La très modeste embellie du chômage au mois d’août aura fait couler beaucoup plus d’encre qu’elle ne le mérite. Son recul très symbolique de 0,1% succède en effet à trois mois de forte hausse du nombre de demandeurs d’emploi et ne représente finalement que 2 000 personnes. Pour mémoire, depuis janvier dernier, ce sont 32 000 chômeurs supplémentaires, représentant une hausse de 2,3% du chômage. Une simple soustraction nous amène donc à 30 000 chômeurs de plus depuis le début 2011.
Plus grave encore, le nombre de demandeurs d’emploi en activité réduite, marqueur incontournable de la précarisation du monde du travail, ne cesse, lui, de progresser : de 20 000 au mois d’août et de plus de 102 000 depuis le début de l’année et les prévisions d’ici à la fin de l’année sont loin d’être rassurantes puisque ce sont environ 40 000 demandeurs d’emploi en activité réduite qui devraient s’ajouter, sur le second semestre, à ces 102 000 exclus du travail.
Quant à la relative embellie sur l’emploi des jeunes, elle ne doit pas faire illusion puisqu’elle serait essentiellement due à la progression des contrats aidés et à la réforme de l’apprentissage. Sans parler des nombreux jeunes chômeurs exerçant un job saisonnier pendant l’été.
Pour les « seniors » (à partir de 45 ans selon le MEDEF), les chiffres sont tout simplement catastrophiques : plus de 10 000 inscrits au Pôle emploi, ce qui situe leur augmentation depuis le début de l’année à +15%. Voilà qui met en lumière la stérilité des prétendus « accords seniors » signés dans les entreprises et dont nous avons toujours prétendu qu’il n’étaient, dans la plupart des cas (mais pas toujours), qu’une vaste fumisterie. On pourra relire à ce sujet nos articles du 10 octobre 2008, du 5 septembre 2009, du 30 septembre 2009, du 3 août 2010. Nous avons aussi livré quelques analyses sur le sujet ces trois dernières années et il suffit, dans la barre « rechercher dans ce blog » (à droite de cette page) de taper le mot « seniors » pour accéder à un grand nombre d’articles.
La poudre de perlimpinpin des accords seniors ne résiste malheureusement pas à la réalité des chiffres et les entreprises continuent à dégommer à tour de bras et en toute impunité leurs salariés les plus anciens. La part des seniors, déjà élevée dans l’ensemble des demandeurs d’emploi, a progressé de plus de 8% en deux ans. Un véritable contre-record ! 
Tout aussi inquiétant, l’ancienneté moyenne des chômeurs, toutes catégories confondues continue à progresser pour s’établir, pour le moment, à 455 jours… A la lecture de ces chiffres, on mesure l’impudeur de la classe médiatico-politique à fanfaronner autour d’une improbable baisse du chômage. Ils ne connaissent vraiment pas la honte.
demain sur ce blog :
François Davy publie « Une société heureuse au travail »

Vendredi 30 septembre :
« Urgent, cause pb. financiers vds yacht 17 m »

Lundi 3 octobre :
Le retour des CPS

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