Du 24 juillet au 21 août, rediffusion du
« meilleur de l’année »

Article paru le 3 avril 2020

Chaque
jour leur nombre s’accroit mais aujourd’hui ce sont 337 000 entreprises

qui ont demandé à bénéficier du dispositif activité partielle qui
impactera 3 600 000 salariés. Du jamais vu. La situation est aussi
incroyable et inédite sanitairement parlant que socialement quand on
réalise que plusieurs millions des salariés concernés viennent de perdre
brutalement 16% de rémunération nette. Les effets prévisibles sur
l’économie, la
consommation et l’épargne laissent muets les économistes d’ordinaire si
prolixes mais gageons que, sitôt la situation sanitaire améliorée, ces
sujets monopoliseront les plateaux TV et la une des grands médias
écrits. Tous ceux qui ne savaient pas nous expliqueront en long, en
large et en travers qu’en fait ils savaient et gloseront au kilomètre
sur ce qu’il convient de faire et de penser.




Heureusement,
une bonne partie des entreprises en capacité de le faire complèteront
le manque à gagner de leurs salariés en activité partielle mais combien
d’autres, impécunieuses ou radines, s’en tiendront au minimum légal ?
Comment s’en sortiront les millions de salariés qui n’arrivaient déjà
pas à joindre les deux bouts ? Et toutes ces mamans isolées terminant
les mois en grattant les derniers euros au fond du porte-monnaie ? Les
charges fixes se moquent bien du chômage partiel et de ses conséquences.
Il en va de la responsabilité des entreprises en capacité de le faire
de jouer la solidarité et d’aider leurs salariés, leur principale
richesse et ressource, à passer ce pénible cap.



Une crise économique et financière annoncée 




Depuis
plus d’un an, bien avant l’apparition du coronavirus, nous avons à
plusieurs reprises alerté sur la crise à venir. Dès octobre 2018, il y a
près d’un an et demi, nous écrivions sur ce blog « 
une nouvelle
crise approche et les banquiers s’y préparent. Les tenanciers douteux du
grand Casino mondial en ont décidé ainsi. Il ne faudra surtout pas,
comme lors de la crise de 2008, que l’on vienne nous clamer que la crise
avait surpris jusqu’aux meilleurs analystes financiers et que personne
n’avait pu anticiper et bla-bla-bla
« . Des dizaines d’articles  et
analyses, le plus souvent ignorés du grand public,
annonçaient avec insistance une crise économique et financière de grande
ampleur en 2020-2021, précisant qu’elle s’avérerait bien plus grave que
celle de 2008-2009 – certains la comparent même à celle de 1929 – qui
avait
abouti, rappelons-le, à un Plan de sauvegarde de l’emplois (PSE) suivi
un peu plus tard d’un Plan de départ volontaire (PDV). Adecco avait
alors perdu beaucoup plus d’un millier de salariés permanents. Seul
élément
manquant, imprévisible pour le plus grand nombre (mais parfaitement
prévu et annoncé par quelques-uns…) : le détonateur de cette crise.
C’est donc le dénommé Covid-19 qui assumera cette fonction. 




Un plan social, d’une manière ou d’une autre 




Alors,
revenons à notre question centrale : éviterons-nous un plan social chez
Adecco ? La réponse est clairement non, même si nous savons qu’il
devrait théoriquement être impossible aux entreprises de lancer un plan
social après
avoir bénéficié des aides et largesses de L’État dont fait partie le
dispositif de chômage partiel. Restent donc deux solutions pour diminuer
rapidement les effectifs. Le plan social de fait, larvé mais non
déclaré, qui n’est autre que ce que nous vivons depuis plus d’un an.
Ruptures conventionnelles, incitations au départ, licenciements, 
démissions convenues,
mobilités forcées, inaptitudes, etc… L’autre solution pourrait reposer
sur un assouplissement des mesures légales, autorisant les entreprises à
mener, sous certaines conditions et malgré les aides reçues, des plans
sociaux. J’avoue avoir un petit faible pour cette seconde hypothèse.
Seule certitude, au-delà des divers habillages, babillages, aménagements
structurels, et législatifs de circonstance, les effectifs diminueront
davantage et plus vite que ces
dernières années.




L’ensemble
de la profession se prépare à une restructuration post-crise, facilitée
par l’intensification opportuniste du télétravail et la digitalisation
accélérée des différentes fonctions de l’entreprise. En représentants du
personnel conséquents, nous essayons d’échapper aux débats byzantins
sur le sexe des anges de certaines organisations syndicales, par
ailleurs imbattables dans la négociation sur le poids des chaînes, pour
nous mobiliser au service de nos collègues aujourd’hui malmenés, parfois
déboussolés et que nous nous efforçons d’écouter, d’assister et de
défendre au quotidien. Pour eux, quoiqu’il advienne, nous répondrons
présent !

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