La loi sur les mesures d’urgence économiques et sociales du 24 décembre 2018 avait créé une prime exceptionnelle de pouvoir d’achat (PEPA) dite « prime Macron », non soumise à cotisations. Cette prime avait été concédée par le gouvernement (mais à prendre dans la poches des employeurs) suite au mouvement de colère sociale dit mouvement des Gilets jaunes. Comme quoi quand on demande gentiment… A noter que cette prime non soumise n’ouvre logiquement, ni droits à la retraite, ni à l’assurance-chômage.
 

Chez Adecco, étaient éligibles les salariés (CDI/CDD/TT/CDII) dont la rémunération annuelle n’excédait pas 30 000€. Précisons que le plafond prévu par la loi pour bénéficier de la défiscalisation s’élève quand même à 54 000 € de rémunération annuelle. Nous avions réagi vigoureusement à cette exclusion de fait de la totalité, à quelques très rares exceptions, des cadres de l’entreprise. Quelle mauvaise bonne raison pouvait bien justifier pareille exclusion ? Les cadres n’auraient-ils aucun problème de pouvoir d’achat ? Cela se saurait.
 

La loi précise que la prime PEPA ne peut se substituer à des augmentations de rémunération (kezako ?), ni à des primes prévues par un accord salarial, le contrat de travail ou les usages en vigueur dans l’entreprise, ni à aucun élément de rémunération obligatoire en vertu de règles légales, contractuelles ou d’usage. Voici pour le rappel des règles.
 

Selon les chiffres officiels fournis par la direction, plus de 12 000 salariés ont ainsi bénéficié de la PEPA en 2019. Parmi les salariés éligibles, les permanents ont touché en moyenne 580€, les intérimaires 426€. La valeur moyenne de la prime versée par les entreprises françaises est de 448€.
 

La législation soumet une éventuelle reconduction de la prime cette année à la signature, avant le 30 juin, d’un accord d’intéressement, ce qui aboutit, de fait, à limiter considérablement le nombre d’entreprises volontaires. Nous avons, très officiellement, demandé à la direction la négociation d’un accord d’intéressement mais avons essuyé un refus poli, au prétexte, semble-t-il, de la conjoncture et sans doute de résultats jugés insuffisants. Notre groupe n’aurait-il donc pas les moyens de renouveler cette opération de contribution au maintien du pouvoir d’achat à ses salariés aux salaires congelés ?

Certes, comme prévu et annoncé, la conjoncture demeure plutôt terne mais la bonne nouvelle c’est que le groupe se porte admirablement bien si l’on considère les derniers chiffres officiels disponibles, ceux du troisième trimestre 2019. Leur analyse indique effectivement une baisse du chiffre d’affaires du groupe (monde) de 4% mais compensée par les efforts de productivité tels que déclinés dans le programme Grow Together. Nous nous payons même le luxe, dans un environnement difficile, d’améliorer encore la marge brute (+ 0,7%). Vous connaissez beaucoup d’entreprises qui ont augmenté leur marge brute en 2019 ? Mieux encore, le taux d’EBITDA reste stable à 5% et la situation de la trésorerie demeure des plus enviables, sans alourdissement de l’endettement. Alors, comme on dit, il est où le problème ?

Enfin, cerise sur le gâteau, le groupe vient de vendre Soliant Health aux États-Unis pour la bagatelle de 612 millions d’euros. Sans parler des centaines de millions (oui, des centaines de millions) engrangés au titre du CICE. A titre d’ordre de grandeur, la prime PEPA attribuée en 2019 à 12 000 bénéficiaires pour un montant moyen de 448 euros aura coûté environ 5,5 millions d’euros.

Prochainement sur ce blogue : 
Quel avenir pour les open-spaces ? 
 
Peut-on être licencié pour non atteinte de ses objectifs ?

3 Commentaires

  1. Scandaleux !! Adecco gagne de plus en plus d'argent tous les ans et continuer à presser le citron de plus en plus fort
    Il va être temps que nos élus mettent leur gilet !

  2. Pour nos dirigeants, tout va bien, les salariés sont super contents de devoir travailler plus jusqu'à l'épuisement faute de moyens. Et pour ceux en grande souffrance, elle met le mouchoir dessus !!!!!!!!!

  3. Moi qui suis un ex Adecco,

    Arrêtez de vous plaindre, Adecco est une des 1500 enseignes de Travail Temporaire en France!! Il vous en reste 1499 à découvrir.
    Alors certes, il n'y a pas de DS, DZ, CFZ etc partout mais entre nous celà concerne une minorité qui sont surtout là pour vous expliquer la vie sans jamais avoir eu un intérimaire en face!
    Faites en sorte de vous faire licencier par Adecco et négocier votre clause si cela peut vous rassurer (au vue des dernières jurisprudence aux prud'hommes j'ai l'impression que c'est moins restrictif pour rebondir ailleurs) et vous verrez que vos compétences seront très vite reconnue par la concurrence.
    D'ailleurs une info sur cette fameuse de clause de non-concurrence serait intéressante car je pense qu'un paquet de personne d' Adecco mettrait les voiles sans elle.

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