Du 24 juillet au 21 août, rediffusion du
« meilleur de l’année »

Article paru le 27 mars 2020

Une crise qui n’annonce rien de bon pour les cadres….

Adecco
et Crit ont été les deux premières enseignes d’intérim à annoncer leur
décision de mettre en œuvre une démarche de chômage partiel pour leurs
salariés permanents, avant toute déclaration juridiquement valable, tout
au moins pour Adecco, comme le leur permet la législation. La
déclaration de chômage partiel s’étendra jusqu’à fin juin, sans préjuger
d’une éventuelle prolongation. Vos représentants du personnel chez
Adecco n’ont été que très succinctement informés, sans la moindre
information précise sur la répartition des taux de chômage appliqués aux
uns et aux autres, aux spécificités, localisations, etc… L’urgence
semblait se résumer à réduire dans l’urgence le nombre d’heures
effectuées, selon une logique purement comptable bien plus que sous
l’effet d’une quelconque précipitation irrationnelle. 




L' »effort »
demandé aux salariés réduira donc les salaires nets à 84% de leur
montant net et 70% du brut. Il leur est demandé d’accepter ce rabotage
de rémunération au titre de la solidarité. A notre connaissance, aucun
effort particulier, ni appel à la solidarité n’a été lancé à la
direction générale du groupe, ni aux actionnaires. Il en est appelé à la
seule solidarité des salariés, taillables, corvéables et « tondables » à
merci. Ils sont et demeurent la variable d’ajustement, tout comme les
locaux et les coûts divers et variés en général.


Curieusement,
il est enjoint aux salariés de ne surtout pas mentionner le motif
« chômage partiel » dans le message d’absence qu’ils enregistrent sur leur
messagerie, comme s’il s’agissait d’une maladie honteuse, genre la
petite vérole ou assimilée. Ce genre de pudibonderie agace plutôt qu’il
ne rassure car, bientôt, nulle entreprise ou salarié, n’ignorera de
toute façon la généralisation du chômage technique ou partiel dans notre
activité.




Les
deux autres des trois mousquetaires majors, Manpower et Randstad,
semblent s’en tenir pour le moment à quelques coquetteries, ménageant
leurs effets et réservant leur position, sans doute pour les tout
prochains jours. Aujourd’hui, compte tenu de la baisse considérable
d’activité en général et de notre profession en particulier, c’est
l’ensemble de nos concurrents qui devraient vraisemblablement s’engager
dans la même voie mais selon des modalités différentes. Ainsi, Start
People et Actual viennent-ils d’annoncer à leurs équipes la mise en
place du chômage partiel mais avec maintien intégral de rémunération.
Geste louable que nous ne pouvons que leur envier mais aussi signal fort envoyé notre direction.




Chez
nous, les nouvelles ne sont malheureusement pas fameuses et
l’entreprise ne prévoit, à ce jour, malgré nos demandes répétées, aucune
compensation pour la perte sèche que vont subir les salariés. Le mois
de mars s’avérant catastrophique, il est déjà annoncé que les
trop-perçus seront repris dès la paie du mois d’avril. Un sou c’est un
sou ma bonne dame ! Inutile de préciser qu’en plus de budgets
surévalués, la difficile conjoncture actuelle vient entériner la
quasi-disparition des rémunérations variables en 2020. Ajoutons, pour
compléter le tableau, qu’aucune révision de budget n’est à ce jour à
l’ordre du jour.




Alors
que vient d’être annoncée la prolongation de la période de confinement
jusqu’au 15 avril, à notre tour nous en appelons à la solidarité de la
direction du groupe et aux actionnaires particulièrement gâtés depuis
particulièrement longtemps et leur demandons de réfléchir au plus vite à
une compensation salariale pour l’ensemble de nos collègues si durement
éprouvés. Il y va de l’équité, de la solidarité, de la reconnaissance
mais aussi de la motivation de tous.

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