intéressé ? N’hésite pas à en faire suivre le lien à tes collègues https://www.cfecgc-adecco.com/2019/05/les-directeurs-dagence-croulent-sous-le.html

6 Commentaires

  1. Pas mal cet article, mais pour les autres fonctions en agence c'est malheureusement la même chose. Le DA cascade les reportings aux recruteurs car son DZ lui conseille de déléguer si il n'arrive pas à les remonter les délais
    Il y a tellement de "releveurs de compteurs" chez Adecco qu'on se croirait travailler chez Suez !

  2. Très bon article
    La réalité du terrain est bien retranscrite
    Il manque la notion de difficulté à travailler au quotidien avec des outils informatiques et surtout un réseau en dessous de tout
    Je n'ai pas l'impression que les fonctions au delà du niveau de l'agence en ont conscience, ils travaillent hors Citrix pour la plupart !

  3. Pour être vraiment à jour de son travail il faut faire du bénévolat c'est à dire des heures supplémentaires non payées. Sinon impossible de tout faire

  4. Mettre à jour, changer d'outils et de logiciels et encore remettre à jour et re définir territoires et ciblages et allez, re remplir des tableaux et des tableaux. Nous avons l'impression qu'il faut donner du travail aux supports et que nous sommes des OPERATEURS DE SAISIE ! Comprenez-vous pourquoi il n'y a pas d'augmentation ou de reconnaissance financière ? Parce que nous régressons et que le titre de nos fonctions devrait être le même : OPERATEUR DE SAISIE !

  5. C'est clair y en a marre, moi je suis à bout cela fait 10 ans que je suis DA avec un très bon planning, top sur tous les indicateurs mais je suis à bout de tous ces reporting, j'en peux plus de passer mon temps à remonter un flash le lundi, un fichier le mardi, un mail le jeudi sur t'en es où du CDI, du perm, de la formation, de tes budgets bref chacun nous demande des chiffres du reporting, c'est juste de la saturation, et les RH là dedans ! et bien inexistant si vous me posez la question de qui est notre DRH, je vous répondrai Emilie Debertolis ou je ne sais pas, ça montre le niveau de notre DRH: transparente et c'est pas nos RRH en DO qui vont faire la différence ! franchement c'est juste un truc de dingue !!! pitoyable, et encore j'essaye de rester sobre !!!

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici