Hors du 25/35/Master2 point de salut ?
Le recrutement dans les entreprises s’apparente, depuis longtemps déjà, à une sorte de clonage, tentative désespérée mais toujours recommencée de duplication à l’infini d’un profil-type jugé idéal. En matière de cadres, les grandes entreprises ont établi le portrait-robot simplifié du clone idéal : âgé de 25/35 ans, titulaire d’un 3ème cycle, si possible ni chauve, ni trop petit, ni trop gros. A ceux qui hausseront les épaules en lisant cette description lapidaire, nous conseillons d’être un peu plus attentifs à leur entourage lors d’une prochaine réunion générale. 
Au sujet du premier critère, rappelons que la cause première de discrimination avérée dans les entreprises concerne l’âge. Il suffit d’ailleurs de se reporter aux évolutions galopantes du chômage des « seniors » mis sur la touche dès 45 ans, alors que chacun sait bien qu’il nous faudra, en théorie tout au moins, travailler jusqu’à 65, 66, 67 ans et sans doute au delà… 

Nous avons souvent écrit que, dans les conditions actuelles du marché de l’emploi, reculer l’âge de la retraite ne revient qu’à multiplier les retraites incomplètes faute d’annuités (« Le grand tabou du débat sur les retraites« ). L’équilibre des caisses de retraite pourrait ainsi progressivement s’obtenir par amputation des pensions à verser à des salariés auxquels manqueront, faute d’emploi, 5, 10 ou 15 années de cotisation. Vaste sujet, hélas occulté lors des débats sur les retraites.

Aujourd’hui, il existe de marginales mais courageuses initiatives proposant, pour les recruteurs comme pour les salariés, d’échapper autant que possible au clonage quasi-généralisé du recrutement dans les grandes entreprises. Nous évoquions déjà le sujet en août 2010 dans notre article « Un site pour en finir avec le clonage dans le recrutement » et aussi en avril 2014 sous le titre « Tristes clones« . C’est dire notre intérêt pour ce sujet délicat et lourd de conséquences humaines et sociales.

Nous avons remarqué un site au titre évocateur « J’ai pas le profil« , lancé en début d’année 2016 qui devrait permettre aux entreprises, modestement sans doute, de répondre à leurs besoins de personnel tout en renonçant à leur quête éperdue et stérile du mouton à cinq pattes. Les convaincre qu’un tel animal à quatre pattes, voire trois bien musclées, pourrait parfaitement convenir à leurs besoins constituerait en soi une louable avancée sociale.

1 COMMENTAIRE

  1. Plus le temps passe et plus il faut reconnaître que l'illustration de cet article devient une réalité:
    Un profil type: 25 – 35 ans (attention si vous êtes une femme) eh oui encore trop de discrimination, payé pas cher, qui a les dents qui rayent le parquet, dévoué corps et âme à son employeur… qui tôt ou tard lui fera comprendre qu'il a fait son temps et que si il part, c'est mieux.
    Triste réalité à tous les âges.

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