Le passage de l’agence traditionnelle en Hub représente un véritable bouleversement des organisations en même temps qu’un changement de modèle économique. La fonction de Directeur d’agence, qui fut un véritable petit patron de TPE dont l’autonomie et le pouvoir de décision n’ont toutefois jamais cessé de décroitre ces dernières années, semble en voie de disparition. L’avenir, nous dit-on, c’est le Hub, c’est-à-dire le regroupement, la mutualisation et par conséquent la réduction des moyens mis en œuvre et, bien entendu, la diminution du nombre de cadres et de non cadres.  Dans un monde concurrentiel, il s’agit d’une évidence : il faut faire plus avec moins d’où notre théorie du « toujours plus, toujours moins » que vous retrouverez aisément sur ce blogue.
 Ce changement ne peut se faire sans remise en cause, souvent douloureuse, d’autant que nombre de Directeurs d’agence deviennent de ce fait « excédentaires », horrible mot signifiant que l’on se passera de leurs services à cette fonction. Reste, pour eux, l’acceptation d’une autre affectation, dans le meilleur des cas. Sinon, c’est le fameux « accompagnement » dont on sait qu’il aboutit, à brève échéance, à la porte. Aujourd’hui, nous connaissons nombre de DA, professionnellement irréprochables et revendiquant un esprit positif d’entreprise, auxquels il a été brutalement demandé de se positionner sur d’autres fonctions, sans plus de précisions. Dur…dur… après cinq, dix, quinze années ou davantage encore de bons et loyaux services de se voir ainsi congédié comme un laquais indélicat. Ils savent qu’ils ne sont plus et ne seront plus DA sans qu’aucune alternative précise ne leur soit proposée. Lorsque vous avez une famille à nourrir et un logement à rembourser, le moins que l’on puisse dire c’est que le situation devient vite psychologiquement intenable.

Le plus inacceptable dans tout cela c’est le manque d’accompagnement des salariés cadres et non cadres parachutés en Hub. Accompagnement zéro nous dit-on ici et là. Et lorsque certains en viennent à se plaindre, il leur est répliqué que « c’est la vie de l’entreprise », sorte de réponse tarte à la crème applicable à toutes les situations même les plus aberrantes. Cette fameuse « vie de l’entreprise » ne peut justifier tout et n’importe quoi, surtout le manque de considération pour ses salariés. On épilogue aussi sur l’inévitable résistance au changement et la nécessité de faire le deuil d’une situation révolue. De bien belles et bonnes considérations, bien sûr, mais qui n’adoucissent en rien le quotidien des collègues concernés. Même si l’on sait que c’est bien souvent le cordonnier le plus mal chaussé, on peut quand même s’attendre à ce que le numéro deux des ressources humaines accompagne au mieux ses salariés dans la transformation de l’entreprise. En sera-t’il de même pour la situation que ne manquera pas d’engendrer la prochaine accélération de la digitalisation de nombre de fonctions ?

Nous mettons la direction face à ses responsabilités et lui demandons publiquement de respecter ses salariés en prenant acte de la difficulté pour certains de modifier radicalement et rapidement leurs conditions de travail, leurs savoir-faire professionnels et de prendre en considération la souffrance de ceux auxquels elle impose de profonds bouleversements structurels dont la pertinence et l’efficience s’avèrent encore loin d’être démontrées.

11 Commentaires

  1. Concrètement, nous proposons beaucoup mieux que cela. Nous ne nous projetons pas pour l'instant dans une démarche type SOS Amitié… Nous commençons par demander aux collègues concernés par ce genre de situation, de nous approcher et de nous informer. Nous ne pouvons rien faire si nous ignorons les cas.

    Ensuite, nous pouvons, au choix, aider et soutenir en toute confidentialité le collègue concerné dans ses démarches, prise de renseignements juridiques, écrits, etc… ou nous pouvons, à sa demande, intervenir auprès de la direction pour exposer le cas et tenter de trouver une solution en interne.

    Nous ne pouvons aider les salariés si ils ne nous expliquent pas leur situation. D'o notre slogan habituel : Aidez-nous à vous aider.

  2. Tous les jours notre métier est du trouver du job aux personnes. De les préparer aux entretiens, d'avoir les bonnes réponses et les bonnes attitudes pour être sélectionner.
    Les cadres concernés par la jeu "de chaise musical" ne sont pas des perdreaux de l'année et doivent savoir se débrouiller.
    Sachant que ce sont les mêmes qui souvent ont mis la pression sur leurs collaborateurs non-cadres et qui les ont parfois "poussés" dehors.
    Au pire des cas, il n'y a pas de honte à repartir au charbon et plein d'autres enseignes sont prêtes à les accueillir.
    Mais il est vrai que certains Chef d' Agence qui, pas tous heureusement, profitent allègrement du travail de leurs collaborateurs sans retour, doivent être "forts dépourvus".
    Pour arriver à ses postes à responsabilité, ils ont parfois "écrasé" la concurrence où "léché" les bonnes bottes.
    Alors oui, pour certains Cadres, on ne va pas beaucoup pleurer leur départ.

  3. je pense que ce n'est pas parce que nous sommes en hub que les budgets sont démensiels, il suffit de voir sur les agences classiques, les budgets CDI TT demandés : +40% !!!! vous faites une bonne année en PERM et hop on vous met + 10% et je ne vous parle pas du PCP…..

    je reviens sur le mouvement de grève ? !! où en sommes nous ?

  4. Les grèves ne prennent hélas pas, le réseau étant trop dispersé. La direction le sait et en tire avantage. Les tentatives passées tendent à le prouver

  5. Les hub sont un fiasco. Sur notre zone en Loire-Atlantique le 2ème hub ne fonctionne déjà pas comme le modèle annoncé. Et le Pcp une catastrophe à peine 20 personnes. Adecco 2020 ???

  6. Je suppose qu’il est difficile de faire des généralités mais voici quelques informations recueillies auprès des hub de ma zone :

    – taille des équipes
    – manque de cohésion entre les equipes
    – problèmes de management
    – qualité et confort de travail
    – budgets

    Mes équipes et moi allons les rejoindre très probablement cette année, à reculons

  7. "elle impose de profonds bouleversements structurels dont la pertinence et l'efficience s'avèrent encore loin d'être démontrées"
    Je confirme : perte de collègues permanents expérimentés, perte de clients, perte d'intérimaires …Très loin d'être aussi génial qu'on nous le disait

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