Les deux vidéos mises en ligne hier sur le portail intranet et dédiées à l’annonce de mesures exceptionnelles conçues pour répondre à la crise actuelle, mettent en scène notre PDG et son bras droit, DGO et numéro deux de l’entreprise en France. Dire que le message a déçu la plupart de nos collègues s’apparenterait à un doux euphémisme. Les mesures évoquées, concernant le deuxième trimestre et lui seul, se répartissent en deux parties, l’une concernant les salaires inférieurs à 24 K€ annuels et l’autre l’ensemble des salariés.

Pour les salaires fixes inférieurs à 24 k€, la direction s’engage à maintenir le fixe et donc à compenser les 16% de salaire manquants et maintenir la partie variable de rémunération, calculée sur la période de référence des cinq derniers mois. A condition d’être en situation de travail. Les cadres sont donc une fois encore sacrifiés et se prendront de plein fouet la baisse de rémunération inhérente à l’activité partielle. Les lésés (avec « l » ou « b ») comptez-vous ! A part nous, qui s’en soucie vraiment ?


Un calcul de part variable de rémunération parfaitement illisible

Le moins qu’on puisse dire c’est que la seconde mesure ne fait pas dans la simplicité. Vous connaissez la maison… Il s’agirait de raisonner zone et d’indexer la partie variable de rémunération sur les résultats des différentes entités du groupe (Médical, Training, Humando et Adecco France) puis d’en tirer un pourcentage de résultats pour chacun. Il est loin le temps où les instituteurs tentaient en arithmétique de dissuader nos chère têtes blondes de mélanger carottes et navets. Là, on va mélanger et mixer des résultats Adecco France avec ceux de Training, Humando et Médical. Comme nous l’avons déjà écrit, il devient souhaitable d’être passé par Math Sup et Math Spé avant d’intégrer l’entreprise si l’on veut un jour comprendre les systèmes de rémunération divers et variés qui s’y succèdent. 

Rien que sur l’aspect découpage, comment calculer un intéressement collectif zone alors que l’on sait qu’aucune des entités n’est strictement calée sur le même périmètre, ni la même organisation ? A quoi rime d’intéresser une équipe Adecco France sur les résultats de Humando, de Training ou de Médical ? Quelle motivation particulière espère-t-on de ce joyeux mélange des genres ? 

Par expérience, nous redoutons évidemment l’opacité des moulinettes financières à venir, concoctées par des financiers et mathématiciens de l’ombre. Complexes et invérifiables, elles n’auront sans doute pour résultat, comme d’habitude, que d’alimenter la suspicion et le doute. Il eut été pourtant si simple, trop simple sans doute, d’annoncer la prise en charge, totale ou en partie, du manque à gagner qu’engendre l’activité partielle. On se prend à rêver d’une direction nous lançant fièrement et avec la banane, une déclaration du genre « Cher collaboratrices, chers collaborateurs, parce-que vous le valez bien, l’entreprise compensera à 100% (ou 50 ou même 30% éventuellement) le manque à gagner que vous impose le dispositif d’activité partielle ». C’est tout ! Fermez le ban ! Applaudissements digitaux, sourires attendris et quelques larmichettes dans les chaumières. Trop compliqué cela ? Trop cher sans doute. Certains de nos concurrents ont pourtant su le faire et ont annoncé, dès le dépôt de leur dossier de chômage partiel, la compensation à 100% de la rémunération. Sans la moindre moulinette, ni algorithmes, logarithmes et sans même emprunter à la théorie de la relativité ou à la physique quantique.
Notre PDG a beau invoquer à de multiples reprise la solidarité, ignore-t-il qu’une telle notion ne peut animer que des collaborateurs partageant les mêmes enjeux, intérêts et motivations et en bonne partie les mêmes objectifs ? Est-ce vraiment le cas de ce dispositif ?
Enfin, quand notre président évoque (très furtivement) le dialogue social, il laisse entendre qu’il y aurait concertation, négociation ou même simplement consultation en amont avec les représentants du personnel sur les différentes mesures mises en place. C’est bien entendu inexact, tout au moins en ce qui concerne les élus qui vous défendent réellement. Suivez notre regard (et surtout notre logo).

8 Commentaires

  1. En 2019, Alain Dehaze a vu sa rémunération diminuer à 3,81 millions de francs suisses contre 4,17 millions l'année d'avant.

    Son salaire fixe est de 1,50 million mais son bonus s'est replié à 596'000 après 855'000 l'année d'avant. En outre la valeur des actions détenues par A Dehaze est de 1,08 million.

    Quant à la rétribution de l'ensemble de la direction, elle a progressé à 22,18 millions contre 20,51 il y a un an. Le montant attribué au conseil d'administration était de 4,45 millions, une hausse par rapport aux 4,25 millions de 2018. La rétribution du président du conseil d'administration Rolf Dörig est restée stable à 1,46 million.

    Infos issues de zone bourse.

    Bref, quand vous travaillez chez ou pour Adecco, vous engraissez les dirigeants et actionnaires.

    Alors les mesurettes sur l'activité partielle, Catoir il peut se les garder.

  2. Encore une fois, on te balance la patate chaude au rh, dz, c'est bien sympa de faire de la video et de nous annoncer que nos DZ, RH vont revenir vers vous, mais oui bien sur ! ils n'ont pas plus d'infos !
    est ce qu'ils sont capables de me dire sir je suis à 17% de variable combien j'ai de garantie avec ce nouveau système ! ? nada !

    encore une fois, ce sont des mesurettes !!!
    la question aussi qui est en suspend: Pour le mois de Mars c'est pour notre pomme ? ! ! ! que fait l'entreprise sur ce mois de Mars parce que l'activité s'est arrêtée au 17 ! ALORS M CATOIR ET MME PLASSON ou alors MME POSTIC que faisons nous ?

  3. t là t pas là !!!! ???
    hé be toujours pas de mail 🙂
    peut être qu'ils avaient des CP à poser 🙂
    pour ceux qui suivent ils seront de qui je parle

  4. Il y a quelques articles vous vous interrogiez sur la possibilité d'un PSE au sein du groupe : il est là. Des mesures visant à faire partir d'eux mêmes les collaborateurs afin de remplir les objectifs de productivité si chers à notre direction tout en empochant une fois de plus des aides de l'Etat pour le chômage partiel (c'est à dire de l'argent de ses salariés). Je reconnais bien là mon employeur…
    D'un point de vu légal, des avenants vont nous être proposés ?

  5. Ce qui est rassurant c'est qu'ils arrivent à ne pas garder le peu de crédibilité qu'on pouvait leur accorder, pas de déception, la ligne conductrice est maintenue et nous sommes rassurés de savoir ne pas compter sur une quelconque solidarité. Au fait, le CICE est sur quel compte, juste pour notre info?

  6. Le variable sur le family zone n'est il pas le prémisse du PSE et de la fusion des réseaux avec un seul patron pour toutes les bu sur une zone????

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